Boardwalk Empire vient de se terminer, et à l’évidence, nous ne sommes pas déterminés à arrêter d’en parler, Fabien ayant écrit dessus cette semaine. En fait, je ne vais pas à proprement parler écrire sur la série, mais elle sert de point de départ.

Donc, au cours d’un visionnage – vers la fin de saison, pour tout dire -, je me suis fait la réflexion que j’aimais énormément Michael Pitt dedans. De toute façon, si on fait exception de Paz de la Huerta, engagée principalement pour apparaître sans vêtements, il n’y a pas grand-chose à redire sur le casting de la série.

Il y a assurément suffisamment de monde ayant l’âge adéquat ici pour savoir que Pitt a plus ou moins commencé sa carrière dans un rôle qui n’est aucunement à l’image du chemin qu’il empruntera après, celui de Henry dans Dawson’s Creek. Je crois que la série vient de connaître une rediffusion éclair (genre 3 épisodes par jour) sur une chaine, mais je ne sais plus laquelle. Ce n’est pas le sujet, vu que le sujet, c’est qu’au point de départ, j’aimais bien Michael Pitt. Je n’ai pas suivi sa carrière, mais j’avais suffisamment de sympathie pour lui pour que son nom au générique soit vu comme une bonne chose et non une mauvaise. Le truc est qu’il y a eu un moment dans sa carrière où j’ai perdu tout intérêt en ce qu’il pouvait faire. Si vous avez besoin d’un repère temporel, je dirais que le Last Days de Gus Van Sant (2005) peut remplir cette fonction. Il n’est pas question d’un débat sur la qualité du film ou de l’acteur en lui-même, mais plutôt de la relation que le spectateur entretient avec les œuvres et les interprètes.

2010. Me voilà donc devant Boardwalk Empire, parce que c’était inévitable. Me voilà aussi au fil des épisodes à apprécier de plus en plus Jimmy Darmody, limite à ce qu’il devienne mon personnage préféré (fait remis en cause dès que Nucky se voit octroyé une de ses brillantes scènes dont le show a le secret, ou qui implique Margaret, leurs interactions étaient parfaites).

De notre intérêt/attachement à une série se développe forcément une curiosité pour ceux qui y participe, devant ou derrière la caméra. D’une certaine façon, les portraits et les spotted sont une expression de cela. Il est d’ailleurs assez difficile de se retrouver à écrire un texte sur un acteur avec lequel on a une affinité limitée, participant à une série dont on se préoccupe que moyennement. D’un autre côté, je ne me prends pas d’amour et de passion pour tous les acteurs/actrices/créateurs et Cie de séries que je regarde, donc cela fait partie du jeu.

Enfin, tout cela pour dire que pour le coup, il ne faut pas grand-chose. Il y a des acteurs qui sont présents depuis plusieurs années et dont le nom nous échappe, jusqu’à ce qu’il croise notre route dans un rôle plus marquant. C’est approximativement ce qui est arrivé cet été à Benedict Cumberbatch dans Sherlock, ou Tom Hardy, qui a vu sa fanbase grossir avec Inception (c’est filmique, je sais, mais je regarde des films et l’homme a aussi fait de la série). Il n’y a pas de raison que notre sympathie de téléspectateurs s’arrête au mâle, qu’on soit bien d’accord, et pour prendre un exemple tout à fait personnel, avant Friday Night Lights, Connie Britton ne me touchait pas plus que cela, pas faute de la connaître (Spin City remonte à 1996), c’est juste que je la trouve remarquable dans la série, alors qu’avant, je n’avais jamais eu ce sentiment.

De là se développe forcément des liens que le temps mettra plus ou moins à l’épreuve, mais l’essentiel ici, c’est que notre intérêt pour un nom, que l’on peut étendre aux créateurs/scénaristes nous pousse vers d’autres œuvres. Je jetterais toujours un œil au travail de Shawn Ryan, car il a fait The Shield. Cela ne veut pas dire que je suivrais aveuglément, mais pour le moment, je reste connectée à son travail.

Je peux mettre d’autres noms à la liste, et vous en avez sûrement, bien à vous. L’important ici, c’est que finalement, l’arbre sériephilique finit par étendre ses branches et porter ses fruits ailleurs, à nous pousser vers des programmes pour lequel notre intérêt était peut-être limité, mais qui s’est vu être animé par un visage familier dont on s’était désintéressé ou pas intéressé, par une plume habile, par une nouvelle rencontre, qui va au-delà de la série qu’on aime.

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CaroleC
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