On peut aisément passer son chemin sur une nouveauté de mi-saison (janvier, mars ou avril), car le planning télévisuel parait établi, solide, et n’a pas forcément envie d’être bousculé. On n’est pas forcément non plus intéressé par autre chose, le plus souvent plus animé par la curiosité que la promotion.

Quoi qu’il en soit, me voilà étrangement à lancer sans la moindre arrière-pensée les épisodes inédits de Mad Love ou Traffic Light, deux sitcoms arrivées récemment, qui ne font pas de bruit (et dont l’une est déjà officieusement annulée), mais qui me procure un plaisir certain.

Mad Love n’a pas eu le premier épisode le plus prometteur qui soit, avec sa bluette romantique sauvée par ses deux seconds couteaux, Tyler Labine et Judy Greer, qui sont destinés à devenir un couple, mais qui préfère s’envoyer des piques à ce stade de la série. Les deux acteurs furent ma raison première de poursuivre, et Mad Love ne s’est pas transformé en sitcom hilarante, mais elle a su se débarrasser de quelques défauts non négligeables. En gros, elle a su faire quelque chose de son couple principal, Sarah Chalke et Jason Biggs. Tous deux un peu trop stéréotypé pour leur propre bien et un peu trop idéaliste idéalisé ; les épisodes suivants sont doucement parvenus à jouer habilement avec cette notion – pour y mettre des défauts et aussi créer un peu de comédie avec la partie trop proprette du concept du show. Certes, c’est toujours Labine et Greer qui dominent l’écran, entre les répliques assassines et l’alchimie indéniable du duo, ils fonctionnent à merveille et ont des personnalités qui sont propres à créer de l’humour. Mais, il ne s’agit pas juste de duo ou de romance, mais d’un groupe qui se doit de se construire et d’exister. Mad Love fait alors plus qu’exploiter une idée d’amour, elle joue avec ses dynamiques relationnelles – certes, peu nombreuses, mais cette minuscule ambition a bien aidé la série et ses personnages à devenir plus qu’une sitcom rapidement oubliable.

Traffic Light n’a pas eu de problème au démarrage, ce fut directement le feu vert – sauf en termes de chiffres où c’est feu rouge. Ce serait quand même dommage de passer à côté, car là encore, cette sitcom tient bien ses promesses, avec sa bande de potes ultra crédible, et les femmes de leurs vies loin d’être là pour décorer. Les personnages sont donc attachants, avec leurs défauts et leurs qualités, et les épisodes exploitent à la fois les relations amicales et de couples, le tout étant bien entendu soutenu par les discussions entre amis.

Les trois amis sont chacun à un stade de vie différent, mais il est agréable de voir que cela n’est aucunement un obstacle narratif à surmonter, étant la porte ouverte à multiples storylines et expériences. Aucun ne prédomine et chacun mène sont existence à son rythme et avec joie et bonne humeur – et obstacles à surmonter. Il y a un véritable naturel et beaucoup de comédie qui en ressort.

La tragédie de Traffic Light est qu’elle se trouve dans la case maudite après Raising Hope alors qu’elle est pourtant pleine de jolies possibilités pour des personnages qui ont encore beaucoup de choses à faire – se caser, se marier, avoir des enfants, tous à des moments différents, mais ensemble.

En tout cas, quoi que le futur réserve à Mad Love et Traffic Light, nous tenons là deux sitcoms de mi-saison qui méritent qu’on leur consacre un peu de temps.