Prescription médicale

Ma meilleure amie, Lucie, est infirmière. Je la salue, si elle lit ses lignes. Oui, car quand même, c’est la seule amie que j’ai qui doit réellement trainer dans le coin. Mais bon, je n’ai pas vraiment de vie sociale, ce n’est donc pas comme si cela concernait beaucoup de monde.

La demoiselle, comme nous tous, regarde des séries. Si ce n’est que nous avons tous notre champ d’expertise, et il est évident que le sien n’est pas le mien. Donc, il arrive parfois qu’on se retrouve à avoir des conversations sur le fait qu’il n’y a pas vraiment d’infirmières dans House (enfin, il y en a au moins une), et que ce sont les médecins que l’on voit faire leur boulot. Et moi, à dire que bon, on s’en fout (j’y vois que du feu, perso), et que pour crédibiliser le show (putain, j’essaie de trouver des excuses à la série, faut le faire), c’est peut-être parce c’est un service particulier.

Pour la nouvelle saison : Nurse Jackie, Hawthorne, Mercy. Les infirmières sont à l’honneur. Eliza Dushku et la FOX sont arrivés trop tôt, c’est la saison 2009/10 qui met en avant la profession – et quelques fantasmes qui vont avec, j’imagine (bien qu’ils n’ont jamais disparu, selon les dires de my friend). Du paquet, je pense qu’elle a de fortes chances de se retrouver devant Mercy, mais qu’elle que soit la série, je peux presque déjà l’entendre pointer l’irréalisme. J’ai eu quelques pensées pour elle devant le pilot de Nurse Jackie, à cause des problèmes de dos de notre infirmière vedette, un problème qui touche beaucoup cette profession.

Honnêtement, je n’y connais strictement rien au métier. Aide soignante, infirmière, médecin, chirurgien. C’est un peu comme tout. Un médecin pourra vous dire si c’est réaliste ou non, un militaire fera de même sur une série mettant en scène son corps de métier, comme un pompier, un avocat, un journaliste, un flic… Mais, la plupart d’entre nous, le spectateur lambda ou le sériephile, nous sommes tous plus ou moins à la même échelle, et il est rare que notre métier soit représenté – car ce n’est pas forcément glamour – et s’il l’est, franchement, on ne s’arrête pas vraiment sur la crédibilité, car il faut le dire, nous n’avons aucune raison de le pointer du doigt. (À moins d’être banquier et de ne pas comprendre pourquoi personne ne s’offusque de tous les voyages que fait Sydney Bristow).

Alors, moi, devant ma télévision, tout ce que je demande, c’est que le médecin soit sexy (bien que personne n’ait jamais battu le Dr. Ross), que cela soit rythmé, et qu’en gros, cela me divertisse. La crédibilité ? On s’en fout ! Cela doit donner le change, donner une impression de réalisme. Qu’importe que Foreman ait survécu à une maladie dont 98% des gens en crèvent. Si je ne l’avais pas lu, je ne le saurais pas.

Il doit y avoir environ 27 nouvelles séries médicales pour la saison. Le truc de fou. D’un côté, c’est bon signe pour moi. Il y a des allergiques au genre policier. Moi, celui dans lequel je traine peu, c’est le médical. La preuve en est que ni House, ni Grey’s ne fut prise l’année de sa diffusion. ER a eu ce privilège, sur France 2, à 20h50, un dimanche soir… Puis a suivi un traumatisme profond avec Gideon’s Crossing, la faute à Andre Braugher. Je crois que cela m’a achevée pour quelques années, il m’a fallu du temps pour y revenir réellement.

Pas besoin de chercher loin pour dire que cette année, le corps médical sera très bien représenté sur notre petit écran. Pas besoin de pousser la réflexion pour savoir que peu d’entre elles vont être réalistes. Si elles arrivent déjà à être crédible, ce sera ça de pris. Il y a aura forcément des morts, pas de doute là-dessus. Il faut juste espérer que les meilleures survivent. Qu’importe la branche ou le métier, infirmier ou chirurgien, le chiffre 27 me fait tourner la tête, et le paracétamol va devoir être à portée de main.