Que nous disent les zombies de The Walking Dead ?

17 Mar 2013 à 11:53

Que nous disent les zombies de The Walking Dead ?

Quand George A. Romero se réappropria le concept de zombies dans les années 60 pour donner jour à sa célèbre série de films sur les morts-vivants, il imposa plus qu’une iconographie indélébile dans l’inconscient collectif. Il alla plus loin que ça, puisque ses longs-métrages possèdent des connotations politiques et sociales qui leur permettent d’être plus que de l’horreur. Une approche qui est devenue un standard dans l’utilisation des zombies dans la pop-culture.

Malgré tout, le zombie est surement l’une des créatures les plus limitées du genre horreur. Des monstres écervelés en décomposition qui ne pensent qu’à manger, c’est impeccable quand on veut offrir une métaphore peu glorieuse sur l’abrutissement des masses dans la société de consommation ou si on cherche à parler de la difficulté qu’il y a à maintenir son individualité face à des pressions extérieures prônant une forme de pensée unique. Il y a des variantes et quelques thèmes supplémentaires en option, mais on a rapidement fait le tour de la question. A moins que les zombies de The Walking Dead aient quelque chose de neuf à ajouter.

Quand j’ai découvert les aventures de Rick Grimes et de ses amis, c’était sous la forme du comic book. À l’époque, la sortie d’un nouveau tome faisait déjà un peu du bruit, mais n’était pas un phénomène. Il fallait donc vendre le concept et l’approche était de dire que cela abordait ce qui se passait après, que cela racontait ce qui se produisait une fois que le générique de fin du film était terminé. Personnellement, je pensais que cela parlait de la reconstruction de la société dans un univers post-apocalyptique, mais j’ai rapidement découvert qu’il était surtout question de survie dans un monde où le zombie restait une menace constante.

J’ai fini par me lasser de l’histoire, tout particulièrement après l’interminable passage dans la prison. Il me semble que je suis allé jusqu’au volume 10. De toute façon, à ce stade, la série TV était là pour prendre le relai et j’espérais au fond de moi que les scénaristes reprendraient le concept pour en faire quelque chose avec plus de substance que ce que le matériel d’origine pouvait offrir.

À la télévision, The Walking Dead ne s’est cependant pas trop éloignée de l’œuvre adaptée. D’ailleurs, la série en est même réduite à utiliser l’un des twists les plus récurrents de la BD pour maintenir le spectateur dans son histoire, à savoir, tuer régulièrement un personnage familier de manière aléatoire ou presque. Bien entendu, cela ne mène nulle part sur la durée. La série progresse, et elle s’améliore même, mais elle ne semble pas avoir plus à ajouter dans le sens où elle se contente de massacrer des zombies pour faire du remplissage et de noyer le reste dans diverses tergiversations. Sans surprise, quand on sort de cela, ça peut devenir bon, comme dans l’épisode Clear (3.12) dans lequel on nous offre une réflexion sur la solitude et sur ce qui se passe quand on perd espoir — une sorte de relecture de I am Legend de Richard Matheson.

À mon avis, l’un des problèmes majeurs du show, qui est donc hérité du comic book, est que les zombies ne servent à rien. Bien entendu, ils sont là pour entretenir le danger constant qui peuple ce monde, mais les scénaristes ne les utilisent jamais pour dire quoi que ce soit. Ils sont la plupart du temps réduits à n’être que de la chair à canon. Ils ne sont pas dans le décor, ils sont le décor. Pour tenter d’éviter qu’ils soient régulièrement oubliés, ils éliminent un personnage que l’on connait, mais cela devient rare, car les scénarii se focalisent sur les vivants tuant les vivants. C’est d’ailleurs aussi une façon de dire quelque chose, bien que les développements assez restreints des motivations des uns et des autres font que cela n’a que peu d’importance.

Sans ses zombies, The Walking Dead ne serait qu’un remake de la série anglaise Survivors (2008-10) qui, même si elle était indiscutablement perfectible à bien des niveaux, avait le mérite d’offrir des portraits intéressants, que ce soit de ceux qui abusaient des autres survivants ou de ceux qui cherchaient à rester simplement en vie.

Ces morts-vivants ont donc sérieusement besoin de jouer un rôle dans la narration de la série, même si tout ce qu’ils ont à nous dire se résume à recycler des thématiques classiques. Après tout, le monde dans lequel nous vivons ne cesse d’évoluer, on peut toujours trouver une nouvelle interprétation à un vieux discours. Au final, il est temps que les zombies deviennent un personnage à part entière de The Walking Dead.

Tags : AMC The Walking Dead Survivor moins...
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