Joss Whedon - L.A. Times

Cette semaine, dans ma petite chronique, j’ai décidé d’aborder un sujet qui est en plein dans l’actualité : le nom du créateur d’une série est-il encore suffisant pour faire un succès ?

La réponse est non, ça ne fait plus aucun doute.

Comme vous vous en doutez, si je parle de ça, c’est à cause du bide de Dollhouse. Je ne veux bien entendu aucunement traiter de l’aspect qualitatif, ça, après deux épisodes, c’est certainement prématuré, même si finalement, il n’y en aura peut-être pas plus de 8.

Pour moi, le gros point faible de la campagne promotionnelle est le même que celle qui eut lieu pour Fringe, le créateur est le premier argument de vente. N’oublions pas une fois de plus qu’il s’agit avant tout de commerce. Ainsi, Dollhouse est la nouvelle série de Joss Whedon. Pour ce que ça veut dire ! Car oui, sérieusement, ça veut dire quoi ?

Je ne cache pas que je ne suis pas un fan, mais j’ai vu tout ce qu’il a fait pour la télévision et ça commence à dater, sans parler que ça ne s’est pas conclu par un succès. Whedon est donc un auteur qui a, à son insu, hérité d’une base de fans fidèles fortement portés sur l’internet. Du coup, si on surfe un peu, on a l’impression qu’ils sont nombreux, ce qui, finalement, quand on compare avec la population active d’internautes, n’est vraiment pas grand-chose. Mais ils savent se faire entendre. Enfin bon, le fait est que ses fans regarderont tout ce qu’il pourra faire, mais ce n’est clairement pas suffisant pour vendre une série, surtout que le temps passe et qu’ils finissent par vieillir et commencent à vouloir autre chose.

Les résultats d’audimat des deux premiers épisodes ne sont donc pas une surprise, car la Fox n’a pas réussi à faire une campagne destinée à un grand public. De plus, Whedon et son équipe ont un peu trop insisté sur ce que n’était pas la série (et sur le fait que ça s’est mieux passé que ce que l’on raconte). Bref, pas très accrocheur.

Dans le cas de Fringe, J.J. Abrams a un talent, son seul véritable : c’est un génie du marketing. Cloverfield fut un carton uniquement basé sur mystérieuse et énorme campagne pub, et pour Fringe, la même recette a été utilisée. Ça a intrigué, même si, sur la longueur, le public finira peut-être par lâcher. En tout cas, on ne peut pas dire que ce soit véritablement le nom d’Abrams qui fasse vendre. D’ailleurs, Lost risque de partir plus ou moins dans l’ombre de son succès passé vu les chiffres d’audiences, mais ça, le futur nous le dira.

Un départ discret, parlons David E. Kelley et Boston Legal. Il n’y a pas besoin d’en dire plus. La différence de Kelley avec les deux précédents, c’est qu’il a une fiche de route bien supérieure sur le plan qualitatif et commercial, mais cela sera-t-il suffisant pour faire de sa prochaine série un carton (si elle passe le stade du Pilot) ? Je ne crois pas.

Certains diront qu’Alan Ball, lui il a encore du succès, mais il ne faut pas se mentir, il n’avait, à son actif, qu’une seule et unique série avant True Blood, et cette dernière a décollé doucement. Si aujourd’hui, Ball est encensé pour ce qu’est cette série, il a d’abord été descendue pour la même chose. On ne peut pas vraiment en faire un exemple.

Le temps des Créateurs n’est pas terminé, ils sont toujours porteurs d’une certaine crédibilité, mais ils ne vendent pas. D’ailleurs, ont-ils vraiment déjà vendu ? Bellisario, Spelling, Cannell, Lupo, Bochco et les autres que j’oublie, n’ont pas marqué l’univers des séries tv avec autre chose que des concepts forts et souvent assez simples. Leurs noms sont restés grâce à leurs longues listes de succès, les échecs nombreux ont plus ou moins été oubliés, c’est la magie de l’Histoire.

The Mentalist, c’est de Bruno Heller (Rome, anyone ?), mais ça, ça n’intéressait pas grand monde. Malgré ça, un concept simple, mais efficace, et la sauce a pris alors que beaucoup n’y ont pas prêté plus d’attention que cela. Une leçon à retenir pour vos pronostiques de la rentrée prochaine.