The Mentalist - Red John

L’autre jour, mes parents ont terminé le visionnage de la première saison de The Mentalist, une série qu’ils ont beaucoup appréciée. J’ai donc demandé si sans Red John ça aurait changé quelque chose ? Réponse : non.

Pourquoi ? Parce que l’ennemi de Patrick Jane n’est au centre que de 4 épisodes au max. Certes, l’intégration de ce mystérieux personnage est ancrée dans la personnalité même de Jane étant donné que c’est cette chasse au meurtrier qui l’a rendu ce qu’il est aujourd’hui – veuf et travaillant avec le CBI.

Si on supprime le serial killer du tableau, on se retrouve avec un mentaliste qui aide la police. Il aurait fallu trouver une autre histoire pour justifier ce choix de carrière, mais cela n’ôterait certainement pas la partie un peu plus sombre qui le caractérise, cette façon d’être légèrement vicieux, manipulateur, égocentrique, arrogant et sensiblement hermétique à ce qui va contre sa façon de penser. Oui, dit comme ça, Patrick ce n’est pas le mec le plus sympa qui soit, mais n’oublions pas que c’est son sourire qui complète le tableau de façon que l’on ne tienne pas vraiment rigueur de ses plus gros défauts.

Red John, dans tout ça, c’est le petit plus qui permet d’insinuer qu’il pourrait bien, lui aussi, devenir un tueur, car il est simplement assoiffé de vengeance.

Mais il faut être réaliste, si nous avons ce tueur sur les bras, c’est avant tout parce qu’aujourd’hui, il faut une intrigue feuilletonnante. Enfin, il faut entretenir l’illusion qu’il y en a une. C’est un peu l’effet CSI Saison 7 que beaucoup trouvent meilleure, car elle serait « feuilletonnante ». À bien y regarder, le Miniature Killer n’était présent que dans 7 épisodes maximum. Certes, c’est plus que Red John, mais tout le reste de la saison était également très bon, seulement, c’est occulté.

Une intrigue « fil rouge » est désormais devenue obligatoire, mais elle ne peut pas être réellement aussi intrusive qu’elle doit le paraitre, car un formula show n’est pas un feuilleton et son mode de consommation n’est pas étudié pour contenir un fil conducteur dominant. L’important, c’est que le spectateur lambda puisse regarder quand il a envie, sans être pénalisé, et que celui qui est assidu obtienne un petit plus. Conjugué cela et on obtient Red John, atout qui ne sera pas négligeable pour poser des cliffhangers importants sans avoir à chercher trop loin. C’est plus un argument marketing qu’une pièce narrative. Mais peu importe, car tout le monde n’est pas sériephile et que la majorité des personnes qui suivent The Mentalist – et la majeure partie de la production sérielle américaine – se contentent de consommer.

On en arrive donc à parler du comportement des spectateurs, car c’est bien de cela qu’il s’agit. Les scénaristes de séries (pour les networks en tout cas) se doivent de satisfaire la demande, tout en donnant l’impression que c’est eux qui gardent la main (tout est relatif à ce point). Les intrigues feuilletonnantes sont demandées, on en donne. Point. Si ça fait plaisir, c’est le principal, car les gens regardent de cette façon, mais quand on s’attarde un peu sur la mise en œuvre, il apparait clairement que l’artifice reste sous contrôle et qu’il suffit d’évoquer de manière plus ou moins régulière son existence pour exciter un peu le client, sans avoir rien de concret à lui donner.

Ainsi, Red John va avoir la vie longue, c’est garanti, car il se place comme enjeu majeur de la série, du genre à ne se conclure que dans le series finale qui bat des records d’audience. Malgré ça, il n’était pas franchement indispensable à cette première saison de The Mentalist.