Le Prisonnier

Fabien avait fait un billet sur la question de la série culte, sujet hautement controversé auprès du spectateur de séries… Bon, OK, non, pas tant que cela, hein, mais il faut bien donner un peu de poids à tout cela.

Honnêtement, je n’ai pas réellement d’avis sur la question, simplement car je n’en ai pas. Le statut de culte ne s’applique à rien pour moi. J’ai mes références, mes séries, films, livres préférés que j’adore, et dont je ne me lasse pas d’en dire du bien, mais je ne porte jamais aux nues, c’est un procédé que je ne connais pas. Je suis, au fond, trop critique.

Maintenant que j’ai donné mon avis sur la question, c’était avant tout pour partager avec vous une définition, que j’ai lue  dans Les Miroirs de la Vie, et qui à elle seule, devrait vous faire parler. Car vous n’êtes pas bien  bavard en ce moment, Critictooiens adorés, et que je commence à croire que je suis la seule qui ne part pas en vacances ! Et puis, j’ai bien ri en la lisant, me rappelant diverses conversations sur la question, alors je partage.

Donc, voici, rien que pour vos yeux, la fameuse définition :

Série culte : Terme passe-partout, utilisé à tort et à travers par des journalistes dénués de culture télévisuelle et courts en vocabulaire, et qui ne réapparaitra pas ailleurs dans ce livre.

Son origine remonte à l’expression cult movie, qui désigne un film dont le succès initial a été modeste mais dont l’exploitation s’est poursuivie pendant des années grâce à un public réduit, mais fervent et inconditionnel – le mot cult, en anglais, signifie « secte ». Avec un peu de chance et au gré de nombreuses rediffusions télévisées, les cult movies deviennent représentatifs d’une époque ou d’un état d’esprit particulier. Ils finissent même parfois, comme The Rocky Horror Picture Show ou Casablanca, par devenir des icônes, c’est-à-dire des objets cult-urels. Mais pour devenir « cultes », films ou séries doivent nécessairement avoir effectué d’abord une longue traversée du désert.

Il est par conséquent stupide d’accoler le qualificatif de «  culte » à des séries ayant joui d’emblée d’un succès massif, comme The X-Files ou Friends. Celles-ci sont tout simplement des séries très populaires. En revanche, Star Trek (1966-1969) et The Prisoner (1967-1968) – qui, lors de leur première diffusion, furent des fours – sont d’authentiques séries cultes.

Les miroirs de la vie – Histoire des séries américaines de Martin Winckler
Publié aux éditions Le Passage.

Alors, d’accord ou pas d’accord avec Martin Winckler ?