Il y a de cela quelque mois, je me suis lancée dans une intégrale Futurama. Pour la petite histoire, j’avais vu pas mal d’épisodes diffusés en France, mais quand cela fut clairement interrompu, j’avais plus ou moins stoppé la série, et la suite fut plutôt erratique. Ce n’était donc pas une découverte pour moi, mais plutôt l’occasion de repasser au crible le show, en bouchant les trous, beaucoup plus important dans la dernière ligne droite.

Avant toute chose, petit éclaircissement sur ce que je vais aborder ici. J’ai visionné les 4 premières saisons, ou en tout cas, ce qui correspond à 4 coffrets DVDs, en partant du principe que les directs en DVD qui ont suivi sont la saison 5. En gros, j’ai regardé tous les épisodes produits avant l’annulation du show en 2003. Je parlerais sans trop de doute possible de la suite, mais ce n’est pas encore à l’ordre du jour.

Pour ceux qui ont ne serait-ce que raté la récente résurrection du programme, qui a fait pas mal parlé cet été, Futurama met en scène Philip J. Fry, livreur de pizza à New York qui se fait accidentellement cryogénisé un 31 décembre 1999 et qui se réveille 1000 plus tard, le 31 décembre 2999, à New New York. Pour faire court, il est embauché par la société de livraison du professeur Farnsworth, l’arrière arrière arrière -… arrière-petit-neveu de Fry, avec Leela, cyclope, Bender, robot tordeur. Au sein de l’entreprise, il y a aussi Hermes Conrad, bureaucrate, la stagiaire Amy Wong et l’incompétent docteur Zoïdberg. Fabien a fait une review du pilote il y a quelque temps déjà.

Au-delà du fait que j’étais plus que familière avec les deux premières saisons, Futurama va mettre quelques épisodes à se roder et trouver son rythme de croisière, procédé on ne peut plus naturel. Ce n’est pas parce qu’ils sont animés qu’ils ne souffrent pas des mêmes problèmes que les autres séries.

Ce qui a toujours grandement participé au succès de Futurama, c’est sans aucun doute la folie ambiante qui peut régner dans le show. En fait, force est de constater qu’il y a des sujets dans lesquels brillent réellement la série, et je dois bien dire que quand elle joue avec le temps, les univers parallèles ou tous ces concepts, elle délivre sûrement ces meilleurs épisodes, que ce soit scénaristiquement ou comiquement parlant. Il faut aussi dire que la série est capable de partir complètement en live, entre intrigue et univers référentiel, science poussée à l’extrême, et excentricité générale.

Ce qui m’a toujours séduite avec la série, c’est avant tout son univers ultra fouillé et riche, l’imagination ne paraissant pas véritablement avoir de limite pour l’équipe créatrice. Je dois bien avouer que si j’avais bien connaissance de la continuité dont la série faisait preuve, cette intégrale a clairement fait ressortir cet aspect. Il y a une maitrise narrative incroyable à faire pâlir de jalousie beaucoup de monde. Qui plus est, ils ne sont pas avares en développement pour leurs personnages, qui même dans leur simplicité, ou leur stupidité, savent se montrer complexes. Tout le monde y a droit, que ce soit Hermes, Amy, Zoïdberg, le Professeur Farnsworth, ou même Kif ou Nibbler.

Bien entendu, l’ensemble n’est aucunement parfait, la série souffrant parfois de passage à vide ou d’épisodes peu inspirés. Par ailleurs, il y a quelques constats qui s’imposent comme le fait que Bender est un brillant – que dis-je un magistral ! – second rôle, mais n’est pas souvent au centre des meilleurs épisodes. En parallèle, Leela se montre être plus drôle que le personnage peut le laisser supposer et possède un certain nombre d’excellentes histoires autour d’elle. Bien entendu, Zapp Brannigan aide aussi sur quelques aspects, le personnage semblant quasi infaillible ! Le développement de sa relation avec Fry est aussi très bien écrit, et j’avoue avoir un fort penchant pour les épisodes familiaux en ce qui le concerne (une note pour la fin de son chien, d’une tristesse affligeante !).

Le temps n’a pas encore d’emprise sur Futurama, c’est toujours « the world of tomorrow » dans toute sa splendeur. Avec des personnages cultes, un monde indescriptible, référentiel et complètement allumé, la série s’est imposée à juste titre à son tour comme une référence. Cela ne fait jamais de mal de se rappeler pourquoi, et cette intégrale (encore incomplète) a toutes les raisons d’être.