Skins : Première génération

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15 juil 2010 à 13:05
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Skins

J’avais annoncé que la série que je rattrapais cet été était Skins. Je me suis donc attelée à la tâche, et j’ai décidé de diviser sans aucune originalité ce visionnage en deux. Aujourd’hui, il est donc question des deux premières saisons, là où je suis actuellement dans la série, qui concerne la première génération.

Alors, avant toute chose,  pour ceux qui lisent ces lignes et ne savent pas de quoi ils retournent, Skins est une série britannique se concentrant sur la vie de jeunes qui boivent, fument, couchent, dansent à Bristol. Bref, sex, drugs and rock’n’roll d’une certaine manière.

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Quoi qu’il en soit, au cours de mon visionnage, j’ai pensé à plusieurs reprises à ce que j’allais écrire, mon avis semblant continuellement évoluer. Disons que si j’avais traité les deux saisons séparées, cela aurait clairement donné des billets bien distincts.

Me voilà donc à devoir expliciter le meilleur et le pire de Skins. D’abord, je n’étais pas très emballée par la série, car je dois bien admettre que sa réputation m’avait repoussée. Entre ceux qui clamaient que ce n’était pas un teen show comme les autres, et certains qui semblaient y voir là une série réaliste sur la jeunesse, qu’importe le camp, il y avait souvent trop d’emphase. J’avais lu des critiques sur internet, mais rien n’avait réussi à me pousser devant. Mais bon, je n’aime pas faire de la discrimination (je n’avais vu que des trailers qui ne m’inspiraient pas confiance), et je me devais quand même de lui donner sa chance.

Il n’y a pas ultra longtemps, le show a été élu le « most unrealistic teen show », et je ne peux honnêtement qu’abonder dans ce sens. Si ce n’est que ce n’est pas tant qu’ils boivent beaucoup, couchent, fument et sortent, qui rend la série si surréaliste. Apparemment, c’est un peu l’angle d’approche, mais ce qui m’a littéralement frappée au départ, c’est bien plus le développement de ses intrigues et l’excessivité d’une partie de ses personnages. Ils peuvent faire tout ce qu’ils veulent, les jeunes de Bristol, ils évoluent avant tout au cœur d’idées qui sont au point de départ la majorité du temps assez extravagante. Mais, attention, il ne faut pas voir cela comme un défaut, même si honnêtement, j’ai bel et bien dans l’idée que c’est en grande partie ce qui va emmener la série sur des voies un peu douteuses.

Enfin, retour au point de départ. Je découvre ces jeunes auxquels je ne vais sûrement pas m’identifier (un procédé qui me touche très peu de toute façon), mais auxquels je vais m’attacher. Le casting va pas mal aider, car les jeunes en imposent, ce qu’ils vont majoritairement prouver au cours des scènes avec des adultes (où nous avons le droit à un défilé de guest stars).

Tous les personnages ne m’ont pas intéressée avec la même force, et surtout, il y en a qui vont souffrir d’un caractère très unidimensionnel. Au début, il y avait d’ailleurs des passages qui rendaient difficile de comprendre pourquoi ils trainaient tous ensemble. À force de vouloir faire varier, il y a un manque d’unité. Cela ne sera pas présent dans la saison 2 (aidé par le fait que le groupe est assez dispersé), mais il y aura quelques obstacles à traverser pour en arriver là. Au bout du compte, il a quand même fallu attendre la saison 2 pour que je trouve un réel intérêt à Maxxie – son épisode (2.01) étant vraiment sympathique -, tandis qu’Anwar ne réussira cet exploit que dans le tout dernier épisode de cettedite saison. Il faut dire que les deux hommes partagent le plus mauvais épisode dans la saison 1, et qu’Anwar n’a même pas le droit au sien dans la seconde.

Cela me renvoie d’ailleurs au gros défaut de la série, car entre le séjour idiot en Russie (1.06) et l’épisode de Sketch (2.02), on tient là l’illustration parfaite de certains excès mal maitrisés de la série. Car la force de Skins se trouve être aussi à mon goût sa plus grande faiblesse. En n’étant pas réaliste pour un sou, en offrant des personnages un peu barrés comme Chris ou Cassie, elle trouve un moyen d’expression fort, permettant à la série de plonger complètement dans un monde où les repères ne sont pas du tout les mêmes que les nôtres, mais qui gagne en panache. Seulement, si elle réussira parfois magnifiquement dans le drama, la série va aussi parfois y plonger gratuitement, et dans un univers où la crédibilité n’est pas constante, cela sera plus d’une fois fatidique. Tout est extrême (la série ne connaît pas la demi-mesure), pour appuyer les stéréotypes et les malheurs, mais les évènements vont être parfois trop gros et pas toujours très bien gérés.

Pour le coup, la saison 1 ayant été un succès, il est difficile de ne pas noter que l’équipe semble avoir conscience de cet état de fait dans la suite, et la série en pâtira, avec une diminution de spontanéité. En fait, au bout du compte, je crois que ce qui me frappe le plus, c’est l’inconsistance dont la série peut faire preuve, enchainant le pire des épisodes avec le meilleur. On joue dangereusement au yoyo, ce qui rend l’œuvre bancale.

Malgré cela, Skins reste attachante. En tout cas dans ces deux saisons. Et s’il y a du négatif, il y a aussi du positif. Pour moi, cela s’incarne avant tout par ce qui a quelque peu gravité autour de mes deux personnages préférés : Tony et Sid. Que je le dise maintenant, j’avais donné de jolis noms d’oiseaux au premier, tellement je le jugeais insupportable. Il était difficile de comprendre pourquoi il avait des amis, vu qu’il était exécrable la moitié du temps. En fait, Tony est, pour la série, étrangement complexe. Petit à petit, il va réussir à s’imposer à moi, en montrant ses failles, jusqu’à l’épisode Effy (1.08). Il y a une réelle mise en relief de son caractère, de sa relation avec Sid, et de ce qui le pousse à agir. Le personnage connaitra un tournant majeur dans la seconde saison, ce qui rajoute une couche à son évolution (forcée par la vie, dans le cas présent). Pour Sid, il est celui que j’ai aimé dès le départ, et il faut reconnaître qu’avoir Peter Capaldi en père était la cerise sur le gâteau. Son épisode dans la seconde saison doit être d’ailleurs un de mes préférés, réussissant à combiner humour et drame avec brio. C’est quelque chose qui définit assez bien le personnage, un peu trop à côté de la plaque pour son propre bien, suscitant forcément le sourire et qui est touchant dans l’adversité et face à son incapacité à réellement agir. Logiquement, leur amitié ne pouvait donc que me séduire, et elle sera à la hauteur des deux personnages qu’elle met en scène.

Tony et Sid sont clairement ceux que j’ai préféré suivre, et malgré les défauts soulignés plus tôt, la plupart se verront offrir des opportunités de s’exprimer, ce qui facilitera assurément la tâche pour passer les moments difficiles de la série.

Au final, j’avoue bien volontiers que je m’étais fait une idée fausse de la série. J’ai quand même pris bien plus de plaisir à visionner la première saison que la seconde, mais Skins s’est montrée parfois surprenante. Il est un peu dommage qu’elle se montre assez peu homogène, mais le meilleur de la série vaut largement qu’on s’y penche, quitte à devoir traverser le pire.

A noter : Canal + commence la diffusion de la saison 3 ce soir, à partir de 22h10. Vous pouvez lire le bilan de cette saison sur le site.

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