Stargate : dernière traversée de la porte des étoiles (ou presque …)

Tout a donc commencé en 1994 aux États-Unis et en 1995 pour moi. C’est l’année de la sortie au cinéma du film Stargate : la porte des étoiles, un succès inattendu qui allait devenir une série, puis une véritable franchise.

Ainsi, après avoir vu le long-métrage en famille, la série Stargate était attendue sur le petit écran. En tout cas, on se devait d’être devant notre poste de télévision quand M6 a commencé la diffusion. Cela durera quelques années avant que le temps se charge d’éloigner les membres de la famille du canapé et que la V.O. prime. Il m’a quand même fallu tout cela ou presque pour réaliser que Samantha Carter avait la même voix que Carol Hathaway !

Quoi qu’il en soit, Stargate SG-1 était une série de divertissement qui alimentait des conversations à la maison, mais aussi avec les amis. La romance (ou non) entre Carter et O’Neill, les Jaffas, la Tok’ra, Apophis, les Réplicateurs, Kawalsky. Les épisodes dans le passé, dans le futur, le monde miroir. La mythologie égyptienne n’avait jamais été aussi intéressante et surtout, elle était devenue inséparable du show. La simple évocation d’un dieu égyptien menait irrévocablement à la théorie de Daniel Jackson !

En 10 ans, Stargate connut des hauts et des bas inévitables. Elle aurait dû arrêter avec les Réplicateurs beaucoup plus tôt. C’était bien au début, beaucoup moins à la fin. Elle n’a pas non plus toujours palier à ses problèmes budgétaires. La Lucian Alliance était une mauvaise idée dès le départ. Les Orii n’eurent jamais la force narrative de ce qui fut construit avec les Goa’uld. Et, j’en passe …

Mais, elle a réussi pendant longtemps à faire ce pour quoi elle avait vu le jour : divertir comme elle se devait. Elle avait de l’humour, un sens de l’aventure de plus en plus rare de nos jours, des dangers palpables, et des personnages marquants et forts. Plus que toute autre chose, SG-1 avait su se construire autour de ses principaux protagonistes et y intégrer des personnages secondaires qui rendirent l’univers riche et crédible.

En 2004, l’univers de Stargate s’étend un peu plus avec Atlantis. Avant cela, il y avait déjà eu le dessin animé que je dois confier ne pas encore avoir vu (mais je vais bien finir par corriger cela), ainsi qu’un jeu de rôle et un jeu de société. Atlantis reste une étape majeure et difficile. La fraicheur des débuts aidera beaucoup la série dérivée, soutenue par le fait que SG-1 n’était pas en parallèle au meilleur de sa forme.

L’équipe tente de reproduire le schéma imposé par SG-1. Sheppard pour mener, McKay (issu de SG-1) pour la partie scientifique, Teyla pour représenter un autre peuple et enfin Ford pour … vous savez bien, se faire éliminer ! Quelques personnages secondaires parviendront à traverser le temps, mais bien peu. McKay remplira à lui tout seul le rôle de Daniel Jackson et de Samantha Carter. Sans lui, la cité d’Atlantis n’aurait jamais survécu au point que cela en devint une blague. Rien n’était de toute façon plus efficace que Sheppard jouant avec l’égo du scientifique.

À l’image de SG-1, la série a eu ses bonnes et ses mauvaises idées. Elle a surexploité ses bonnes au point de les détruire et elle a lutté pour se construire une individualité qu’elle a finie par laisser à moitié tomber quand les deux univers se sont rejoints.

Altantis n’assurait pas toujours le divertissement, mais comme son ainée, elle a eu un bon gros lot de personnages auxquels on avait pu s’attacher. Peut-être pas Teyla, soyons bien d’accord là-dessus, mais on ne peut pas tout avoir dans la vie ! Qui plus est, avec Woolsey en tête dans la dernière saison, elle était parvenue à trouver une dynamique intéressante.

Atlantis aura tout de même grandement souffert de la comparaison avec SG-1. Quoi de mieux alors qu’un autre spin-off pour mettre les choses en perspective ?

Universe est arrivée avec ses grands sabots pour rajeunir une franchise qui n’était pas encore morte. Allez savoir ce qui est passé par la tête des responsables quand ils ont cru qu’il pouvait reboo(s)ter un concept qui était toujours présent à la télévision. Le début n’était pourtant pas mauvais, mais Universe va se perdre dans des regrets et des volontés artistiques navrantes. Suite à une comparaison persistante et non justifiée entre Battlestar Galactica et la franchise SG, Universe apparaît comme la réponse à tous ces propos. Elle se dote d’artifices qui veulent légitimer un ton adulte qui se révèle majoritairement immature. La série souhaite être différente pour attirer un nouveau public et finit par se faire cracher dessus car il ne se passe rien. Les nouveaux ne sont pas venus et les fidèles à la franchise ont toutes les raisons d’être déçus. Le problème de Universe n’était pas sa volonté de se distinguer, mais son incapacité à faire quelque chose de cette différence. En gros, c’était chiant, pendant trop longtemps.

Pour la première fois depuis que je suivais Stargate – soit finalement depuis ma séance cinéma -, j’ai laissé une saison de côté. La saison 2 de Universe pouvait bien se passer sans moi. Je n’en avais pas grand-chose à faire des histoires de cœurs de Scott et Chloe. Soudainement, Atlantis m’apparaissait comme une meilleure série. Elle resterait toujours imparfaite, mais j’avais développé un attachement envers ses personnages qui était quasiment absent de Universe – quand ça arrivait, le scénario se chargeait de détruire cela.

Je n’allais quand même pas abandonner Stargate après tant de temps et sûrement pas alors que la franchise venait officiellement de mourir. Une fois la saison 2010-2011 achevée, je me suis donc plongée dans cette fameuse seconde (et dernière) saison pour compléter mon voyage sur Universe et mes traversées de la porte des étoiles. Ce fut difficile pendant la première partie, lente, régulièrement peu inspirée, et par moment tout simplement mauvaise.

Les choses ont fini par changer quand Rush et Young ont enterré la hache de guerre. C’est ce qui est arrivée de mieux dans la série. Cela et réutiliser Eli en tant que scientifique et non en amoureux éperdu. Il serait mentir de dire qu’Universe a eu le temps de devenir une bonne série. Elle est surtout devenue regardable, ce qui n’est déjà pas si mal. Elle s’est régulièrement ratée, incapable d’exploiter jusqu’au bout ses idées, mais elle n’était plus ennuyeuse. Ses personnages secondaires y sont pour beaucoup. Rush et Young menaient le navire,  Brody, Volker et Park faisaient un peu le reste, et Eli et Greer semblaient permettre de connecter tout le monde. Grâce à cela, j’avais fini par me sentir sporadiquement concernée.

1995-2011. 16 ans de Stargate pour 14 ans de série(s). Mon plus gros regret aurait été que tout s’arrête dans l’indifférence la plus totale. Universe aura été dans son ensemble ratée, il y a plus de mauvais que de bon épisodes. Malgré tout, je lui suis reconnaissante pour son dernier épisode, pour ce sentiment de nostalgie peu définissable, pour cette note de tristesse et d’amertume. Pour me rappeler finalement pourquoi j’ai passé tant de temps dans cet univers et que cela en valait vraiment la peine.

Il reste alors un dessin animé que je n’ai pas vu, des DVDs et des revisionnages pour les années à venir. La possibilité de (re)traverser la porte des étoiles pour revivre une aventure. Avec la satisfaction de savoir que cela s’est bien terminé. L’air de rien, c’est beaucoup.

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