La spectatrice que je suis aura tourné la page sur bien des séries, toute consciente que le processus ne fait que se répéter. N’est-ce pas exactement pour cela que l’on suit épisode après épisode tous ces personnages ? Pour une aventure qui dure plus de deux heures, nous entrainant au sein de la vie et de la maison de tous ces êtres.

Terminer une série reste un processus qui est propre à chacun, à l’investissement que l’on a eu, le rapport qui nous lie, et à cet attachement indescriptible à la force variable. J’ai terminé beaucoup de séries sans aucune arrière-pensée, d’autres se sont rappelées à moi plus tard quand elles ne sont pas revenues l’année suivante, un sentiment de nostalgie apparaît devant un autre programme, et puis il y a celles qui vont me manquer. Je le sais avant sa conclusion, Friday Night Lights fera partie de ceux-là.

Pourtant, on ne peut pas dire que la série ne nous a pas habitués aux adieux, en ayant fait un schéma pour se séparer de ces jeunes qui avaient enfin trouvé un moyen de quitter Dillon.

Ils portèrent d’abord le bleu, les Panthers, l’équipe symbolique de la ville qui se déplaçaient pour assister au match et nous entrainer dans une passion qui finit par devenir la nôtre – nous ne voulons que la victoire de cette équipe. Nous avons alors suivi Jason Street quittant le premier l’équipe pour affronter un autre défi, nous avons traversé les épreuves morales et la pression avec Jason Street, la recherche identitaire avec Matt Saracen. Leur romance, leur rupture, leur volonté d’aller de l’avant. Ils ont quitté Dillon, laissant certains d’entre eux derrière eux (Landry, Tim) continuer à mener matchs et quotidiens.

Elles vivaient le sport différemment, à l’aide de pompons ou dans les estrades, touchées par une activité qui ne leur est pas destinée. Julie, la fille du coach et la petite amie de Matt ; Lyla, fille du plus grand supporter de l’équipe et amoureuse compliquée ; Tyra, provocante ne rêvant que de partir.

Sans oublier les mal-aimés (à différents niveaux) Santiago et J.D. McCoy.

Puis, il a fallu quitter le bleu pour le rouge, suivant le Coach Taylor de l’Ouest à l’Est de la ville. Les difficultés, les familles, les finances, les épreuves. Tout est différent et similaire. Chaque personnage est unique, prêt à nous emmener là où les autres ne sont pas allés. Dans les rues et la drogue pour Vince, dans un monde sans repères adultes et touchante pour Becky, dans des rêves légèrement inaccessibles pour Luke, dans des possibilités différentes pour Jess.

Les épisodes sont passés, les saisons sont passées, et les personnages ont évolué, quittant le champ de vision pour y revenir légèrement, pour rappeler que la vie continue, mais qu’elle nous relie aussi indéfiniment à certains lieux et certaines personnes.

Rien ne parait mieux exprimer cette idée que la place d’Eric et Tami Taylor dans la série. Figure paternelle, guide, mentor, modèle. Conseillère attentive, mère impliquée, femme dévouée. Si Friday Night Lights a démarré comme une série centrée sur des jeunes, elle restera toujours à mes yeux celle qui fut portée par un couple inégalable, symbole de possibilité et d’espoir.

Au final, qu’importe la couleur du maillot, ce qui aura compté du début à la fin est bien ceux qui les portent et ceux qui les soutiennent, donnant à Dillon ses couleurs, ses espoirs, ses ambitions, son but, son âme. Buddy, Billy, Mindy, le malheureusement non développé Hastings, Grandma Saracen, la famille de Smash, les différents coachs, Herc, Waverly, Voodoo, Buddy Garrity Jr

Elle aura mis en avant les valeurs de ceux qui l’habitent, animés par une force insondable pour se sortir du pire, mais aussi pour se trouver, se surpasser, et être à la hauteur de ceux qui croient en nous. La mise en scène du quotidien ordinaire et des convictions qui l’accompagnent délaissée pour une image télévisuelle trouvait dans la série une belle façon de s’exprimer.

Friday Night Lights aura été une source d’émotions fortes, entre rires et pleurs, épreuves et fêtes, mort et naissance. La vie dans toute sa simplicité.

Pour tout cela, elle me manquera.