Stargate Atlantis

Il y a quelques années, j’ai passé une soirée chez ma sœur et, après le visionnage du film, nous avons atterri sur Meuh 6. À l’époque, il y avait Stargate Atlantis. C’était mon premier épisode en français, ayant bien entendu suivi la série dès ses débuts en VO. SG-A est un excellent exemple de la problématique de l’accent, car en une scène vous pouvez avoir David Hewlett, Paul McGillion et Joe Flanigan. Pour peu que David Nykl traine dans le coin, on a un Canadien, un Écossais, un Américain et un Tchèque. Je pousse l’exemple, mais la thématique du show dans ses débuts était très orientée sur l’aspect mondial. Bien entendu, rien de tout cela dans la version française.

Ici, n’est nullement question d’un éternel et sans intérêt débat VO/VF, mais d’un sujet qui tracasse énormément l’Américain ou l’Anglais. Quand nous regardons des séries françaises, ou même étrangère mais doublé, on ne s’offusque aucunement que le gars n’ait pas l’accent de la région à laquelle il appartient. Pour peu que vous fassiez partie d’une famille qui aime se moquer de l’accent du Sud (il y a alors de fortes chances que vous viviez dans le Nord, on en convient), cela reflète assez bien la vérité : dans le pire des cas, on en rigole, dans le meilleur des cas, on s’en fout comme de l’an 40.

Pas à la télévision américaine. Encore moins chez les Anglais. Nos amis des US sont pour beaucoup à la recherche d’authenticité, avec une véritable obsession sur le réalisme qui doit en ressortir. Dans SG-A, Paul McGillion a donc dû reprendre un accent qu’il avait perdu depuis longtemps. Bien entendu, il est évident que là-bas, ils n’ont pas la moindre idée de la multitude d’accents qu’il y a, mais cela est encore une autre histoire.

J’ai récemment lu une critique américaine de Life On Mars US qui critiquait l’accent irlandais de Jason O’Mara. Or, il se trouve que l’acteur – avec un nom pareil, c’était facile à deviner – est irlandais ! Ce type de réflexion, j’en ai lu un nombre incalculable de fois. « It’s a terrible accent », « it’s not a good imitation ». Or, whatever… Bien formulé, mal formulé, l’idée est là, il y a une obsession.

Hugh Laurie a déclaré deux choses sur lesquelles il est intéressant de se pencher :

– La première est qu’un Anglais – et je vais dire les pays sous l’autorité de la reine – imite mieux un accent étranger, simplement car il grandit avec des programmes venant d’autres pays que le sien. Il doit avoir raison, il sait de quoi il parle. Je ne vais pas le contredire. Ce que font en général les acteurs, ils perdent leur accent. Comme l’a dit Craig Ferguson, pour lui, il n’y a qu’un seul accent américain. Au vu des castings pour la saison à venir, Anglais et Australiens envahissent l’écran, et beaucoup d’entre eux vont devoir laisser leur accent au troquet pour se doter de celui neutre américain, qui fait qu’on ne va pas dire qu’ils viennent du Texas ou de NY, mais qui donne clairement l’impression d’avoir un Américain qui parle.

– Sa deuxième déclaration est qu’House ne fonctionne pas en Angleterre, à cause dudit accent. Bah oui, ils connaissent tous Hugh Laurie là-bas ! En fait, ce qui vaut la peine de s’arrêter sur cette déclaration, c’est que si on peut juger un Américain excessif sur l’accent, il n’est rien à côté de l’Anglais, totalement obsédé, impartial et capable d’atrocités (les critiques UK étant sans pitié). Ils ont leur programme, ils les aiment, et laissent peu de place aux autres. Une série comme The Wire est populaire chez eux… Casting quasiment composé d’anglais. Philip Glenister s’est totalement fait dégommé par les critiques pour avoir soi-disant pris un accent américain pas crédible dans Demons. On passe sur la qualité du show, au fond, il aurait pu parler comme un rustre, cela n’aurait rien changé aux réflexions.

Des exemples sur la question, il y en a à la pelle, car aujourd’hui, des acteurs britanniques travaillant aux US, il y en a aussi à la pelle. Je n’ai rien contre, car pour une raison qui m’est totalement inconnue, j’ai beaucoup d’affinités avec le jeu de ces acteurs/trices.

Manchester, Liverpool, Londres. New York, Los Angeles, Seattle. Melbourne, Sydney. Honnêtement, tant que ce n’est pas Silvio, à un moment où je ne m’attends pas à ce qu’il parle, tout va bien. À force d’entendre, l’oreille s’y fait, identifie, comprend, et finit par reconnaître. Mais au fond, je me préoccupe peu de savoir si l’accent est crédible ou non, pour peu que l’illusion soit là.

Il n’empêche que c’est une question au centre de pas mal de discussions. S’y arrêter de temps en temps me semble logique, mais de là à en faire une obsession…