C’est un peu une tradition désormais sur le site, quand une série qui a quelques saisons arrive à son terme, on aime bien revenir dessus avant la conclusion, histoire de faire le point une dernière fois. Cela n’empêchera pas la publication du bilan de l’ultime saison qui ne tardera pas à arriver, notons-le, car je préfère vous parler ici plus de la série de manière générale.

Big Love est donc une série actuellement diffusée sur HBO qui tourne autour d’une famille de mormons polygames.

Quand j’ai commencé à la regarder, je n’étais pas spécialement intéressé. Je n’y connaissais rien à la polygamie et les premiers épisodes n’ont pas fait naître en moi une soudaine passion pour les Henrickson. D’ailleurs, au fil des saisons, ça n’a pas véritablement changé, mais il n’y a pas forcément nécessité d’être passionné pour apprécier.

Chez les Henrickson, ce sont les femmes qui m’ont tout de même permis de me préoccuper de ce qui se passait, car plus les saisons avançaient et moins leur mari, Bill (Bill Paxton), m’apparaissait sympathique. Il se réfugiait de plus en plus derrière les grands principes de sa religion, car c’est la seule forme de certitude qu’il connait et il a besoin de ça pour appuyer ses décisions souvent trop égoïstes pour être justifiées autrement. Dans le fond, ce n’est pas un mauvais gars, c’est juste qu’il est suffisamment arrogant pour croire que le monde à besoin de lui et que sa famille veut uniquement ce qu’il veut. Il demande l’opinion de personne, il sait juste mieux. Si vous me dites que vous avez eu à plusieurs moments envie de le frapper, je ne serais pas surpris.

Bill a de la chance, il est marié à Barb (Jeanne Tripplehorn), Nicki (Chloë Sevigny), et Margie (Ginnifer Goodwin), trois femmes différentes avec leurs lots de problèmes, mais qui l’ont très longtemps soutenu sans jamais le remettre en question et, parfois, ça demandait surement plus que de la foi et de l’amour.

En 5 saisons, Bill a donc cherché à légitimer ce qu’il était aux yeux d’un monde qui ne voulait pas de lui. Certaines de ses initiatives sont très louables et méritaient d’être encouragées, mais quand il se lance dans un conflit avec des psychopathes en pensant que le soutien de Dieu sera suffisant, on peut se demander s’il n’a pas perdu la tête.

Enfin bref, Bill est un homme qui veut bien faire, mais qui force tout le monde à s’accommoder de ses décisions tout ça parce qu’il est persuadé d’avoir une sorte de mission. La série a le mérite de ne pas chercher à le critiquer ou à appuyer ses choix. C’est d’ailleurs une grande force de Big Love, cette façon de montrer un style de vie rejeté par la majorité sans pour autant donner raison ou tort à ceux qui l’encouragent ou le condamnent. Dans les deux camps, il y a des pourris, mais ça ne va pas vraiment plus loin que ça, car il est surtout question d’une famille peu ordinaire, certes, mais qui reste une famille.

Quoi qu’il en soit, la fin est proche et assez incertaine pour la majorité des personnages. Les scénaristes de Big Love ont le mérite d’avoir su prendre des risques. Ils se sont occasionnellement complètement plantés, mais ils savent aller de l’avant et se relever. La dernière saison est d’ailleurs une belle remontée après la quatrième qui a flirté avec le désastre à un certain point. En tout cas, il reste un épisode et tout semble encore possible, et il n’a même pas été nécessaire de forcer le destin pour en arriver là, car, comme je le disais, il y a de la prise de risques fréquente dans Big Love. Bien entendu, la conclusion pourra être totalement ratée, mais ça pourra être également le contraire. Le fait est que Bill et sa famille arrivent au bout de la route et que, comme eux, nous sommes dans l’expectative.

En cinq saisons, Big Love n’a pas été un drama des plus réguliers sur plus d’un plan, ce qui n’enlève rien au fait que le voyage a au moins eu le mérite de ne pas laisser indifférent, bien au contraire, et c’est surement la plus grande qualité de la série.

On reparlera donc bientôt de la dernière saison, dans un bilan.