White Collar

Si vous ne le savez pas déjà, je le redis : j’ai un petit faible pour USA Network. Ma préférée reste Psych, mais la chaine donne le jour à des séries jouant énormément sur la sympathie que je suis capable d’avoir envers ses protagonistes, avec un petit côté old-school et le simple plaisir de se retrouver devant sa télévision – la dose de noirceur variant en fonction de ses programmes.

Malgré un sujet dont on ne se lasse pas malgré les années – le gentleman voleur se retrouvant à travailler pour le FBI –, mon emploi du temps m’a forcée à laisser White Collar temporairement de côté. Avec seulement 7 épisodes à son compteur pour sa première partie de saison, elle était donc dans ma liste des séries à visionner pendant les fêtes, pour être au point à la rentrée.

White Collar démarre plutôt bien, avec un Pilot rondement mené, mélangeant tous les ingrédients classiques de la chaine, s’imposant plus dans la lignée de Burn Notice en termes d’ambiance, et réussissant aisément à séduire. Autant le dire, j’ai été assez charmée par l’introduction.

À quelques mois de sa libération, Neal Caffrey s’échappe de prison pour retrouver l’amour de sa vie, Kate. L’agent Peter Burke va être appelé pour aider à sa capture, se trouvant être l’homme l’ayant mis derrière les barreaux la première fois. C’est sans trop de difficulté qu’il va remplir cette tâche. Caffrey va ensuite faire une offre à l’agent du FBI pour l’aider dans une de ses affaires, ce qui va conduire les deux hommes à collaborer.

Comme pas mal de séries du genre, le show se base sur la relation entre les deux hommes, et la dynamique entre Caffrey et Burke est efficace. Pour compléter le tableau, nous avons d’autres agents, dont Jones et Cruz (aka Dub Dub dans The Middleman), cette dernière prenant la place de la pourtant plus que convaincante actrice Marsha Thomason (aka Naomi dans Lost), seulement présente dans le pilote. Ils s’intègrent bien mieux dans le décor qu’Elizabeth, la femme de Peter, que l’on cherche du mieux qu’on peut à caser dans tous les épisodes. Malgré cela, je dois bien avouer beaucoup l’apprécier, et je n’ai jamais rien contre un mariage heureux à la télévision.

Caffrey, lui, a Mozzie, présent surtout pour l’aider à retrouver Kate. Dommage je dirais, car Mozzie est plein de promesses, alors que Kate ne l’est pas. Voilà ici une des grosses faiblesses de cette première partie de saison, jouant sur la relation/séparation d’un couple dont on ne sait rien. Si  nous avons aisément créé des liens avec Neal, et que l’on peut accepter le romantique qui est en lui, il est par contre difficile de concevoir cet amour – surtout avec son penchant pour flirter avec tout ce qui bouge. Pire encore, les coups fils de Kate sont là pour jouer sur des non-dits et faire monter un suspense créant plus de frustration qu’autre chose. Car le problème est que les silences de Kate n’ont pas de sens. Pourquoi appeler Neal si c’est pour ne rien lui dire ? Cette histoire n’est pas juste là pour être un simple fil conducteur, car elle se fait plus que persistante et sera au cœur du cliffhanger plutôt efficace de cette fin de première partie.

Autant le dire, sans véritable amélioration, l’histoire avec Kate, pour moi, ne devrait pas aller au-delà de la saison 1. Elle est un frein à l’évolution du personnage de Neal, et son évincement forcerait à donner un rôle autre que le sidekick de passage à Mozzie. Dans un registre plus ou moins similaire, Elizabeth mériterait bien de trouver une place plus consistante dans l’univers, ce que tend à lui offrir Free Fall (1.07) donc.

Heureusement, il n’y a pas que Kate, car le FBI travaille. Rayon intrigue de la semaine, la série joue sur du classique, développant le côté un peu Robin de Bois de Neal (The Portrait – 1.05), et celui très compétent de Burke, sans véritablement offrir d’affaires ultras épaisses. La mieux bâtie doit être justement la dernière, dans laquelle Neal est accusé de vol – un classique du genre, ou presque. Juste avant, on a quand même dû se farcir une histoire de blanchissement d’argent par un chinois (All In – 1.06), qui était aussi peu inspiré que le meurtre au cours de la fashion week (Threads – 1.02). En fait, c’est assez évident dès le début, le but n’est pas de démasquer le coupable, mais de l’arrêter. Malheureusement, car ils ont tendance à vite porter leurs soupçons sur quelqu’un sans trop de preuve à l’appui, et heureusement, car de toute façon, c’est défilé de guest star : Mark Sheppard, Carlos Rota, Callie Thorne, Garret Dillahunt

En somme, si White Collar réussit à susciter de la sympathie, et mieux encore de l’attachement pour ses personnages, elle tâtonne beaucoup à s’affirmer, ne réussissant pas à retrouver le panache et la maitrise que son pilote nous promettait. Avec un cliffhanger qui est convaincant, la série a tout ce qu’il faut pour quand même donner envie sans trop de difficulté de revenir en 2010, où pour sa deuxième partie, on peut espérer une certaine réorientation et progression qualitative. En tout cas, je l’espère, car elle semble avoir un réel potentiel pour être bien plus, et qu’il serait bien dommage de ne pas l’exploiter.

Au-delà de ses défauts, il y a toujours le charme de ses interprètes (Matt Bomer en tête), des épisodes se laissant regarder et la possibilité d’un avenir radieux. Et, j’adore le chapeau …