Jim Profit

Je lisais l’autre fois qu’une série avait duré assez longtemps pour devenir culte. Je ne dirais pas de quelle série il s’agit, car ce n’est pas le débat et je connais la propension de mes lecteurs à s’arrêter sur ce type de détails.

Ici, le problème est que l’on déclare des séries cultes pour un oui ou un non. Genre, on adore, donc c’est culte. C’est vraiment regarder les choses par le petit bout de la lorgnette.

Comme beaucoup aiment faire un parallèle avec les séries et le cinéma, ne nous gênons pas pour comparer : un film ne devient pas culte parce qu’il dure 3 heures ou a bénéficié de 2 suites. La durée d’une œuvre n’a rien à voir avec son accueil public et, dans le cas qui nous intéresse, l’impact qu’il a sur un certain nombre d’individus au point qu’ils y vouent un culte. Car c’est ça une série culte (ou un film), c’est simplement une série qui réussit à réunir un groupe d’admirateurs totalement dévoués et suffisamment importants (sans forcément être trop gros) pour être reconnu. Bien entendu, c’est le cas de beaucoup de productions télé, alors précisons qu’il ne s’agit pas d’une passade, mais d’une véritable inscription dans le patrimoine culturel qui ne se sera pas effacée au bout de 2 ans pour être remplacé par la dernière lubie à la mode.

En gros, ce que j’essaie de dire, c’est que derrière cette appellation (non contrôlée) de culte, il y a bien plus qu’une volonté individuelle de voir reconnaitre ce que l’on aime comme étant fondamentalement génial par les masses. Non, c’est juste une sorte d’évolution naturelle poussée par un effet de groupes.

Après, chacun peut déclarer que telle série est culte pour lui, ce n’est pas la même chose, c’est simplement une manière de prévenir qu’il vaut mieux ne pas discuter le bout de gras sur ce sujet, car il n’y aura aucune objectivité en retour ; ou une façon de se définir en tentant d’entrer dans un cliché.

Je ne suis pas un adepte de toutes ses histoires de « séries cultes », étant donné que j’ai souvent l’impression que certains croient qu’il implique une notion de qualité, alors qu’il n’en est rien.

Vu les détournements faits du mot, devrait-on encore parler de séries cultes? Certainement quand on évoque Le Prisonnier, Buffy, Star Trek, et j’en passe énormément, mais clairement pas s’il s’agit juste d’énumérer ses séries préférées en voulant leur donner une dose de crédit supplémentaire.

En tout cas, ce n’est pas sa durée qui va la rendre n’importe quelle série culte, Profit l’illustre bien.