
En préparant la publication du dernier profil du sériephile, je vois qu’Einstein a mis à la catégorie meilleure mini-série Jekyll. Il n’est pas le premier à donner cette série, et sûrement pas le dernier.
Seulement, Jekyll n’est pas une mini-série. Il n’y a aucun reproche derrière cela, seulement au fil des profils, j’ai noté que beaucoup ne discernait pas réellement la série de la mini-série. En soit, cela ne change pas grand-chose, vu que l’une est l’autre, de toute façon. Il y a juste “mini” devant, signifiant un début et une fin planifiée, car conçue ainsi.
Ce qui complique durement la tâche, à nous petit frenchy, c’est la production anglaise. Honnêtement, il m’a fallu un peu de temps pour cerner les tenants et aboutissants. Ils ont une telle façon de faire, que, quand il annonce la couleur, parfois, le fameux dilemme suivant se pose : série, mini-série ou téléfilm ? Car pour eux, tout cela va dans le même paquet, c’est un drama. A drama. Ils utilisent le mot pour tout, ils ne font pas de différence. Aucun problème là -dedans, car nous avons nous aussi nos spécificités. Pendant longtemps, c’était des téléfilms en deux parties qui agrémentaient notre écran, refoulant au plus profond la notion de mini-série – car en France, c’est ainsi qu’on voyait les choses, alors que les Américains, quand il s’agit de leur production, faisaient une mini-série.
Certains ont tendance à s’imaginer qu’une mini-série doit forcément faire plus de deux parties. L’Histoire nous apprend que cela n’a pas toujours été le cas, et que dans cette évolution, The 10th Kingdom fut un des précurseurs. À l’époque, le créateur avait parlé de l’échec de la série, en mettant en partie cela sur le format. L’américain n’était pas habitué à une mini-série aussi longue. Personnellement, elle a pris un sacré coup de vieux, mais je l’adore.
Passons là -dessus. Alors, aux US, il est plus ou moins facile de s’y repérer, car elle est vendue ainsi : deux, trois, cinq ou dix. On nous parle de mini-série, si on suit ce qui se passe chez eux. Après, arrive un autre problème, mais assez rare : celui de la mini-série qui perd le mot mini, car le succès fut tel que la chaine a décidé d’aller au-delà . The Starter Wife en est un récent exemple, et nous avons The 4400 pour remonter un peu plus dans le temps.
Dans un autre registre se pose le problème de la mini-série se situant avant et/ou après la série. Je me rappelle m’être prise la tête sur un forum avec un mec qui insistait pour dire que j’avais tort, The Peacekeeper Wars et ce qui précède la série BSG étaient des téléfilms, non des mini-séries. Je ne suis pas le genre à affirmer bêtement, et encore moins à me planter sur ma série préférée. Quant à BSG, c’était écrit sur mon DVD. Aujourd’hui, il y a eu évolution, et j’ai noté qu’on le vendait plus ou moins sous le terme de téléfilm. Même la page Imdb a changé, avec quand même un “a.k.a. : Battlestar Galactica: The Miniseries“. Cela veut dire ce que cela veut dire.
Alors, s’il reste encore facile de ne pas faire d’erreurs avec les productions américaines, cela est plus corsé avec les Anglais, et encore plus quand on n’a pas l’habitude de les fréquenter. Les voilà à donner le jour à des séries qui n’ont pas de suite, car leur futur ne dépend que de la volonté du scénariste. Si Paul Abbott avait eu une idée pour une seconde saison de State Of Play, cette dernière aurait eu lieu. Il avait même commencé, mais n’a pas fini. La porte a été laissée ouverte sur Jekyll, Steven Moffat ayant lui-même parlé de cette possibilité, mais sans assurer quoi que ce soit, par ailleurs.
Si on ne se trompe pas trop pour les adaptations d’Austen, Dickens ou autres classiques, si la pratique de l’anthologie jaillit encore régulièrement chez eux, le concept de mini-série n’existe pas réellement. S’il n’y avait pas le dilemme du téléfilm, je vous dirais une série est une série et ils ont bien raison. Alors, on dira qu’une production télévisuelle et une production télévisuelle et ils ont bien raison !
Comme tout, il s’agit alors d’adapter à notre système, à trier selon notre mode de classement. Des téléfilms chez nous deviennent des dramas chez eux ou des mini-séries. Après tout, si nous sommes touchés par ce phénomène, eux aussi le sont !
Quoi qu’il advienne : Une série n’est pas forcément une mini-série à partir du moment où elle n’est composée que d’une saison, qu’importe le pays.
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et si tout simplement le terme de “mini-série” ne devait concerner que les très courtes séries d’une seule saison avec 10 épisodes ou moins ? On remarque que les créateurs dont font par exemple partie Steven Moffat parlent de mini-série concernant Jekyll.
J’observe par ailleurs que très régulièrement, le nombre d’épisodes conditionne justement l’appelation “mini-série” ou “téléfilm” (celui-ci étant assez galvaudé il est vrai).
Aux USA on dit TV movie ou mini-series selon les désidératas du créateurs (et c’est normal) ou de la prod (c’est plus à but commercial généralement, le terme de “mini-série” semblant plus “vendeur)