The Wire

Il y a deux semaines environ, j’ai dû finir la dernière saison de The Wire. J’ai mis beaucoup de temps à la regarder. Je ne fais pas partie de ceux qui aiment « savourer » et qui font alors « durer le plaisir ». Non, les séries et moi, c’est un peu une question de timing, et je n’avais pas réussi à me lancer dans cette saison 5.

C’est maintenant chose faite. Et je peux dire sans détour que ce n’est pas une réussite. Quand une série est plébiscitée, il est parfois difficile d’en dire du mal, surtout quand on est en pleine période de diffusion. Je me rappelle que David Simon avait dit qu’il ne s’attendait pas vraiment à obtenir de bonnes critiques, simplement car il touchait à la presse. Peut-être, mais au fond, il méritait bien quelques mauvaises notes.

Au début, on n’est pas très regardant. Pour la simple et bonne raison qu’on connaît le truc. On nous réintroduit les personnages, on fait de la mise en place, on nous présente les nouveaux protagonistes. Seulement, voilà, McNulty se met à occuper le devant de la scène avec un plan foireux, qui ne tiendra pas debout, et la fin peinera à sauver les miettes de ce fiasco scénaristique. Les journalistes manquent de finesse, utilisés avant tout pour faire passer un message, bien trop évident. J’ai quand même beaucoup apprécié voir Clark Johnson. Sans parler de la mort d’un protagoniste, un tel personnage n’aurait jamais dû passer l’arme à gauche, il aurait dû devenir légende, car c’est ce qu’il était, et cette fin m’attriste.

Tout n’est pas à jeter, et je le sais bien. Le Bunk est le Bunk, The Good Police. Carcetti réussira à tirer son épingle du jeu, Daniels et Pearlman n’auront pas vraiment de mauvaises scènes, comme Kima, ils devront juste parfois composer avec ce qu’ils ont.

Quand les choses semblent enfin démarrer, nous sommes au septième épisode. Et, pour moi, c’était trop tard. Trop tard, car il n’y en a que 10. Trop tard, car ce fut 6 heures à regarder McNulty nous plomber la saison. Et, la vérité, c’est que dans mon cas, il aura fallu le dernier épisode pour retrouver totalement le The Wire que j’aimais, celui où, de la première minute à la dernière, je suis captivée par ce qui s’y passe. Je crois que c’était plus qu’une nécessité. Si le dernier épisode avait été raté, je ne sais pas trop ce que j’écrirais. La fin, c’est quelque chose d’extrêmement important, pouvant changer votre vision de la série, vous la faire aimer un peu plus, la faire chuter dans son estime. Ce dernier épisode de The Wire a conclu magistralement une série, et a été sans difficulté le meilleur de toute la saison. Cela ne donne pas plus de valeur à cette dernière année, mais, au moins, cela s’est conclut en beauté.

The Wire sera toujours une excellente série, une des meilleures, celle qui appartenu au premier âge d’or de HBO, qui fut synonyme de révolution télévisuelle. Elle vécut son règne en solitaire, où, comme on le disait en son temps, la meilleure série à la télévision que personne ne regarde. Personne, ni le public, ni les critiques. Cela n’empêche pas de marquer l’Histoire de la télévision.