Lost - Saison 5

Le 2 octobre, je vous annonçais ma volonté de regarder Lost dans son intégralité, en même temps que je vous parlais de mon retour sur l’île, que j’avais quittée en saison 1. Ce visionnage, fut, par ailleurs, aussi mené par Fabien, en même temps. Je l’ai parfois dépassé, il m’a parfois dépassée, pour qu’on finisse au bout du compte le même jour (pas à la même heure, je pense, mais je dis ça comme ça). Vous me connaissez, quand je regarde une série, j’en parle dans quasiment toutes les rubriques qui nourrissent Critictoo, et Lost ne fera pas exception à cette règle. Les fondateurs du lieu ont donc vu Lost, ce qui signifie que vous allez enfin vraiment en entendre parler. C’est merveilleux, je sais!

Avant tout cela, retour sur ce visionnage assez intensif. Se lancer dans Lost n’est pas forcément la tâche la plus aisée qui soit, la demoiselle a une réputation qui la précède et qu’il faut surmonter. Dès les commentaires sur mon premier billet sur la série, cela s’annonçait fort difficile. On me disait, alors que je n’étais pas très enthousiasmée par ce qui se passait dans la saison 1, que cela risquait d’être pénible arrivé à la mi-saison 2, et il semble qu’une bonne part tombait au moins d’accord pour me dire que la saison 3, c’était le fossé. 101 épisodes plus tard, l’heure du verdict est venue.

La saison 1 est et restera sûrement pour moi la plus mauvaise. Assez plate et lente, elle a l’avantage de mettre en place ses protagonistes, mais se trouve quelque peu plombée par le fait que l’équipe scénaristique n’a pas la moindre idée de ce qu’elle fait. Elle place des pions. Sur la durée, l’équipe de Damon Lindelof et Carlton Cuse (ce dernier n’arrivant qu’à la fin de la première saison) va démontrer deux choses qui m’ont certainement séduite : ils ont un don indéniable pour jouer sur les évènements et réussir à exploiter un fait qui n’était aucunement destiné à prendre parfois de telles proportions et ils savent sacrément bien exploiter leur guest qu’on finit toujours par revoir ! Tout ceci s’affirmera par la suite. Si la fin de la saison 1 réussit à monter le niveau qualitatif, à ce stade de la série, je n’étais certainement pas convaincue, et je me voyais mal achever le visionnage à la date butoir fixée initialement (fin décembre). La série évolue alors dans un étrange brouillard, où l’on joue plus avec des non-dits qu’autre chose. Le mystère est totalement abstrait, la série n’a même pas posé ses codes.

La saison 2 sera marquée par trois évènements. Le premier se trouve être les autres survivants. Le concept en lui-même a le droit de trouver sa place au rayon des petites blagues que Lost nous offrira tout du long, juste après le réacteur qui tourne (Nikki et Paulo étant en tête du classement!). Malgré cela, il faut reconnaître qu’un peu de sang neuf est loin d’être désagréable, et après tant d’heures de visionnages, The Other 48 Days reste un des épisodes que j’ai le plus appréciés (la preuve, je me souviens du titre). La première partie de saison nous introduit aussi la Dharma Initiative, qui va bien pimenter la vie de nos Losties. Personnellement, à moins d’avoir loupé le coche, je me demande toujours comment ils ont trouvé l’île et qui se cache réellement derrière. Enfin, on approche de la mi-saison, et si je prenais plus de plaisir à suivre la série, c’est l’arrivée d’Henry Gale qui a clairement changé la donne pour moi. Nous sommes à l’épisode 14. Au moment précis où on me disait que cela devenait mauvais, je me suis réellement prise au jeu. The Others étaient une pseudo-légende du coin, une menace tout à fait abstraite qui, si certaines de ses actions n’auront jamais de justifications, va enfin prendre forme. J’en profite par ailleurs pour signaler la capacité de l’équipe à éluder certaines questions. C’est tout un art, je tire mon chapeau!

La saison 2 marquera donc un tournant à mon goût dans l’histoire de la série, qui commence à embrasser son côté SF, pour mon plus grand plaisir!

La saison 3 développera quant à elle la présence des Others sur l’île, avec avant tout trois protagonistes (tout fonctionne par 3 dans cette série!) : Juliet, Richard et Ben. La première est là clairement pour créer une connexion entre les Others et nos amis installés sur la plage, où Bernard et Rose, à ce stade, doivent empiler des boites de conserve, alors que Paulo va aux toilettes ! Richard fait partie des questions sans réponses de la série, et incarne une constante, étant toujours présent sur l’île, en tout cas jusque-là. Le dernier du lot et le plus important, Benjamin Linus, est le leader des Others, et mon personnage préféré de la série. Mieux, l’un de mes personnages préférés toute série confondue. Il est franchement aidé par le fait qu’il est le seul à ne pas avoir connu de réel moment de faiblesses scénaristiques, étant lui-même trop lié à la mythologie ambiante. Menteur et manipulateur, Ben voue donc une dévotion totale à l’île, et est prêt à tout pour parvenir à ses fins. Ce qui rend le jeu bien plus intéressant et mouvementé. Alors que j’étais donc censée ne pas accrocher à cette saison 3, comme il se trouve que c’est celle dans laquelle on voit le plus Ben, elle est l’une de mes préférées, épaulé par un rythme franchement soutenu, des situations qui font peu de surplace, et de régulières distributions de cartes loin d’être déplaisante.

Pour rendre cette saison 3 encore plus attractive à mes yeux, elle sera aussi celle qui nous introduira (réellement) à un autre personnage qui a vite fait d’atteindre la liste de mes préférés : Desmond. Il a quitté son bunker, et sa relation avec le temps va lui donner une consistance dès les débuts. Certes, on sent par moment la difficulté de l’intégrer sur cette plage tranquille, mais le tir sera corrigé dans la seconde partie de la saison. Desmond a deux atouts dans sa poche : sa relation avec Penny le lie à Charles Widmore, qui va pimenter notre intrigue, et il sait que Charlie est destiné à mourir. Et entre nous, quand vous savez qu’un personnage doit y passer (vraiment, vu qu’il y a encore deux saisons derrière) mais que vous ne savez pas quand, c’est diablement efficace.

Je pense donc énormément de bien de cette saison 3, pourtant si décriée. J’attendais donc la suite avec impatience, tout particulièrement les voyages temporels.

Ces derniers n’arriveront pas tout de suite, il faudra d’abord passer l’excellente saison 4 (la meilleure), avec, encore une fois, l’arrivée de nouveaux : Charlotte, Miles, Faraday et Lapidus. Ma préférence va quasiment directement à Miles, puis à Lapidus. Il faudra attendre la saison 5 pour les deux autres. Sa courte durée (14 épisodes) sent bon la mise en place, ce qui est assez démontré par la quasi-absence de développement des nouveaux protagonistes. A ce stade, la date de fin de la série a été fixée, justifiant à elle seule la tournure des évènements. L’opposition entre Charles Widmore et Benjamin Linus prend une autre tournure et devient concrète, en même temps qu’elle semble transformer une partie de nos rescapés en simple pion sur un échiquier (sauf John Locke). Le nom de Jacob tend à se faire plus constant, mais il est à mettre à la liste des autres gros mystères de la série (avec Richard et la Dharma donc).

Cette saison marque aussi un tournant, avec la disparition des flashbacks, devenus presque complètement inutiles en saison 2, pour l’introduction de Flashforward (première fois dans le final de la saison 3), nous faisant découvrir la vie des 6 rescapés du vol Oceanic 815, laissant alors planer le mystère sur la façon dont ils ont quitté l’île. En fait, la construction narrative de Lost est d’une simplicité déconcertante : on nous révèle un évènement à un certain point éloigné dans le temps, et on bouche le trou dans les épisodes suivants, jusqu’à ré-atteindre ce point fixé.

Nous avons donc les Oceanic 6 en dehors de l’île (avec en bonus, Ben), et une volonté de retourner là-bas. Pour remettre les choses en ordre, semble-t-il. Car sur l’île, les choses se sont gâtées. Nous voilà, en saison 5, à faire des bonds temporels. Entre nous, j’ai lu à droite à gauche que Lost pouvait être parfois difficile à suivre. Pas que je voue une fascination dans le voyage dans le temps (même si j’aime énormément), mais je dois avouer ne pas savoir exactement où cela est devenue difficile à comprendre.  Faraday s’impose en leader, et pose la règle essentielle pour comprendre ce qui se déroule : Whatever happened happened. Lost ne jouera pas sur le plan de la réalité et/ou univers alternatif/parallèle. Il y a une cohérence temporelle à maintenir, et elle le fera très bien. Un début de saison qui joue donc avec le voyage temporel, et qui ainsi, maintient un rythme fortement haletant sur l’île, alors qu’à L.A., tout se met en place pour le grand retour. Malheureusement, on va étrangement le sentir passer, car la seconde moitié de saison va peiner – comprendre, elle a donné un sacré coup de frein à la progression des évènements. Cela va pas mal entacher la qualité générale de la saison, qui, grâce aux bonds temporels avait trouvé un excellent prétexte pour explorer différentes périodes chronologiques. On va finalement rester bloquer dans la fin des années 1970, pour, en compagnie de Sawyer, Miles et Juliet, découvrir un peu plus sur le fonctionnement interne à la Dharma, et surtout, comment Ben est devenu un Other à part entière. Leur monde sera bousculé par le retour des Oceanic 6, qui, les malins, ne sont pas revenus tout seuls. Ils ont ramené de nouveaux pions dans la partie, semblant lié à Jacob, mais ils sont clairement mis au rencard, en attendant la saison 6. Cette fin de saison 5 se révèle être l’une des conclusions les plus frustrantes, amenant de nouvelles questions, autour de Locke, Jacob et du petit nouveau Lupo, alors qu’elle venait simplement d’offrir un visage au second listé.

Au final, Lost fut pour moi une excellente surprise. La meilleure d’entre elles fut, qu’à l’évidence, ma perception de la série m’apparaît par moment fort différente de celle d’autres spectateurs. Elle a mis pas mal de temps à s’affirmer, mais c’est avant tout pour son histoire sur l’île et son côté SF que j’ai adhéré à l’univers et que je me suis prise au jeu. Un visionnage tardif, mais que je ne regrette aucunement, et en fait, que je préfère ainsi, rendant l’ensemble bien plus attractif et moins frustrant (cf. l’épisode Nikki et Paulo, extrêmement mal placé!).

On se retrouve donc en février pour la dernière saison…

Avec (entre autres au cours des 5 saisons) : Adewale Akinnuoye-Agbaje, Naveen Andrews, Nestor Carbonell, Henry Ian Cusick, Jeremy Davies, Emilie de Ravin, Michael Emerson, Jeff Fahey, Matthew Fox, Jorge Garcia, Maggie Grace, Josh Holloway, Malcolm David Kelley, Daniel Dae Kim, Yunjin Kim, Ken Leung, Evangeline Lilly, Rebecca Mader, Elizabeth Mitchell, Dominic Monaghan, Terry O’Quinn, Harold Perrineau, Zuleikha Robinson, Michelle Rodriguez, Kiele Sanchez, Rodrigo Santoro, Ian Somerhalder, Cynthia Watros.