Altered Carbon Saison 2 : Une nouvelle enveloppe moins impressionnante

10 Mar 2020 à 13:00

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Deux ans se sont écoulés entre la mise en ligne de la première et seconde saison d’Altered Carbon sur Netflix, et 30 ans ont passé depuis l’affaire Bancroft. On retrouve Takeshi Kovacs, le héros de Richard Morgan sur papier, avec un nouveau corps et de retour sur Harlan pour une nouvelle mission. À la tête de la série, c’est maintenant Anthony Mackie qui prend la suite de Joel Kinnaman.

Naturellement, Kovacs se retrouve rapidement dans la ligne de mire de dangereuses et puissantes personnes lorsque son nouvel employeur, un Meth, est tué. Ce dernier lui avait offert un nouveau corps, un job et la chance de revoir Quellcrist Falconer (Renée Elise Goldsberry). Conscient que son nouveau patron n’a pas été éliminé sans raison, Kovacs part à la recherche du chasseur de primes et de la vérité dans cette saison 2 d’Altered Carbon.

Celle qui avait avant tout séduit grâce à une enveloppe attractive voguant entre la série pulp et l’œuvre pseudo-philosophique prenant place dans un univers à la Blade Runner n’est plus aussi impressionnante qu’elle l’était. Kovacs arpente de nouveau les rues de Harlan et reprend ses quartiers à l’hôtel de Poe (Chris Conner), l’intelligence artificielle souffrant ici de perte de mémoire affectant ses performances. Cependant, les moyens sont visiblement moins importants, le recyclage plus présent et l’aspect de la nouveauté disparu.

Pour faire simple, Altered Carbon en jette moins à la vue. Elle était plus vulgaire et plus dénudée dans sa première saison. Seule la violence semble encore présente en dose plus ou moins similaire, et encore. Sans trop de surprise, le corps de Kovacs est plus performant, il y a des améliorations technologiques pour faire monter les enjeux, si on peut dire, lors des scènes d’actions. Cependant, cela revient presque à être un petit artifice qui est sympathique mais loin d’être bluffant, surtout que son utilisation parait vite limité dans la pratique. En ressort une série plus sage et esthétiquement plus générique.

Il y a pourtant encore bien des choses et règles à découvrir sur Harlan, où les puissants continuent de manipuler le monde à leur avantage, mais où la rébellion n’est pas morte. De retour sur sa planète natale, Kovacs découvre qu’on élimine les fondateurs de ce monde et cherche donc à savoir pourquoi et ce qui se trame.

Une nouvelle palette de personnages secondaires vient soutenir le récit et l’enrichir, avec en tête Trepp (Simone Missick), une loyale chasseuse de primes, suivi par Dig 301 (Dina Shihabi), une intelligence artificielle. On ne peut pas en dire autant de l’un peu trop caricaturale Danica Harlan (Lela Loren), l’ambitieuse gouverneur de la planète, dont l’intrigue est plus ou moins sauvée grâce à sa collaboration avec Ivan Carrera (Torben Liebrecht), leader d’une équipe d’élite devant arrêter Kovacs.

Altered Carbon profite d’une saison de seulement huit épisodes pour limiter les lenteurs. L’ensemble s’inscrit dans la continuité de la mythologie de la série, avec un récit pleinement tourné sur Falconer et les origines d’Harlan. La narration se montre moins alambiquée, plus fluide, mais également moins riche en thématiques. En vérité, les problématiques, moins nombreuses mais présentes peinent quelque peu à ressortir dans ce second volet où l’on ne perd pas de vue l’exploration sur la nature humaine et où il est naturellement question de contrôle et d’oppression.

Plus que n’importe quel autre sujet, la quête identitaire est peut-être celle qui définit le mieux cette saison en interrogeant sur la place de l’enveloppe physique et de la mémoire dans ce qui nous définit. Que ce soit Kovacs – sous les traits de Mackie ou de Will Yun Lee (toujours plus convaincant) – ou Falconer et sa perte de mémoire, mais avec la même apparence, il y a de quoi faire. Reste que Poe est celui qui représente le mieux ses idées et dont l’épreuve apporte une touche de sensibilité et un questionnement plus pesant. Sa dévotion à Kovacs est aussi admirable (surtout vu comment il est traité) que ses peurs de perdre ses souvenirs, sa mémoire et ce qui fait, selon lui, qui il est – plus qu’une I.A. au service d’un être humain.

Avec une réduction de budget visible et un ton plus assagi, Altered Carbon ne profite pas de cette nouvelle salve d’épisodes pour véritablement prendre son envol. Moins alambiquée, mais aussi moins impressionnante que sa première saison, la seconde d’Altered Carbon délivre un divertissement honorable, mais qui s’oublie un peu trop vite pour son propre bien.

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