Whitechapel : mysticisme historique (saison 4)

Whitechapel saison 4 - Whitechapel : mysticisme historique (saison 4)

À peine après avoir célébrer la publication du livre de Buchan, l’équipe du DI Chandler se retrouve à enquêter sur la mort d’un SDF qui a été tué avec une méthode de torture remontant au 16e siècle. Quand un second cadavre vient s’ajouter, une véritable chasse aux sorcières semble se dérouler à Whitechapel.

La saison 3 de Whitechapel marquait une évolution dans l’histoire de la série pour assurer sa pérennité. Le show avait besoin d’aller au-delà de ses affaires emblématiques (Jack l’Éventreur, les frères Kray) pour continuer. Il s’agissait alors de mettre l’Histoire au service de la police.

Les scénaristes Ben Court et Caroline Ip auraient pu s’arrêter là pour ensuite délivrer des épisodes reprenant le schéma établi et explorer ses personnages. Ce ne sera pas le cas, le duo décidant pour sa saison 4 de soulever des questions que bien d’autres séries se contentent d’ignorer. Comment cela se fait-il qu’il y a des meurtres si particuliers, étranges et violents à Whitechapel ? Pourquoi les coupables qu’arrête le DI Chandler finissent-ils tous par trouver la mort ?

Avec une nouvelle saison composée de trois affaires, Whitechapel va donc poursuivre avec son approche « historique » en y injectant une aura mystique. Il y a de quoi être troublé, car jusque-là, si le réalisme n’a jamais été la clé, la série cultivait surtout une atmosphère oppressante et glauque, à l’aide de crimes sordides, où les légères interrogations surnaturelles étaient balayés d’un geste de la main – ou presque.

La première enquête servira alors à poser différents éléments étranges qui affecteront la cohésion de l’équipe du DI Chandler avec chaque membre dans un état de nervosité parfois difficilement contrôlable. L’ambiance du show en souffre légèrement, car là où l’anxiété naissait simplement de l’horreur des actes commis par des êtres humains, on se retrouve ici à voir germer l’idée qu’il y aurait une autre force en action derrière tout cela.

Cela ne diminue aucunement la qualité de la mise en scène des crimes, mais il faut reconnaitre que les épisodes s’égarent occasionnellement. Cependant, on pouvait tout de même espérer une explication logique à tout cela à la fin, et en grande partie, c’est ce qui va arriver. Seulement, l’équipe créative apparait surtout indécise, comme si elle s’était embarquée dans cette direction sans véritablement savoir si elle souhaitait jouer avec les nerfs du spectateur ou embrasser cette nouvelle composante. En refusant de prendre une décision, on se retrouve au final avec quelques réponses, mais une histoire qui ne trouve pas une véritable conclusion – ce qui est après 6 épisodes plutôt décevant.

Cela affecte donc cette saison 4 qui conservent tout de même les qualités du show. Si la première affaire avec l’implication du MI6 se révèle assez grossière et poussive, les deux suivantes se montreront plus satisfaisantes. La seconde, écrite par Steve Pemberton, bénéficiera avant tout d’une bonne exploitation de l’équipe, jouant ainsi plus habilement de l’attachement développé envers les personnages. L’interprète de Buchan se permet au passage d’offrir un rôle légèrement différent à celui qu’il incarne pour le sortir quelque peu de sa zone de confort. Cela permettra de voir Buchan sous un angle différent, sans pour autant délaisser les autres figures du show.

En tout cas, si Whitechapel n’est pas occasionnellement épargné par un peu de prévisibilité, elle sait tout de même entrainer dans de fausses pistes aussi sombres que les motivations des meurtriers qu’elle met en scène. Elle ne lésine pas sur une orchestration particulièrement stylée pour servir son propos. On se retrouve donc toujours face à des criminels aussi instables que possible qui feraient les beaux jours d’un psychiatre et qui savent plus que mettre mal à l’aise quand il le faut.  La troisième enquête s’impose peut-être comme la plus maitrisée dans le domaine, exploitant tous les ingrédients du show et son imagerie à son maximum.

Difficile au final de ne pas penser que la saison 4 de Whitechapel s’est quelque peu égarée en y intégrant une touche de mysticisme plus prononcé qui n’était aucunement nécessaire. Les crimes en eux-mêmes sont suffisamment noirs, il n’y avait pas besoin de plus, et cela affecte la qualité générale de la série qui avait trouvé un bon équilibre. Heureusement, elle ne perd pas trop de vue ses principales forces, ce qui permet sans aucun doute de continuer le visionnage et de toujours vouloir suivre le travail du DI Chandler, du DS Miles et des autres…

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