A Discovery of Witches Saison 2 : Magie et danger dans Londres Élisabéthain

A Discovery of Witches Saison 2 - A Discovery of Witches Saison 2 : Magie et danger dans Londres Élisabéthain

La première saison de la série Sky A Discovery of Witches nous introduisait à un monde où les sorcières, vampires et démons existent. Lorsque Diana Bishop (Teresa Palmer), historienne et sorcière réticente, découvre un manuscrit alchimique, à la bibliothèque d’Oxford, elle met sans le savoir en péril la paix entre les différentes communautés. De même sa rencontre avec le vampire Matthew Clairmont (Matthew Goode) bouleverse le statu quo, de cette dernière découlant une romance passionnelle et interdite les poussant à fuir le présent et trouver refuge à Londres en… 1590.

C’est donc à cette période que l’on retrouve Matthew et Diana dans la saison 2 de A Discovery of Witches, qui porte à l’écran le second livre de la trilogie de Deborah Harkness, L’école de la nuit. Le couple n’arrive pas exactement là où le vampire espérait, et doit dès lors s’installer dans la maison londonienne, lieu où il ne pourra pas éviter son passé. Car c’est dans un monde d’espions et de subterfuge qu’évolue Matthew, tandis que Diana doit trouver une sorcière pouvant lui apprendre à utiliser sa magie.

Composée de 10 épisodes, cette saison 2 de A Discovery of Witches se démarque avant tout de la précédente à travers ses nouveaux décors. Londres de la période élisabéthaine nous plonge dans une atmosphère différente et, malgré les limites visuelles perceptibles, se révèle être mieux mis en scène que le présent. Qui plus est, les costumes mettent parfaitement en valeur les deux têtes d’affiche, sans pour autant renier certaines particularités esthétiques propres à l’époque. Quelques dialogues viennent informer sur la difficulté que Diana peut avoir à se fondre avec son langage, son accent et son comportement ne correspondant pas, avant que l’on passe plus ou moins à autre chose.

Il n’y a pas de temps à perdre au sein de cette seconde saison qui, à l’image de la première, semble aller trop vite pour son propre bien sans pour autant accomplir grand-chose. Ainsi, Diana trouve ses marques à Londres et Matthew se glisse difficilement dans son ancienne vie, et ensemble, ils iront même jusqu’à prendre sous leurs ailes Jack, un enfant, pour former une famille qui est destinée à être brisée. L’équipe créative a un penchant pour énoncer des faits et même des émotions, mais ne pas les creuser. De ce fait, heureusement qu’il est précisé que le couple se voit comme parents du jeune Jack car le sujet n’est pas décemment exploré pour donner le jour à une implication émotionnelle. Il faut de toute façon rester très près de la relation entre Matthew et Diana pour que les développements portent vraiment leurs fruits. Ainsi, c’est peut-être le passage chez Philippe de Clermont (James Purefoy), le père de Matthew qui permet de complexifier le vampire, entre une relation ambiguë avec son père, une maladie vampire et sa relation avec Diana, qui est moins définie par un amour aveuglant. Le couple doit explorer les blessures passées pour construire un futur résistant à toutes les épreuves du temps. Le romantisme ne disparait pas, mais il prend une forme différente.

Reste que, de manière générale, le traitement scénaristique ne fait que rester à la surface avec une tendance à tourner autour du pot pour faire son point, malgré des ajouts intéressants. Ainsi, la dynamique entre Matthew et le dramaturge Kit Marlowe (Tom Hughes) aurait pu participer dignement à dresser un portrait de la vie passée du vampire, si elle n’était pas définie que par une forme de jalousie. Pire encore est Louisa (Elaine Cassidy), la sœur de Matthew, qui vient créer du faux danger et se révèle caricaturale. Rien n’est fait pour légitimer pourquoi vampires et démons détestent les sorcières avec tant de passion, surtout que celles que l’on rencontre, même puissantes, ne sont pas là pour menacer qui que ce soit. La formatrice de Diana Bishop, Goody Alsop (Sheila Hancock), possède une certaine prestance, mais le personnage est avant tout un accessoire au service de l’héroïne plus qu’une personne à part entière. On soulignera également Gallowglass (Steven Cree), le neveu de Matthew, qui n’a le droit, lui aussi, à aucun développement, mais qui suscite immédiatement la sympathie et qui s’impose comme un allié bienvenu à cette période.

Cette saison 2 de A Discovery of Witches ne nous coupe pas totalement du présent, suivant les proches de Diana et Matthew principalement à Sept-Tours qui sert de refuge à leurs alliés. Marcus Whitmore (Edward Bluemel) profite de l’absence de son « père » pour prendre les devants, jusqu’à trouver l’amour auprès d’une humaine et introduire cette dernière à cet univers. Tout est tragiquement surfait et également répétitif, surtout lorsqu’il est question de la dynamique entre les tantes de Diana qui font la même chose du début à la fin de la saison, au sein de petites scènes parsemées par-ci par-là. La recherche autour du livre et de ses pages manquantes anime toujours Peter Knox (Owen Teale), mais ce dernier possède une stratégie sincèrement limitée, et qui ne vient pas le moins du monde étoffer l’environnement. Il en devient un ennemi cliché contre son gré.

Au final, A Discovery of Witches peut toujours compter sur la vieille pierre, et présentement, les costumes d’époque, pour réussir à immerger dans son univers. Cependant, on peut regretter que, malgré la multiplication des étapes à franchir pour Matthew et Diana, les développements apparaissent si minces. Cette salve d’épisodes ne parvient pas à étoffer et complexifier intrigues et personnages comme il se doit, conservant ainsi cette tendance à survoler les problèmes et les enjeux de la première saison. La mythologie de la série peine dès lors à s’enrichir et prendre de l’envergure autour du couple phare, de leurs alliés et de leurs ennemis. On ne peut dès lors s’empêcher de penser qu’il y a juste bien plus à faire dans cet univers. Quoi qu’il arrive, l’histoire de Diana et Matthew se poursuit (et conclut) dans une troisième saison déjà commandée.

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