Belgravia : Les secrets mal gardés de la haute société londonienne

En plus d’avoir revisité les origines du football en Angleterre, le créateur et scénariste Julian Fellowes, papa de Downton Abbey, a également porté à l’écran son roman Belgravia pour ITV, sous la forme d’une série en 6 épisodes.

L’histoire de Belgravia commence un 15 juin 1815, alors que les troupes de Napoléon sont en marche. Ce soir-là, la duchesse de Richmond organise un bal, évènement réunissant la brillante société de Grande-Bretagne à Bruxelles. Fille d’une famille d’intendants, Sophia Trenchard a la chance de pouvoir s’y rendre grâce au beau Edmund Bellasis, fils et héritier d’une des plus importantes familles anglaises. Les festivités sont interrompues par la bataille des Quatre Bras, ayant pris place deux jours avant celle de Waterloo. Vingt-cinq ans plus tard, les Trenchard et les Bellasis sont maintenant installés à Belgravia, bastion londonien de l’aristocratie et voient le passé et ses secrets menacer de refaire surface…

Si un tel point de départ a de quoi allécher, Belgravia ne sait, en vérité, pas garder comme il se doit un secret. Ainsi, on les connait tous, à commencer par le plus important : l’existence d’un enfant illégitime reliant la famille Trenchard aux Bellasis. Dans le but de protéger la réputation de leur fille Sophia et de leur famille, ses parents ont décidé de faire adopter l’enfant et de ne pas s’impliquer dans son existence. Le fameux enfant, maintenant adulte se nomme donc Charles Pope, et se trouve au cœur de toutes les convoitises au sein de Belgravia.

Le plus drôle est que ce pauvre Charles est complètement aveugle à tout ce qui se passe – ou presque – autour de lui. Il suscite bien des émotions, sans savoir pourquoi et sans trop chercher non plus. Sûrement absorbé par ses problèmes d’affaires, Charles existe à peine, ou dirons-nous ne prend vie qu’à travers la vision d’autrui, donnant ainsi le jour à un jeune homme gentil et bon et plus ou moins transparent.

Charles, peut-on en conclure, est avant tout une sorte de symbole pour Julian Fellowes. Il représente la division des classes sociales, mais aussi comment l’amour peut réunir. Il est l’alliance entre la vieille aristocratie et les nouveaux riches. Car au cœur de Belgravia se trouve naturellement l’éternel sujet de la guerre des classes sociales, que ce soit avec les familles riches ou auprès de leurs serviteurs.

Les six épisodes de Belgravia permettent de passer en revue quelques thématiques, comme les différents échelons qui existent à l’intérieur de chaque classe sociale, le rapport entre la famille et l’argent, la montée (ou chute) sociale, l’importance d’un héritier. Des thèmes chers à Julian Fellowes qui en offre ici un portrait certainement moins idéalisé que dans une œuvre comme Downton Abbey, mais malgré tout assez superficiel au point que l’on puisse se demander s’il y avait besoin de 6 épisodes.

Belgravia n’est pas dénué de charme, grâce entre autres à Anne Trenchard (Tamsin Greig) et Caroline, Countess of Brockenhurst (Harriet Walter), les deux femmes portant la série sur leurs épaules et la dotant d’une grâce et d’une dignité visible. Dans un registre bien différent, Susan Trenchard (Alice Eve), la femme d’Oliver, tire son épingle du jeu, faisant preuve d’intelligence pour tirer le meilleur parti d’une situation qui n’a pas pris ou ne prend pas le tournant escompté pour elle.

Cependant, cela n’est pas suffisant pour éclipsé qu’une fois tous les enjeux posés, on se retrouve rapidement à revisiter les mêmes situations sans que cela n’apporte de développements nouveaux ou une perspective inédite. Si tel ou tel serviteur est prêt à trahir son employeur pour de l’argent, le scénario ne va pas plus loin. La jalousie d’Oliver Trenchard envers Charles Pope est légitimement établie, mais il ne peut que ressasser le sujet face à un père qui se refuse à lui dire quoi que ce soit ou écouter un fils blessé. Lady Maria Grey a posé son regard sur Charles Pope, son amour est définitif et plus rien ne peut changer, qu’importe l’argent et les conventions. Le récit de Belgravia stagne plus que de raison avant que tout ne soit exposé, révélé et résolu.

Les six épisodes de Belgravia explorent la dynamique existant entre deux familles, entremêlés par la place des domestiques, liés par un vieux secret et son impact sur la vie des personnages. L’ensemble possède ses moments, et s’il est difficile d’avoir à redire lorsque Tamsin Greig et Harriet Walter, l’absence d’évolution des personnages donne forme à un récit stagnant en restant trop à la surface et nous entrainant inexorablement vers des représentations caricaturales des enjeux et motivations de chacun. Le petit monde de Belgravia ne fait dès lors pas beaucoup d’étincelles.

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