Defiance : Le Western Post-Invasion trop ambitieux de SyFy

16 Juil 2020 à 17:00

Defiance Serie SyFy

À l’ère du Peak TV, Critictoo se lance dans un challenge « 52 semaines, 52 séries » en proposant une fois par semaine un retour sur une série terminée.

Il y a un peu moins d’une décennie, SyFy annonçait que le créateur de Farscape, Rockne S. O’Bannon, développait une nouvelle série avec Kevin Murphy (Caprica) et Michael Taylor (Star Trek: Voyager) qui allait en plus être liée à un MMORPG. Que d’ambitions pour une chaine qui n’en manquait pas nécessairement, mais qui avait rarement les moyens d’en avoir autant.

Plus de deux ans plus tard, Defiance a vu le jour et son pilote était effectivement ambitieux, nous entrainant dans un futur proche où une guerre intergalactique a ravagé la Terre. Humains et extraterrestres se retrouvèrent à devoir cohabiter sur une planète terraformée où tout ou presque est à reconstruire.

Quand tout débute en 2046, un ancien militaire nommé Joshua Nolan (Grant Bowler) fait son entrée dans la ville de Defiance — anciennement Saint-Louis — avec sa fille adoptive Irisa (Stephanie Leonidas), une alien. Rapidement, Nolan se voit endosser le rôle de gardien de l’ordre alors qu’une attaque se prépare contre la ville et que les tentions entre humains et extraterrestres s’aggravent.

Defiance débordait alors de potentiel. Tout était introduit pour explorer une pléthore de métaphores grâce à son contexte post-guerre, ses multiples cultures aliens et humaines forcées de cohabiter, l’émergence d’une nouvelle génération devant vivre avec les erreurs de leurs ainés et toute une conjoncture politique compliquée.

La première saison montra cependant qu’avoir la matière n’est pas suffisant pour donner corps à une série substantielle. Avoir les idées est un bon départ, bien les exploiter est une tout autre affaire, en particulier quand la mise en place d’une mythologie vient court-circuiter tout le reste. C’est un problème qui persista à différents degrés tout du long des trois saisons qui composent cette série.

Malgré cela, Defiance va progressivement devenir un divertissement relativement solide dans son genre. Le statu quo dans la ville va évoluer, tout comme les personnages et les dangers qu’ils doivent affronter. Si les intrigues sont parfois développées de façon bancale, ce qu’il advient de Nolan, Irisa et des habitants de la ville s’impose naturellement comme étant ce qui compte réellement.

La force du show réside alors dans ses figures les plus complexes, comme Datak et Stahma Tarr (Tony Curran et Jaime Murray), un puissant couple d’extraterrestres contrôlant le crime et explorant la politique de la ville pour tirer des profits de tous les bords. Ils ne sont pas toujours ce qu’ils paraissent être, leurs origines et leurs faiblesses jouant dans les rapports de forces qu’ils entretiennent entre eux et avec les autres.

Nolan ne s’imposera pas comme étant un protagoniste très nuancé, mais se révèla tout de même être une tête d’affiche solide, en grande partie parce qu’il alimente l’esprit « western » du show en lui donnant un côté dépassé. Il a besoin de progresser — de confronter sa violence et ses préjugés — pour avoir sa place dans le futur qui se dessine devant lui, et son évolution est ce qui fait avancer plusieurs thématiques de la série.

Defiance avance en effet en cherchant à explorer comment une nouvelle société plus ouverte peut naitre des ruines ensanglantées d’une civilisation défaillante. C’était effectivement ambitieux et il fallut patienter jusqu’à la moitié de la série pour qu’un bon équilibre entre la mythologie et les thématiques soit trouvé, et que l’ensemble fonctionne réellement.

Arriver à ce niveau de l’histoire n’est pas pour autant une gageure. Dans ses débuts, Defiance parvient à poser des enjeux suffisamment accrocheurs pour s’avérer être engageante et elle intrigue avec sa mythologie d’une façon qui donne envie d’en savoir plus. Cela laissa le temps à Nolan, Irisa ou encore les Tarr de se montrer intéressants. La série évolua dans la bonne direction et elle a réussi à se réinventer pour nous livrer une véritable conclusion optimiste et satisfaisante.

Indéniablement imparfaite, Defiance n’est pas pour autant à placer dans la liste des séries de SyFy des années 2010 qu’il faut absolument éviter. Elle aurait pu être bien plus que ce qu’elle est devenue, mais elle reste une petite production de science-fiction honorable qui peut contenter les amateurs du genre.

Enfin, pour ce qui en est de l’aspect transmédia de la franchise, le jeu vidéo Defiance s’est avéré être plus populaire que son homologue télévisé (Defiance 2050 est toujours jouable sur certaines plateformes). Les deux ont existé en parallèle, mais la série n’a jamais donné l’impression qu’il était nécessaire de se tourner vers le jeu pour en avoir plus. L’expérience était intrigante sur papier, rien de plus.


L’intégralité de la série Defiance est actuellement disponible sur Amazon Prime Video.

Tags : SyFy Defiance moins...
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