Dix Pour Cent Saison 4 : Triste clap de fin (fin de série)

Dix Pour Cent Saison 4 - Dix Pour Cent Saison 4 : Triste clap de fin (fin de série)

Il n’y avait plus grand-chose à attendre de Dix Pour Cent après une saison 3 calamiteuse. Manque de rythme, enjeux narratifs improbables, situations rabâchées… la précédente fournée d’épisodes enchaînait avec perfection tous les stéréotypes de la comédie bas de gamme. La saison 4, qu’il faut considérer comme la dernière, n’élèvera pas le niveau pour partir en beauté. Sans pour autant creuser un peu plus la tombe d’une série qu’on déteste détester tant son capital sympathie est fort, rien dans ce qui se joue dans ces six épisodes finaux ne permet de partir sur une bonne note.

Mathias et Noémie partis vers de nouveaux horizons professionnels, ASK dans l’espoir de ne pas couler, Andréa en quête d’équilibre personnel… cette reprise enchaîne quasi directement avec la conclusion de la saison précédente et présente l’enjeu principal pour l’agence de manière très (très) appuyée : pour ne pas fermer boutique, ASK doit conserver le carnet  de talents de Mathias, parti avec pertes et fracas. Une situation périlleuse qui va forcer tous les agents à redoubler d’efforts et de tactiques douteuses pour sauver leur entreprise. Mathias, lui, devenu producteur, découvre de nouvelles difficultés à combiner son nouveau métier et les liens personnels qui l’unissent à ASK.

Il est facile d’imaginer que, pour gérer une vedette, il faut savoir s’arranger avec la réalité, brosser dans le sens du poil et jouer finement certaines négociations. Ce que les deux premières saisons réussissaient plutôt à illustrer avec élégance et un tant soit peu de finesse. Depuis le début de la saison 3 et dans celle-ci, tout n’est que coups bas, vilenie, chantage, mensonges grossiers, lâcheté. Ça commence très fort en ce sens avec le premier épisode, où Charlotte Gainsbourg n’a jamais été aussi mauvaise, il faut dire pas bien servie par une intrigue à base de combinaisons spatiales kitsch et de glissade sur… une peau de banane. Si si. Ces exemples sont pléthores (Sandrine Kiberlain à l’épisode 4, pour ne citer que lui) dans des épisodes où le gag lourdingue et le quiproquo moisi s’imposent faute de disposer d’idées subtiles pour décrire des relations parfois tendues et conflictuelles entre talents et agents. C’est même, paradoxe ultime, de l’épisode avec Franck Dubosc, chantre de la comédie beauf, qu’il faudra chercher la finesse sur la condition d’acteur. C’est aussi grâce à la folie douce d’un José Garcia que l’épisode 3 réussit à surnager pour éviter le naufrage total.

On ne croit plus aux personnages, étirés dans tous les sens quitte à contredire les qualités qui les définissaient à l’origine du programme. La pugnacité et l’ironie d’Andréa ? Noyées dans une sombre histoire de recherche de nounou. Le charisme et le cynisme de Mathias ? Dispersés façon puzzle par un boss encore plus cruel que lui et par une Noémie qui se révèle plus brillante dans ce nouveau milieu de la production. Le pompon ? Évidemment Gabriel, devenu fade et insipide depuis cette histoire avec Sofia, dont la romance va se dérouler sans aucun suspense, malgré quelques tentatives d’esquive. Aucun personnage ne réussit à susciter un quelconque intérêt, tous englués qu’ils sont leurs bassesses respectives.

Ce n’est pas l’arrivée d’une star mondiale qui changera la donne. Sans aucun doute écrit uniquement pour satisfaire les ventes à l’international de la série, on y voit une Sigourney Weaver s’arrêter chez Ladurée acheter des macarons, fantasmer sur Gaspard Ulliel et danser avec un serveur en nœud pap’ sur une version « danse avec les Stars » de… La Marseillaise. Dur. Entre ça et Emily In Paris, choisis ton cliché parisien camarade.

Dans ce marasme sans ambition qu’est devenue Dix Pour Cent, difficile d’offrir une belle sortie. Jean Reno, assez touchant malgré des dialogues lamentables, ne sera pas l’ultime sauveur d’une série qui s’est perdue de vue, avalée par son concept et qui tente de proposer des conclusions satisfaisantes sans y parvenir. Tentant des dénouements doux-amers pour ses personnages, avec une petite touche d’optimisme et blague méta (« tiens, si j’écrivais une série sur le milieu des agents – ah ah ») la série, toute en subtilité, n’oublie pas que pour signifier une fin, il faut une mort, un deuil, des larmes et des violons. Mais pas avec un personnage trop important, ce serait trop triste sinon.

La comédie populaire est devenue élitiste (c’était sans doute déjà le cas dans les précédentes saisons, mais encore plus flagrant ici : tous ces gens n’ont que des problèmes de riches) et il est bien difficile de dire à qui s’adresse la série. Il y avait pourtant matière à plus d’audace, plus d’inventivité, plus d’humour. À force de rire d’eux-mêmes, les acteurs et actrices ont fini par ne plus faire rire personne.

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