Falling Skies : Le désastreux monde post-apocalyptique alien de TNT

4 Sep 2020 à 18:00

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PeakTV - Falling Skies : Le désastreux monde post-apocalyptique alien de TNT À l’ère du Peak TV, Critictoo se lance dans un challenge “52 semaines, 52 séries” en proposant une fois par semaine un retour sur une série terminée.

L’invasion extra-terrestre a eu lieu et les humains se sont fait anéantir dans Falling Skies. C’est dans ce monde post-apocalyptique que Tom Mason (Noah Wyle), ancien professeur d’histoire, se bat pour sa famille et la liberté. Reconverti en combattant, il est au départ à la recherche d’un de ses fils alors qu’il tente d’assurer sa survie, celle de ses proches et de participer à la résistance contre l’envahisseur.

Diffusée entre juin 2011 et août 2015 sur la chaine américaine TNT (et en France sur OCS Max et TF6), Falling Skies marquait une sorte de réunion entre le créateur Robert Rodat, nommé aux Oscars pour le film Il faut sauver le soldat Ryan, et Steven Spielberg, à la production via Dreamworks Television. Ce joli pedigree associé à un pitch plein de potentiel vendu comme une nouvelle Guerre des Mondes pour la télévision attira inexorablement vers Falling Skies.

Se proposant alors de suivre les retombées d’une invasion Alien qui a tourné à la quasi-extinction de l’humanité avec un groupe de combattants qui se bat au quotidien pour reprendre la planète, cette série de science-fiction post-apocalyptique ne tiendra jamais ses promesses et sera un enchainement d’occasions manquées. Involontairement, Falling Skies pourrait être étudiée pour mieux mettre en valeur tout ce qu’il ne faut pas faire, ou presque, dans une série. Marquée par trois showrunners (Mark Verheiden, Remi Aubuchon et David Eick) pour cinq saisons, la tonalité de l’œuvre en sera affectée au point d’en devenir un bloc informe et ridicule. L’histoire ne cessait d’être réorientée dans la mauvaise direction, alimentée par des concepts de moins en moins inspirés au fil du temps.

Pourtant, Falling Skies reposait au départ sur une véritable notion d’espoir et c’est bien le seul élément qu’elle conservera d’un bout ou l’autre : l’idée que les choses peuvent s’améliorer pour l’espèce humaine, et pour nous téléspectateurs. Tom Mason est une sorte de héros de tous les jours, un père de famille qui utilise ses connaissances historiques (surtout sur les batailles) pour aider son groupe de résistants connu sous le nom de 2nd Mass à contrecarrer cet ennemi alien dont on sait peu de choses. Percer leur mystère pourrait bien être la clé de la victoire, et cela va prendre du temps.

Dès lors, on vogue entre une survie de tous les jours, une quête d’informations et un combat continu contre l’envahisseur. Le tout entremêlé de conflits humains, platitudes familiales et raccourcis scénaristiques pour toucher au but. Malgré tout, la série parvient au départ à offrir un divertissement honorable et délivre quelques idées inspirées pour tenir en haleine.

La série surprend même à l’occasion avec sa galerie de personnages plus ou moins attachants et maltraités. Contre toute attente, Hal Mason (Drew Roy), le fils ainé de la famille, se révèle moins transparent qu’escompté, mais souffrira comme beaucoup d’une écriture superficielle. Le benjamin de la famille, Ben, profite d’être lié à la mythologie de la série pour justifier sa place même si son interprète Connor Jessup, brillant dans la saison 2 d’American Crime, n’arrivera pas toujours à donner le change ici. Pour ne rien arranger, plus on avance, et plus il hérite d’un matériel douteux. Matt (Maxim Knight), le cadet, est souvent oubliable, mais gagne des galons au fil des saisons. Moins en sera dit sur Lexi (Scarlett Byrne), la dernière née au cours de la saison 3, mieux ce sera malgré son importance dans la mythologie de la série.

Au-delà de la famille Mason, Dan Weaver (Will Patton) dirige le 2nd Mass avec plus ou moins de compétence, encaissant les coups, tandis que le trouble-fête John Pope (Colin Cunningham) permet de briser la monotonie ambiante même s’il n’a pas toujours de bonnes raisons d’être là ou d’agir comme il le fait. Le plus gros gâchis d’acteur de Falling Skies est peut-être celui de Doug Jones, sous le costume d’un alien sincèrement sympathique, mais à peine exploité (et pourtant présent dans trois saisons).

Les personnages ne peuvent, quoi qu’ils arrivent, pas sauver le navire du naufrage et les faux pas scénaristiques vont s’accumuler. La seconde saison fera l’erreur classique de se focaliser sur un objectif bien précis — à savoir conduire le 2nd Mass à la ville de Charleston — en oubliant de rendre le parcours intéressant. La troisième peine à marquer un renouvellement, multiplie les détours scénaristiques et creuse à peine les nouvelles idées et thématiques introduites. Comme si les scénaristes se refusaient eux-mêmes à développer leur histoire. Les scènes d’actions ne sont plus suffisantes pour divertir et détourner l’attention des dérives narratives de la série qui se poursuivent naturellement dans la quatrième saison, où des tentatives de développements psychologiques et l’exploration de thématiques liées à la notion d’humanité et de famille ne mènent au final pas bien loin. Les personnages ont des idées, et parfois des plans fous, mais tout s’effondre le plus souvent au moment de l’exécution. C’est donc avec soulagement que la cinquième met un terme à ce combat, en nous délivrant une ultime bataille sans saveur et une conclusion navrante en triste accord avec ce qu’était l’œuvre et non ce qu’elle nous promettait.

La plus grande réussite de Falling Skies résidait ainsi dans sa capacité à pousser à revenir à chaque épisode. Elle appartient à ces séries médiocres, voire tout simplement mauvaises, qui possèdent ce petit quelque chose qui pousse à espérer que cela va s’améliorer, et elle parvient à le faire croire pendant plus longtemps qu’on veut bien l’admettre. C’est un don rare, il faut le reconnaitre, surtout lorsque la série ne faisait que chuter sur un plan qualitatif pour atteindre son plus bas niveau en saison 5.

Chaque nouveau showrunner, chaque petit sursaut, chaque idée alléchante laissaient croire que la série allait évoluer, en vain. Entre ses personnages volatiles qui se sortent toujours des situations les plus absurdes, ses aliens tellement inconsistants que l’on peut se demander ce qu’ils sont venus faire sur cette planète et cette incapacité des scénaristes à se fixer sur les thèmes qu’ils veulent explorer, la série est partie dans tous les sens sans jamais réussir à canaliser quoi que ce soit, de positif ou de négatif. Du gaspillage pur et simple.

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