Grey’s Anatomy Saison 17 : À bout de souffle

Greys Anatomy Saison 17 Partie 2 - Grey’s Anatomy Saison 17 : À bout de souffle

Lorsque nous avions quitté cette saison 17 de Grey’s Anatomy, elle tentait un périlleux exercice d’équilibriste. Elle évoquait à la fois l’impact du COVID-19 sur l’existence de nos personnages (avec notamment Meredith) et poursuivait des intrigues dans la ligne directe des précédentes saisons (le drama autour d’Owen et Teddy). La question, au bout de ces 17 épisodes, et donc de savoir si les scénaristes sont parvenus à maintenir cet équilibre.

En apparence, la série a poursuivi la même ambition narrative tout du long de cette saison. Les épisodes n’ont eu de cesse de proposer des intrigues sociales et nous avons ainsi vu les répercussions de la mort de George Floyd réveiller les consciences de certains personnages. Le show a également su traiter avec beaucoup de pudeur et d’émotion la peur qui habite les Afro-Américains lors d’une rencontre avec la police. Bien sûr, le COVID-19 a continué à occuper les intrigues, de l’émergence du vaccin aux ravages psychologiques en passant par les complotistes, le feuilleton s’est montré encore une fois brillant ici et là.

Dans le même temps, Grey’s Anatomy a insisté pour garder son ADN de soap dramatique avec des récits autour des dilemmes intimes d’une partie de nos personnages, notamment Amelia ou Jo. Mais, au fur et à mesure la série s’est empêtrée dans des storylines faisant du sur-place ou, au contraire, avançant bien trop vite.

Ainsi, Meredith fut coincée sur cette plage aux morts plus longtemps que nécessaire. Si dans un premier temps le fait de revoir quelques personnages disparus a pu déclencher une certaine nostalgie, le procédé scénaristique a rapidement montré ses limites. Au final, ce sont des morts qui ne pouvaient pas faire grand-chose d’autre que balancer quelques phrases bateaux à notre héroïne afin qu’elle mesure combien être en vie est une chance. Sympathique, mais un tantinet simplet. Paradoxalement, le réveil de notre protagoniste s’accompagne d’une accélération brutale de la temporalité. En 2 épisodes, la série fait défiler les mois et rend le processus de reprise d’une vie normale un brin trop abrupte. On peine dès lors à se rendre compte de la difficulté qu’a Meredith à être celle qu’elle fut autrefois.

En parallèle, on a continué à suivre des romances peu intéressantes. Que cela soit le couple Maggie et Winston, dont le mariage est sans réel effet sur le spectateur ou la nouvelle rocambolesque réconciliation entre Owen et Teddy qui a de quoi hérisser quelques poils. Si Amelia et Link sont longtemps apparus comme une véritable bouffée d’oxygène au sein de cette saison 17, la showrunneuse Krista Vernoff a préféré faire exploser en plein vol la lente rédemption d’Amelia. On a également eu quelques zones de secousse chez Levi et Nico, mais là encore, les deux personnages n’ayant que peu de temps d’antenne, il est assez compliqué de se sentir impliqué.

Mais il n’y a pas eu que de l’amour dans cette saison — fort heureusement. On a assisté au départ de plusieurs membres du casting, de la mort de DeLuca à l’envie de nouveaux horizons de Jackson (et Koracick). Des évènements qui ont apporté leur lot d’émotions, avec plus ou moins de réussite. Les scénaristes ont également tenu à souligner un peu plus leur ambition de faire de Jo la future Meredith, sans parvenir à convaincre un seul instant, la faute à une écriture trop peu subtile.

Alors tout cela mène à un fait, l’équilibre n’a pas tenu et la série a tout simplement renoué avec ses pires instincts. Le fait est là, Krista Vernoff ne semble plus savoir quoi faire de ses personnages. Elle continue à user certaines intrigues, notamment avec Amelia qui fait un sur-place lassant, et ne parvient jamais à imposer de nouveaux personnages. Depuis quelques saisons, des Hayes, Link ou encore Taryn sont venus renforcer le casting, mais ils restent tous assignés à un rôle bien trop restreint qui empêche de créer de l’attachement. Or, justement, la série a besoin de cela, et si Levi a du potentiel, il est peut-être temps de donner à Jake Borelli plus de matière et de présence à l’écran pour cela.

En d’autres termes, si Grey’s Anatomy a su se montrer intelligente, émouvante et politique face à la pandémie mondiale, tout ce qui la ramène a ses racines de soap médical n’ont pas réellement brillé. Ce que cette saison 17 montre c’est que les années commencent sérieusement à se faire sentir et qu’il est peut-être temps pour elle de fermer les portes du Grey Sloan Memorial Hospital.

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