High Fidelity Saison 1 : Playlist idéale pour rupture sentimentale

3 Mar 2020 à 16:00

High Fidelity Saison 1

1995. L’anglais Nick Hornby publie Haute Fidélité. 2000. le cinéaste Stephen Frears, encore un anglais, en tire un film avec John Cusack. 2006. Le dramaturge américain David Lindsay-Abaire, métamorphose l’œuvre en une comédie musicale à Broadway. 2020. Après avoir accaparé tant de formats, l’inévitable se produit, Veronica West et Sarah Kucserka s’emparent de High Fidelity pour en extirper une série ou Rob délaisse le masculin pour le féminin.

Comme dans le roman, tout débute lorsque Rob (Zoe Kravitz), propriétaire d’un magasin de disques à Brooklyn, se fait larguer. Un évènement qui la pousse à dresser le TOP 5 de ces plus mémorables ruptures et l’entraine dans une quête afin de cerner les erreurs de ses relations passées.

Tout le nœud narratif de cette première saison de High Fidelity s’articule autour des séparations et de l’introspection qui en découle pour Rob. Dans un souci d’immersion du spectateur, la série reprend une astuce scénaristique du film de Frears, et brise de quatrième mur. Dès l’introduction, Rob s’adresse directement à nous et, par ce biais, nous entraine dans cet univers qui parvient a réanimer la plume ciselée de Nick Hornby. Les déboires sentimentaux de notre héroïne sont peuplés d’autodérision et de mélancolie. Au travers de ces échanges avec nous, elle ne ment jamais – contrairement à une certaine Fleabag. Elle s’expose avec ses erreurs, ses contradictions, sa culpabilité. Tout cela dessine un personnage universel qui touche et dans lequel on parvient a se raccrocher.

Plus qu’une simple adaptation, High Fidelity est relecture moderne du livre. Veronica West et Saraj Kucserka apportent un point de vue évidemment féminin à l’œuvre de base. Là où le Rob masculin évoquait souvent l’aspect érotique de ses relations, la Rob féminine souligne davantage les liens affectifs qu’elle a pu tisser. Dans ce prolongement, la série vient flouter l’orientation sexuelle de son héroïne, car, dans la nomenclature de ses relations, une femme – Kat Monroe (Ivanna Sakhno) – et le show n’en font ni un sujet ni une simple expérimentation. Quant à ses collègues de boulot, Cherise (Da’vine Joy Randolph), une Afro-Américaine flamboyante, et Simon (David H. Holmes), ex de Rob qui au cours de la relation a découvert son homosexualité.

Tout cela donne le jour à une série en prise avec son époque et qui déroule un récit ou s’entrechoquent début et fin. L’ensemble des personnages se trouve à des carrefours de leurs vies et doivent décider de clôturer certains chapitres pour en ouvrir d’autres. Rob, au travers de ses relations passées, tente d’en faire éclore une nouvelle, Simon, qui a le droit à un centric-episode, cherche à se détacher d’une relation qu’il sait toxique. Cherise est habitée par une envie de musique tout en se retrouvant paralysée par ce changement de vie majeur. Face à ces ambitions et déboires, on s’attache progressivement à cette petite bande et on finit par intégrer le groupe.

Comme l’œuvre originale, la série est une véritable anthologie musicale. Dans High Fidelity, on parle musique, on débat musique et surtout on écoute de la musique, et de la bonne. Bowie, souvent, Prince, Paul McCartney avec ses copains des Wings, Marvin Gaye ou Beastie Boys, mais aussi Stevie Wonder, Nina Simone, forcément, Frank Ocean ou encore plus étonnant le frenchy Lescop. Luxe suprême, Debbie Harry, la blonde de Blondie, vient même faire coucou et se déhancher sur Heart of Glass, tout comme Jack Antonoff, l’homme derrière le sublime Norman Fucking Rockwell de Lana Del Rey.

En bref, High Fidelity est d’une part une adaptation réussie qui appréhende l’ADN de l’œuvre de Nick Hornby tout en modernisant les tenants et aboutissants du récit. D’autre part, c’est tout simplement une bonne série qui creuse un sillon maintes fois emprunté par Insecure, Master of None ou même Fleabag, avec vivacité et mélancolie.

Spoiler Alert!
Veuillez suivre les règles suivantes concernant les spoilers dans les commentaires :
1. Sur la critique d'un épisode, ce qui concerne les épisodes à venir est considéré comme étant spoiler (idem pour ce qui concerne les saisons).
2. Vous avez le droit de mettre des spoilers dans vos commentaires, mais le contenu sensible doit être placé entre les balises <spoiler>....</spoiler> afin de protéger les autres lecteurs.
Critictoo Newsletter
Inscrivez-vous à la newsletter Critictoo pour ne plus rien manquer de l'actualité du site, des séries et plus.
©2006-2020 Critictoo, le webzine des séries TV - powered by Wordpress. Critictoo.com participe au Programme Partenaires d'Amazon EU, un programme d'affiliation conçu pour permettre à des sites de percevoir une rémunération grâce à la création de liens vers Amazon.fr.
Nos partenaires : DVD Series | Amazon | Tous nos partenaires

Critictoo dans ta boite mail !

Recevez notre Newsletter hebdomadaire pour suivre l'actualité, découvrir des séries et ne rien manquer tout simplement.
Inscris-toi !
close-link