Séries Jeune et Golri Saison 1 : Que vaut la nouvelle comédie d’OCS ?

Jeune et Golri Saison 1 : Que vaut la nouvelle comédie d’OCS ?

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Jeune et Golri Saison 1 - Jeune et Golri Saison 1 : Que vaut la nouvelle comédie d’OCS ?

L’autofiction a depuis longtemps conquérir les petits écrans outre-Atlantique avec des Jerry Seinfeld, Louis C. K. ou plus récemment des voix telles que Issa Rae ou Donald Glover. Mais ce genre a encore du mal à trouver sa place chez nous, à l’exception d’Eric Judor qui s’est brillamment emparé du registre avec son Platane. Maintenant, on pourra ajouter à cette — courte — liste la nouvelle création d’OCS Max : Jeune et Golri.

Auréolée du prix de la meilleure série française lors du dernier festival SeriesMania, cette comédie écrite et interprétée par Agnès Hurstel voit l’humoriste se glisser dans la peau d’un alter ego : Prune. Suite à un pari, cette jeune comédienne de stand-up va tomber amoureuse d’un quarantenaire, Francis. Sauf que ce dernier à une double vie, puisque derrière l’amant se cache le père d’une petite fille : Alma.

Jouant avec nos attentes, Jeune et Golri va ainsi débuter avec des airs de rom-com avant de pleinement se déployer dans le genre du buddy movie. Si l’histoire d’amour entre Prune et Francis occupe une place certaine dans la narration, c’est bien la relation entre Prune et Alma qui va peu à peu devenir le cœur comique et émotionnel de l’œuvre.

Avant toute autre chose, cette création OCS est une pure comédie. Agnès Hurstel n’hésite par à pétrir des personnages digne d’une sitcom, comme le frère de l’héroïne, Ernest, qui est résolu à devenir gendarme et passe ses journées en tenues de camouflage à organiser des planques dans le jardin parental. Mais aussi à travers ce verbe d’une grande modernité qui, comme dans un stand-up, cherche toujours le bon mot, le bon rythme, le bon gag. On va ainsi vraiment rire à gorge déployée lorsque Prune se retrouve à devoir garder Alma pour un weekend ou lorsque notre personnage central prend la scène pour dérouler des sketchs désopilants.

Cependant, peu à peu, Jeune et Golri va se faire plus touchantes en montrant une autre facette d’elle. Sorte de série coming of age où Prune va, au contact d’Alma, murir et prendre conscience qu’elle a désormais des obligations liées à l’âge adulte. C’est follement émouvant de voir cette adulescente sceptique face à cette petite tomber amoureuse d’elle et réaliser qu’elle fait maintenant partie de sa vie au point de remettre en cause sa passion. Pour autant, Agnès Hurstel ne tient pas tellement à embrasser les schémas imposés, mais plutôt à faire sa propre tambouille. Elle n’est pas belle-mère, elle est une belle-mère, atypique, unique, singulière.

Ainsi, la saison 1 de Jeune et Golri est assez géniale. Entre personnages sitcomesques et punchlines ravageuses Agnès Hurstel joue avec impertinence sur les angoisses de l’âge adulte et l’émergement de ses schémas pour tenter de s’y frayer un chemin étroit, mais totalement sien.