Séries Le Mystère Enfield sur Salto : Une maison hantée à visiter

Le Mystère Enfield sur Salto : Une maison hantée à visiter

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Le mystere Enfield Salto - Le Mystère Enfield sur Salto : Une maison hantée à visiter

Le mois d’octobre est placé sous le signe de l’horreur, et Salto veut procurer quelques frissons en mettant en ligne la mini-série britannique datant de 2015, Le Mystère Enfield (de son titre original The Enfield Haunting).

Loin de la maison de campagne ou du manoir, des lieux où l’on rencontre le plus souvent les phénomènes surnaturels sur le petit et grand écran, Le Mystère Enfield prend place dans une maison de quartier à Londres. L’histoire nous ramène dans les années 1970 auprès d’une famille qui va voir son existence être perturbée par un poltergeist. Le tout se base très librement sur une histoire vraie ayant également inspirée The Conjuring 2, d’après le livre de Guy Lyon Playfair, qui est lui-même un personnage dans ces trois épisodes qui composent cette série anglaise. Le Mystère Enfield prendra bien entendu ses distances avec la réalité, le scénario de Joshua St Johnston utilisant les circonstances peu ordinaires pour développer une réflexion autour de la séparation et du deuil.

Chercheur débutant dans le paranormal, Maurice Grosse enquête donc sur la présence d’un poltergeist chez la famille Hodgson et il ne tarde pas à être rejoint par Guy Lyon Playfair, investigateur expérimenté de nature plus sceptique. Il faudra d’abord s’assurer que les enfants, surtout Janet qui est la plus touchée par ce qui se passe, disent bien la vérité avant de trouver un moyen pour s’en débarrasser.

Le Mystère Enfield ne cherche cependant pas à laisser planer le doute. Si le récit se frotte aux comportements des enfants en recherche d’attention, souvent explicité par l’absence du père dû à la séparation des parents, il embrasse majoritairement sa composante surnaturelle. Il est alors avant tout question de consolider ce point de vue à travers une reconstitution de l’époque et une réalisation maitrisée pour crédibiliser l’histoire. Kristoffer Nyholm, réalisateur de Forbrydelsen, s’adapte très bien aux contraintes narratives, sachant exactement où poser sa caméra pour faire monter la tension.

Cela ne compense pas toujours pour quelques situations qui virent un peu trop au répétitif ou au cliché. Malgré ces étirements dans le récit, celui-ci possède d’un bout à l’autre une ambiance plus que travaillée et des interprétations convaincantes. Si on se laisse prendre au jeu, Le Mystère Enfield parvient la plupart du temps à tirer, justement, son épingle du jeu et délivrer quelques frissons.

L’ensemble repose avant tout sur les épaules de Timothy Spall et de la jeune Eleanor Worthington Cox, la relation entre Maurice et la jeune Janet se trouvant au cœur de l’histoire. Il est question pour l’un comme pour l’autre de parvenir à tourner une page de leur existence, le premier en deuil de sa fille et la seconde devant accepter le divorce de ses parents. Si tout laisse à croire que le rapprochement est alors dû au besoin de retrouver dans l’autre quelque chose que l’on a perdu, leur relation sera suffisamment creusée pour dépasser les premiers constats de base et participer à les faire évoluer. Le poltergeist ne sert pas qu’à terroriser, il est utilisé pour mieux comprendre ce qui tourmente les personnages. Guy Lyon Playfair (Matthew Macfadyen) passe quant à lui de sceptique à concerné avec un certain naturel, et une pointe d’opportunisme qui vient complexifier le portrait. Bien que très sous-employée, Juliet Stevenson délivre aussi une belle prestation dans la peau de l’épouse brisée de Maurice.

Avec ses trois épisodes, Le Mystère Enfield délivre un récit qui donne du poids à ses éléments surnaturels en se reposant avant tout sur la manière dont ils affectent ceux qui les vivent. Techniquement réussi, parfaitement interprété et avec une dose de frissons, l’ensemble se révèle efficace.