Lovecraft Country Saison 1 : Un voyage mouvementé dans une Amérique pas si magique que ça

26 Oct 2020 à 12:00

Lovecraft Country Saison 1 - Lovecraft Country Saison 1 : Un voyage mouvementé dans une Amérique pas si magique que ça

HBO n’a pas attendu le traditionnel mois d’octobre pour nous plonger dans un monde horrifique avec Lovecraft Country, une adaptation du roman éponyme de Matt Ruff développée en série par Misha Green (Underground).

Tout commence avec Atticus Freeman (Jonathan Majors) qui, accompagné par son amie Letitia (Jurnee Smollett) et son oncle George (Courtney B. Vance), se lance dans un voyage au cœur de l’Amérique ségrégationniste des années 1950 pour retrouver de son père disparu, Montrose (Michael K.Williams).

Cette première aventure suit de très près la première racontée dans le livre original. Ce dernier est d’ailleurs parfaitement construit pour être adapté en série. Il se compose de plusieurs courtes histoires mettant en scène la famille d’Atticus et leurs amis alors qui vivent des tribulations alternant entre horreur et science-fiction. Chaque partie se centre sur un protagoniste différent, le tout culminant en un ultime chapitre réunissant tout le monde pour offrir une conclusion commune.

À en croire les deux épisodes d’ouverture de cette première saison de Lovecraft Country, l’adaptation s’écrivait vraiment toute seule. Néanmoins, Misha Green avait des ambitions qui l’ont progressivement éloignée du matériel de base. Le souci est que cela va aussi lui faire perdre le fil de son récit.

Après quelques épisodes, il est difficile de savoir où la série doit nous emmener et quel point elle tente de faire. Il est de moins en moins évident de rester investi dans les personnages à cause d’une narration qui s’éparpille. Le découpage des histoires empêche clairement de maintenir l’équilibre scénaristique recherché entre les différents points de vue.

L’idée de Misha Green était visiblement de faire d’Atticus et Letitia le cœur de l’intrigue, mais la scénariste se montre progressivement plus motivée par son exploration des challenges identitaires que rencontrent Ruby (Wunmi Mosaku), la demi-sœur de Letitia, Hippolyta (Aunjanue Ellis) et Montrose, la tante et le père d’Atticus. Trois personnages qui brillent en grande partie grâce aux excellents acteurs qui les interprètent.

Lovecraft Country se présente comme étant un show qui emploie les classiques de l’horreur pour amplifier l’expérience des Afro-Américains dans l’Amérique des années 50. Néanmoins, de l’horreur il ne reste rapidement que des concepts réduits à l’état d’accessoires, tandis que la thématique devient confuse. L’équipe créative a voulu en dire beaucoup, cherchant visiblement par moment à surtout créer un pont avec l’Amérique contemporaine, mais les angles choisis sont souvent trop larges pour que tout cela soit efficacement mené d’un bout à l’autre. Un problème qui devient incontournable quand nous nous retrouvons en Corée — le temps d’un épisode entier — pour simplement répondre à un mystère presque anecdotique du passé d’Atticus. Le dépaysement ajoute plus de confusion qu’autre chose et celle-ci ne se dissipa pas par la suite, en particulier quand certaines storylines finissent par aboutir sur des vengeances dont la violence excessive tend à annuler le point qui tentait d’être fait.

Il y a de l’ambition et certains épisodes fonctionnent bien par eux-mêmes, mais ils peinent à s’inscrire dans un ensemble cohérent. Le potentiel est pourtant là, bien visible à la surface, mais on ne fait bien souvent que l’effleurer. Chaque personnage se fait écho d’un message différent qui, individuellement, peut sonner juste, mais ils tendent à s’annuler les uns les autres trop régulièrement pour que l’on puisse bien les entendre. Quand vient la conclusion, stéréotypes et intentions se confondent d’une manière qui laisse toujours plus perplexe sur la vision de Misha Green.

Dans son ensemble, Lovecraft Country possède les qualités que l’on s’attend à retrouver dans une série HBO. C’est une magnifique reconstitution historique avec des décors, des costumes et des effets visuels splendides qui mettent en valeur un casting solide. Par contre, la scénarisation n’atteint pas les mêmes sommets et cette saison propose alors un voyage des plus irréguliers qui contient quelques moments fort, mais pas assez pour compenser les trop nombreuses errances et une vision artistique imprécise, entre exploitation de l’histoire, fantasmes violents et morale confondante.

Enfin, signalons pour ceux qui espèrent trouver là une série d’horreur lovecraftienne, il est préférable de passer votre chemin. Le titre est trompeur à ce sujet.


Le première saison de Lovecraft Country est à découvrir en France sur OCS.

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