Ovni(s) Saison 1 : La vérité est hexagonale ?

Ovnis Saison 1 - Ovni(s) Saison 1 : La vérité est hexagonale ?

Saviez-vous que Steven Spielberg a eu l’idée de E.T. après s’être rendu au GEPAN (Groupe d’études et d’information sur les phénomènes aérospatiaux non identifiés) ? Non ? Rien de plus normal, cette anecdote qui sert de point de départ à l’épisode 10 de la première saison d’Ovni(s), la dernière production Canal +, n’est que pure invention. Elle témoigne néanmoins de cette audace presque insolente dont font preuve Clémence Dargent et Martin Douaire, les créateurs de ce Rencontres du Troisieme Type cartoonesque.

La série s’ouvre en 1978, Didier Mathure (Melvil Poupaud), ingénieur en aérospatiale, voit sa fusée — et sa carrière — se crasher. Sa hiérarchie le mute alors à la tête du GEPAN afin de ramener un peu de pragmatisme et de science au sein d’une équipe un brin illuminée qui fonce toujours vers l’explication la plus irrationnelle. Mais rapidement, cette personnalité cartésienne va voir ses propres croyances mises à rude épreuve.

Le synopsis pourrait faire penser à une déclinaison de The X-Files à la française, et cela ne serait pas totalement faux. En effet, la série nous présente un personnage principal en ersatz de Dana Scully qui vient remettre de l’ordre dans un service dont on toute sérieusement de l’utilité, et des collègues semblant tous être des rejetons de Mulder. Comme son homologue américain, Ovni(s) déploie une mythologie extraterrestre et donne à voir une intrigue fil rouge se mélanger aux « cas du jour » ou inversement. Néanmoins, la série n’emprunte jamais la noirceur paranoïaque de son ainée et lui préfère une tonalité plus proche de la comédie.

Ovni(s) se présente à mi-chemin entre la comédie de bureau à la The Office et la cartoonesquerie d’un Franquin. Les scénaristes donnent à voir une série parvenant parfaitement à faire le lien entre l’humour franco-belge des années 60/70 avec des BD comme dont Gaston Lagaffe ; mais aussi des films comme l’Homme de Rio de Philippe de Broca pour l’aspect aventure. De cette apparition de Steven Spielberg en chair et en os à la boule disco paumée par Jean Michel Jarre, les épisodes convoquent également, ici et là, une absurdité british dans la lignée d’un Terry Gilliam notamment.

Entièrement réalisé par Anthony Cordier, Ovni(s) bénéficie d’un écrin élégant — et d’une splendide bande originale de Thylacine qui ne cesse de brasser des morceaux de cinéma. Sans grand étonnement, on pense à du Spielberg, et donc pour certain à du Stranger Things, mais la mise en scène s’amuse aussi avec La Mort aux Trousses de Hitchcock ou encore certains films de James Cameron. Cette oscillation permanente de l’équipe créative entre l’hommage et le pastiche fait penser à OSS117 ou la série d’Arte — par le scénariste des OSS — Au Service de la France.

De Didier Mathure (Melvil Poupaud impeccable), dont la gaucherie parentale est d’une hilarité sans borne à Véra, secrétaire naïvement brillante (Daphné Patakia lumineuse) ; Ovni(s) donne à voir des personnalités tantôt extravagantes, tantôt humaines. Comme avec Lost, les scénaristes comprennent qu’un mystère, aussi palpitant soit-il, a besoin d’être incarné par des protagonistes rameutant nos émotions. Ainsi, les épisodes vont peu à peu épaissir cette bande qui se fait riche des évolutions, des frictions et des liens. C’est là peut-être le plus beau boulot des scénaristes du show, parvenir a créer des personnages sur le fil, à la fois semblant tout droit sorti d’une quelconque BD et pourtant étonnamment tangible, palpable et réel.

En bref, dans Ovni(s) la qualité n’est pas ailleurs. Jonglant entre hommage et pastiche, sans en être prisonniers, les scénaristes signent une première saison solide, aussi fantasque qu’enlevée qui vient enrichir avec panache la production hexagonale.

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