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Pennyworth Saison 2 : C’est la guerre civile ! (sur Amazon)

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Alfred Pennyworth rêve de s’envoler pour l’Amérique et on peut le comprendre. Après tout, l’Angleterre est ravagée par une guerre civile dans la saison 2 de Pennyworth (dès à présent disponible sur Amazon Prime Video). Ainsi, nous avons Lord Harwood (Jason Flemyng) à la tête d’un mouvement néo-fasciste qui menace de prendre le contrôle du pays, tandis que le nord de Londres forme une des rares poches de résistances encore debout. De son côté, Alfie se trouve dans le West End, zone neutre de la ville, où il est maintenant à la tête de The Delaney, un club de Soho où tout le monde est bienvenu, qu’importe ses convictions.

Un an s’est donc écoulé depuis la fin de la première saison de Pennyworth, et l’équipe créative toujours menée par Bruno Heller pose rapidement le décor et les enjeux pour mieux stagner. L’envie d’Alfred de s’échapper en compagnie de ses amis Deon “Bazza” Bashford (Hainsley Lloyd Bennett) et Wallace “Daveboy” MacDougal (Ryan Fletcher), avant que Londres et le pays ne soient entièrement en feu s’explique aisément. Tout est néanmoins fait pour être sûr que cela ne va pas se produire, et les obstacles vont se multiplier pour le futur majordome de Bruce Wayne.

Par conséquent, entre coups durs, tragédie et mauvaises décisions, Alfie se retrouve souvent dans une impasse, et il n’est pas le seul. Après tout, cette saison 2 de Pennyworth nous plonge dans une guerre civile, une guerre d’usure où tout le monde — ou presque — est pris au piège d’une situation sans issue. Chaque personnage tente de se forger un chemin en plein milieu d’une guerre qui les bloque et les empêche de s’extirper, de laisser derrière eux un passé encombrant, des erreurs tragiques. La violence est bien présente, éloignant encore plus Alfie de la vie calme et rangée à laquelle il aspirait tant en saison 1.

Alfie devient donc son pire ennemi, encore plus lorsqu’il est question de sa vie privée. Si encore cela venait aider à étoffer le personnage, mais cela n’est en vérité qu’une simple distraction et la vie sentimentale d’Alfred est simplement ennuyeuse. Pire est le fait qu’il est plus souvent forcé qu’autre chose à agir, que ce soit par Thomas Wayne, Martha Kane ou pour réunir l’argent dont il a besoin. Heureusement qu’Alfie a sa mère, Mrs. P. étant la voie de la raison et apporte aussi une véritable touche d’émotion, car il faut attendre les trois derniers épisodes, et surtout le huitième, pour avoir le droit à l’introspection nécessaire pour qu’Alfie reconnecte avec ses convictions et reprenne un minimum le contrôle.

Naturellement, ce contexte de guerre civile est parfait pour exploiter le penchant prononcé de la série pour ses personnages/vilains grandiloquents, à commencer par l’instable Bet Sykes qui connait une sympathique évolution sans trahir l’esprit du personnage. Mais, c’est sans aucun doute auprès de John Salt, colonel au sein de la Raven Union rongée par l’ambition, le pouvoir et la destruction que la série trouve sa figure du Mal dénué de toutes formes de subtilité, et pourtant loin d’être aussi convaincant que voulu. De sa montée au pouvoir à ses objectifs explosifs, les scénaristes agacent plus qu’ils inquiètent réellement sur le sujet par un traitement narratif trop évident et peu affuté, même dans cet univers décalé et souvent excessif.

Face à Harwood ou Salt se trouvent naturellement Thomas Wayne (Ben Aldridge) et Martha Kane (Emma Paetz) qui tentent de jongler entre les ordres, leurs idéaux et leurs sentiments, avec plus ou moins d’efficacité. Martha reste impulsive, mais aussi têtue et déterminée, là où Thomas se veut peut-être plus distant, prudent et surtout analytique. L’alchimie entre les deux personnages parvient ainsi à donner corps à une relation agitée, mais crédible, malgré des redondances dans leurs rapports. Thomas Wayne est aussi l’un des rares à réussir à donner aux enjeux un peu de consistances.

Continuant donc sur la lancée de la précédente saison, Pennyworth n’est pas le genre de séries qui va briller par sa subtilité, misant avant tout sur le divertissement plus rentre-dedans pour faire son point. Après un début de saison qui traine quelque peu des pattes, à vouloir faire son point sur Alfie et ses envies d’Amérique, son mélange espionnage, traumatismes de guerre et quête de liberté au cœur du chaos et du sombre quotidien apporte quelques bons moments, aidant cette saison 2 a prendre forme et délivrer ainsi le divertissement qu’elle promet.

Une saison 3 pour Pennyworth? Pour le moment, rien de certain, l’avenir de la série n’a pas encore été annoncé.

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