Person of Interest Saison 4 nous plonge dans une surprenante guerre des Machines

Person of Interest Saison 4 1 - Person of Interest Saison 4 nous plonge dans une surprenante guerre des Machines

S’il y a maintenant des séries tout au long de l’année, nous avons décidé chez Critictoo de profiter de la période estivale pour dépoussiérer et actualiser des archives. Pour l’occasion, nous avons décidé d’offrir une rétrospective (par saison) de la série Person of Interest.


La guerre des intelligences artificielles est déclarée dans Person of Interest. À droite, nous trouvons Samaritan et son armée. À gauche, la Machine et son équipe composée de Reese (Jim Caviezel), Finch (Michael Emerson), Root (Amy Acker) et Shaw (Sarah Shahi). Un classique David contre Goliath qui a comme finalité l’avenir de l’humanité — littéralement.

Plus que jamais durant cette saison 4, Person of Interest spécule sur la dérive de la surveillance constante des citoyens (pour leur propre bien) en poussant sa métaphore au niveau où le gouvernement perd le contrôle au profit d’une entreprise privée.

Si ce n’était déjà pas assez effrayant, l’équipe scénaristique y mélange notre rapport à la technologie et ce besoin de croyance en quelque chose de supérieur jusqu’à y voir un nouveau Dieu. Après sa conception, sa mise en ligne au service du gouvernement et sa libération, elle se retrouve à devoir faire face à Samaritain qui la poussera dans ses retranchements. S’opposent alors deux visions bien distinctes dans le traitement de l’intelligence artificielle. Harold voit un ordinateur dans sa création à qui il a dû apprendre à faire des distinctions pour l’aider à développer un code moral. À l’opposé, Greer (John Nolan) considère que c’est à Samaritain de prendre des décisions et qu’il est simplement à son service. La guerre de machines émerge, car dans cet univers, il ne peut y avoir qu’un Dieu.

Chaque saison de Person of Interest étoffe ainsi les propos sous-entendus ou déjà abordés par le passé pour les aider à devenir plus proéminents et pousser encore plus loin la réflexion. La série le fait tout en conservant sa structure traditionnelle qui, après l’épique saison 3, démontre ses limites au sein de ce bloc d’épisodes. Que ce soit dans la façon dont l’intrigue Samaritan est structurée ou la façon avec laquelle Elias (Enrico Colantoni) est régulièrement impliqué, il est difficile de ne pas reconnaitre un schéma narratif bien rodé. Même si les épisodes individuels offrent majoritairement ce que l’on peut en attendre, ils le font de plus en plus souvent d’une manière qui semble mécanique. Person of Interest n’est pas noyée dans la routine, mais sa narration perd en spontanéité.

Bien entendu, la série conserve sa structure traditionnelle malgré tout. Les clients de la semaine s’enchainent, tandis qu’une trame plus large se développe en toile de fond, revenant ponctuellement sur les devants pour faire monter les enjeux. Ceux-ci deviendront d’ailleurs très personnels à mi-chemin à l’aide d’une sorte de trilogie qui force une mise en perspective questionnant le bien de l’individu sur celui de la masse. Forcément, jamais aucune réponse n’est livrée simplement, mais cela donne du suspense, de l’action et tout ce qui se doit de composer le type de divertissement auquel la série nous a habitués.

Qui plus est, Person of Interest est le genre de série qui ne laisse rien au hasard et dont la conclusion d’une intrigue nous conduit souvent à une autre, les choix que l’on fait ayant des répercussions et des conséquences, que cela soit lié ou non à la Machine. Elle ne délaisse pas son univers criminel New Yorkais avec The Brotherhood, la nouvelle organisation dirigé par un certain Dominic (Winston Duke), née des actions d’Elias. C’est en quelque sorte une guerre générationnelle, une thématique qui s’inscrit parfaitement dans le développement de Person of Interest, ce que l’on construit ou bâtit pouvant redéfinir le futur ou devenir un obstacle pour d’autres. D’une certaine manière, le groupe représente une évolution des codes et des valeurs de la société, celle dans laquelle Samaritain peut trouver sa place et grandir, où tous les coups sont permis et dénué d’une forme de respect maintenant la co-existence de groupes antagonistes pour le bien de tous.

Les personnages continuent donc de s’imposer comme les éléments les plus importants de la série et certains suivent des évolutions particulièrement intéressantes. Ainsi, depuis que John a laissé Jessica derrière lui, il ne progressait plus, n’existant par moment que pour délivrer de l’action. Sa relation avec Finch restait au cœur du show, mais le voir chercher à travailler sur ses problèmes personnels lui redonne un intérêt certain. De même, suivre Root qui doute de son Dieu ou Harold qui fait face au conflit moral que sa création pose permet le développement de réflexions pertinentes qui sont impeccablement menées du début à la fin de la saison.

Avec sa saison 4, Person of Interest accomplit donc beaucoup de choses intéressantes. Elle ne le fait pas forcément toujours de la meilleure façon qui soit et, si on ne peut qu’apprécier la pertinence du fond, c’est dans la forme qu’elle montre par moment des signes de fatigue. Aussi enthousiasmants que les rebondissements puissent être, ils sont livrés en suivant un timing de plus en plus rigide. Cette saison 4 montre avant tout un léger manque de spontanéité qui n’enlève rien à cette guerre des machines, aussi divertissante qu’intelligente et efficace et qui pose tous les éléments pour nous conduire vers sa mémorable dernière saison.

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