Reprisal Saison 1 : Une histoire de vengeance stylisée, mais peu consistante

8 Jan 2020 à 12:00

Reprisal Saison 1 Hulu - Reprisal Saison 1 : Une histoire de vengeance stylisée, mais peu consistante

Après Jett proposée il y a quelques mois sur Cinemax, c’est au tour de Hulu de nous introduire avec Reprisal à sa femme fatale en quête de vengeance prise dans une dynamique complexe entre criminels de tous genres.

Créée par Josh Corbin (StartUp), Reprisal se démarque néanmoins par son style atypique. Décrite comme étant un thriller « hyper-noir », elle mélange donc quelques éléments du genre néo-noir avec d’autres qui sont difficiles à définir au premier abord.

L’intrigue débute avec Doris Dearie (Abigail Spencer) qui est laissée pour morte. On la retrouve quelques années plus tard, désormais blonde et mariée au propriétaire d’un restaurant. Quand son mari décède et qu’elle hérite de son business qu’un mafieux veut contrôler, elle décide de prendre ses distances et de se consacrer à une autre activité violente, la vengeance qu’elle a mise entre parenthèses pendant quelques années.

Doris était Katherine Harlow, la sœur de Burt (Rory Cochrane), le leader des Banished Brawlers, un gang qui impose son autorité sur toute une région. Les Brawlers sont intouchables, mais Doris connait leurs faiblesses et elle cherche des hommes de main pour les attaquer où cela fait mal. Elle a également une arme secrète, Ethan (Mena Massoud), qui a infiltré le groupe sans réellement savoir pourquoi.

Le plan de Doris n’est pas simple, c’est un peu un cliché du genre. Reprisal ne compte néanmoins pas sur des twists à répétition pour se démarquer. Au contraire, tout l’intérêt de Josh Corbin est porté sur le style et la construction de son univers, et non sur les véritables enjeux de son intrigue.

Décrire le monde de la série clairement n’est pas chose aisée. Les Banished Brawlers paraissent évoluer à la frontière entre plusieurs époques nous livrant un mélange entre le presque moderne et le pas totalement rétro qui déstabilise quand on cherche à lui donner un sens tant les détails sont anachroniques. L’univers des Brawlers peine à trouver une cohérence et Josh Corbin nous demande juste de l’embrasser.

D’ailleurs, même si la vengeance de Doris est le fil conducteur de cette première saison, le scénariste est simplement obsédé par l’établissement de sa mythologie. Il noie le récit dans des backstories qui sont en partie des légendes qui sont délivrées par des personnes à qui on les aurait racontées. Des flashbacks montrent des vérités que les protagonistes déforment avec leurs mensonges à répétition. L’ensemble s’alourdit d’un épisode à l’autre, ne proposant jamais les réponses que l’on pouvait attendre. Par exemple, qu’est-ce qui s’est réellement produit pour que Burt tente de tuer sa sœur ? On nous dit que Katherine a été piégée, mais pas par qui ni pour quoi ? Les explications arrivent par bribes et jamais dans l’ordre, formant un tableau incomplet.

Plus cette saison de Reprisal progresse, plus on nous livre des précisions qui ne font qu’effleurer les sujets importants. La seule chose si reste consistante du début à la fin est l’idée que les personnages ont bâti leur existence sur un mythe qui est en train de s’effondrer sous leurs yeux, et ils sont impuissants face aux vérités qui apparaissent. La principale est qu’ils étaient tous prêts à accepter les mensonges de Burt parce qu’ils donnaient corps à une illusion qui avait un sens, celle d’une prétendue famille. Quand la violence prend le dessus, tout se complique et la famille se décompose, car elle n’était pas réelle.

Dans tout ça, Doris désirait juste tuer ceux qui l’ont maltraitée. Reprisal aurait pu se contenter de parler de cela, mais le scénario s’égare dans le but de développer un monde se voulant plus atypique qu’autre chose. Dans sa quête d’originalité, cette première saison mélange mythe et réalité excessivement, privilégiant le style sur le fond pour y arriver. Le résultat, intrigant au départ, parvient laborieusement à tenir la route pendant 10 épisodes. La conclusion n’est par ailleurs qu’à moitié satisfaisante, comme tout ce qui a précédé.

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