Salem : Une chasse aux sorcières sur fond de romance gothique

3 Oct 2020 à 17:00

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PeakTV - Salem : Une chasse aux sorcières sur fond de romance gothique À l’ère du Peak TV, Critictoo se lance dans un challenge “52 semaines, 52 séries” en proposant une fois par semaine un retour sur une série terminée. Le mois d’octobre se trouvant sous le signe de l’horreur, notre sélection s’adapte à la période 🎃 !

Si WGN America s’est depuis éloignée de la série scriptée originale, la chaine américaine a utilisé le format pour élargir son audience, et cela a commencé en 2014 avec Salem. Cette création de Brannon Braga (la franchise Star Trek) et Adam Simon s’inspiraient librement des procès ayant eu lieu au 17e siècle pour donner le jour à une série d’horreur fantastique.

Tout débute avec le retour de John Alden (Shane West) dans sa ville natale à Salem, après 7 ans d’absence. Il retrouve une ville encore plus rongée par le puritanisme et des habitants vivants avec la peur des sorcières. Coupable ou innocent, personne n’est à l’abri. Il ignore cependant que son grand amour, Mary (Janet Montgomery), maintenant épouse du riche George Sibley, est une puissante sorcière qui manipule les procès développant l’hystérie dans la ville dans le but de pouvoir faire venir le Diable.

Se composant de trois saisons pour un total de 36 épisodes, Salem se révèle être une série légèrement atypique qui mélange romance gothique, propos féministe et critique du puritanisme sans avoir peur de se montrer excessive et de faire couler le sang.

Dès lors, plus les épisodes passent et plus la série embrasse le petit brin de folie qui la définit, ne craignant pas de prendre des risques pour nous signifier que tout ou presque est possible, et que le plus souvent, tout a un prix. Salem nous entraine ainsi dans des directions imprévues, pour le meilleur et pour le pire. Pour le meilleur, car elle n’a pas peur de faire des choix drastiques ou violents pour faire un point. Pour le pire, parce qu’elle va étirer certains propos et histoires périphériques qui ne viendront pas étoffer comme il faut sa grande histoire.

Quelque peu irrégulière dans son écriture, Salem reste une série qui sait surprendre et se démarque à coup de sorts macabres, de cure de jouvence sanguinolente ou encore d’enchantements amoureux, et d’une riche galerie de personnages. Car si John Alden est une sorte de héros torturé classique et Mary Sibley se transforme en figure féminine tragique, l’équipe créative de Salem multiplie autour d’eux des antagonistes emblématiques qui n’ont pas froid aux yeux. C’est ainsi que l’arrivée à mi-parcours de la saison 1 d’Increase Mather (Stephen Lang), chasseur de sorcières et fanatique religieux, fera souffler un véritable vent de fraicheur et définira mieux que personne ce que peut réellement être la série. La seconde nous introduira à la puissante Comtesse Marburg (Lucy Lawless) qui a plus d’un tour glauque dans son sac.

De manière générale, Salem possède presque trop de personnages, ce qui pousse à la dispersion, mais permet également d’aborder les problématiques phares sous de nombreuses perspectives. La condition féminine et la notion de pouvoir sont alors explorées à différents degrés grâce aux multiples personnages, plus ou moins bien traités par les scénaristes. Entre Mary qui est initialement animée par la vengeance, la transformation d’Anne Hale (Tamzin Merchant) de jeune fille sage à femme affirmée et aimant le pouvoir, ou encore Tituba (Ashley Madekwe), sorcière et électron libre dont les motivations sont parfois obscures, Salem fait de ses sorcières des femmes puissantes qui trouvent dans le pouvoir que le Diable leur fournit un moyen d’obtenir ce que la société et les hommes qui la dirigent leur refusent sans raison.

Pour autant, les scénaristes n’épargnent pas leurs figures masculines. Le plus que sincère Isaac, rejeté de la ville, endosse le rôle de souffre-douleur pendant la quasi-intégralité de la série, tandis que John Alden est mis à l’épreuve sur un plan physique et émotionnel. Le tableau est complété par Cotton Mather (Seth Gabel), homme plein de contradictions qui apporte contre toute attente une touche d’humour et de poésie lorsqu’il n’est pas en train de prendre les pires décisions possible.

Salem nous dépeint un univers cruel et violent où le mensonge, la trahison et la déception sont des constantes. Le bien peine à survivre, le mal consume tout ce qui l’approche de trop près au même titre que les ambitions de chacun qui ne se réalise jamais dans leur entièreté. La série ne cesse de nous signifier que l’histoire s’est construite sur la violence, la manipulation et les abus, avec une société qui abandonne dès qu’elle le peut sa communauté la plus désœuvrée. Il règne donc une certaine noirceur sur cette ville, où l’on peut se faire brûler à la moindre occasion, et la folie bien palpable de l’homme face à l’inconnu et le changement. Le tout avec une magie noire aussi fascinante que dangereuse et imprévisible et de jolis retournements de situations.

Tous ces éléments auront ainsi permis aux sorcières de Salem de sortir de l’ombre des séries du genre et de trouver leur propre voie, où se confond, magie et horreur avec un soupçon d’humour noir pour surprendre et laisser sa petite empreinte sur celui qui l’a vu.

L’intégralité de la série Salem est disponible en streaming sur Canal+.

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