Scream, La Série : l’hommage, la parodie et l’adaptation se mélangent pour un résultat décevant

24 Oct 2020 à 17:00

Scream Saison 2 - Scream, La Série : l'hommage, la parodie et l’adaptation se mélangent pour un résultat décevant

PeakTV - Scream, La Série : l'hommage, la parodie et l’adaptation se mélangent pour un résultat décevant À l’ère du Peak TV, Critictoo se lance dans un challenge “52 semaines, 52 séries” en proposant une fois par semaine un retour sur une série terminée. Le mois d’octobre se trouvant sous le signe de l’horreur, notre sélection s’adapte à la période 🎃 !

Durant la seconde moitié des années 2010, les séries d’horreurs se sont multipliées sur le petit-écran américain, aidées par quelques noms importants du genre. Si The Exorcist fut brillante et The Purge a proposé des choses intéressantes, Scream avait ouvert le bal en montrant que toutes les variantes du genre n’étaient pas nécessairement bien adaptées pour le format sérialisé.

Les franchises de slashers sont pourtant nombreuses, mais il y a une différence entre introduire une nouvelle fournée de victimes à éliminer en 90 minutes et devoir faire de même avec un seul groupe sur un peu plus de 20 épisodes — cet article ne parle pas de la saison 3 qui est un autre reboot.

Scream nous entraine à Lakewood où mensonges et secrets de famille remontent à la surface quand un mystérieux tueur masqué commence à tuer des adolescents. Il y a des années de cela, avant d’être lui-même abattu, Brandon James avait perpétré un massacre dans cette ville auparavant paisible et la nouvelle vague de meurtres porte de nouveau sa marque. Qui cherche à le venger ?

Présentée comme une adaptation, la série MTV a en effet repris beaucoup d’éléments de la saga Scream de Wes Craven. Elle est d’ailleurs ponctuée par de nombreuses références. Malgré tout, Jill Blotevogel, Dan Dworkin et Jay Beattie qui ont développé cette version n’ont jamais mis le doigt sur ce qui faisait réellement fonctionner l’œuvre de Craven.

On peut donc oublier Sidney Prescott. La jeune Emma Duvall (Willa Fitzgerald) prend le relai dans une intrigue s’inspirant du film original, mais qui ressemble plus souvent à une parodie qu’à un hommage. Le tueur au masque hérite alors d’une mythologie introduite poussivement qui sert de base à une chasse absurde au meurtrier.

Le souci de Scream est que, pour satisfaire les besoins du format, elle a dû faire des compromis et se transformer en drame adolescent pour combler le vide entre deux scènes de meurtres. Dans ce sens, elle parvient toujours à reconnecter avec ce qui fonctionne le mieux, à savoir les ponctuelles montées de tension avec les apparitions du tueur masqué. C’est ce qui maintient un peu d’intérêt pour une histoire trop mélodramatique qui finira surtout par trouver son salut dans le fait qu’elle a bien développé une petite poignée de ses personnages.

Emma est une héroïne un peu faible, mais elle est bien entourée, notamment par Noah (John Karna), le fan d’horreur qui est là pour alimenter le côté méta hérité des films ; Audrey (Bex Taylor-Klaus), l’adolescente meurtrie ; ou encore par la riche Brooke (Carlson Young) qui plus substantielle qu’elle ne le laisse penser au départ.

Dans Scream, les romances finissent dans le sang et les nouveaux visages (au début de la saison 2) sont accueillis sans enthousiasme. Le casting évolue donc, mais cela n’est pas suffisant pour que les meurtres se multiplient à un rythme suffisant. En fait, la saison 2 — avec une équipe créative différente aux commandes — s’éloigne toujours plus du slasher pour s’ancrer dans le registre du pur Teen Show.

Si le problème n’était déjà évident avant cela, il l’est devenu au terme de cette saison 2 qui a la bonne idée de se conclure avec un double-épisode spécial pour Halloween. Le groupe d’amis (ceux qui ont donc survécu jusque-là) se rend sur une île pour des vacances bien méritées, mais il ne faut pas longtemps avant que quelqu’un se fasse assassiner. Naturellement, ils réalisent trop tard ce qu’il se passe et une tempête les empêche de repartir, les bloquant sur place avec un tueur.

Avec cette histoire séparée du reste, Scream reconnecte avec le format des films, livrant tout ce que l’on espère trouver dans un slasher classique. Une réussite par rapport à ce qui a précédé, mais qui ne proposera pas de véritable conclusion à la série qui s’est arrêtée là avec ce casting.

Dans l’ensemble, Scream n’a clairement pas été à la hauteur des attentes que l’on pouvait avoir pour un show s’inspirant d’un des grands films du genre. Elle était divertissante jusqu’à un certain point et ne se rattrapa pas avec sa mythologie peu consistante. Reste alors un groupe de personnages sympathiques quelques meurtres réjouissants et une bonne fin qui n’en était pas vraiment une, puisque des questions toujours ouvertes n’obtiendront jamais de réponse.


Ces deux premières saisons de la série Scream sont actuellement disponible en France sur Netflix en streaming.

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