Snowpiercer Saison 1 : Que vaut ce voyage en train vers la fin du monde ?

20 Juil 2020 à 12:00

Snowpiercer Saison 1 Daveed Diggs Jennifer Connelly

En développement pendant trois ans, repoussée à plusieurs reprises et baladée entre plusieurs diffuseurs (en France, elle est sur Netflix), la série Snowpiercer a eu un parcours chaotique, mais pas plus que celui de ses personnages coincés dans un train en pleine ère glaciaire.

Quand on examine trop attentivement le concept de Snowpiercer, une série basée sur la bande dessinée de Jacques Lob et Jean-Marc Rochette et son adaptation cinématographique, il est difficile de ne pas remettre en question sa viabilité sur le long terme, et cette première saison montre rapidement qu’il y a une bonne raison pour cela.

L’histoire prend place dans un futur nous entrainant 7 ans après que la Terre est entrée dans une nouvelle ère glaciaire. Les ultimes survivants de l’humanité vivent dans un train en perpétuel mouvement. Les occupants de celui-ci sont séparés en classes et, alors que ceux qui sont enfermés dans les derniers wagons ont tout juste de quoi rester en vie, ceux qui sont à l’avant ne manquent de rien.

Pour nous aider à comprendre les tenants et aboutissants de ce qui n’est réellement qu’une métaphore dénuée de toute subtilité sur les disparités sociales, Snowpiercer commence avec une affaire de meurtre. Le procédé narratif peut paraitre paresseux dans un premier temps, parce qu’il l’est. Cela dit, l’idée que notre héros, Layton (Daveed Diggs), soit l’unique ancien détective avec de l’expérience dans les enquêtes de ce genre à bord du train, ce qui fait de lui l’homme de la situation, permet de justifier qu’un voyageur tout en bas de l’échelle puisse soudainement explorer les hautes sphères.

Layton est sorti de sa cave par Melanie Cavill (Jennifer Connelly) — représentante en chef de Mr. Wilford, celui qui est à la tête du train — pour chasser un tueur. Plus que ça, il est là pour stopper une révolution. Le Snowpiercer est un microcosme à l’équilibre socio-économique fragile. Ironiquement, Layton accepte le travail pour pouvoir préparer son propre soulèvement contre le système. Celui-ci est inévitable. On sait que cela va arriver. On ignore simplement quand et comment.

Tout commence néanmoins à se préciser après 4 épisodes. À ce niveau, Snowpiercer change de registre. Elle était une série policière post-apocalyptique et elle doit devenir autre chose. Si cela est une bonne chose que les scénaristes ne s’attardent pas sur l’enquête, il est vite apparent qu’ils n’ont pas nécessairement une idée bien définie de ce qu’ils voulaient faire après celle-ci.

Layton voit sa position évoluer, employant toutes les connexions qu’il a développées durant la première partie de la saison pour tirer vers l’avant la fameuse révolution que l’on nous promet dès le début. Le souci est que Snowpiercer n’a pas les moyens de ses ambitions. D’ailleurs, quelles étaient réellement ses ambitions ?

La révolution se devait d’être épique. Le train est géant et — comme le film de Bong Joon-ho l’a montré — il offre de nombreux challenges à surmonter. Cela dit, quand la première classe parait être réduite à 2 wagons, soit un de plus que la troisième (la seconde ne fait pas mieux), il est difficile de donner une dimension dramatique à la taille du parcours que les combattants doivent compléter.

Tout ou presque tombe à l’eau. D’un épisode à l’autre, les secrets des uns deviennent de maigres excuses pour créer du suspense avec les autres ; et la lutte des classes au cœur de l’histoire se transforme en une vague notion pour justifier des décors — personne ne semble jamais rien faire, que ce soit en première classe ou en troisième. Snowpiercer est littéralement une fuite en avant qui, contrairement à son train, est forcée de ralentir pour s’assurer de pouvoir continuer.

Le récit s’étiole et les protagonistes perdent de leur dualité au même rythme que la révolution prend corps. Quand arrive le dernier épisode, cette première saison est déjà à bout, n’ayant plus rien à raconter. Pour tenter de sauver les meubles, les scénaristes se focalisent sur la mise en place la seconde.

Le voyage de Snowpiercer n’est donc pas terminé, mais l’on peut se demander pourquoi. La saison 2 s’annonce comme étant une probable redite de la première qui n’avait pourtant pas beaucoup à exprimer en fin de compte. Ainsi, au lieu d’explorer les classes sociales et les privilèges dans ce microcosme, cette première saison prend tout ce qui pouvait être substantiel dans son intrigue et le pose simplement dans le décor. On reste alors avec une galerie d’archétypes sans saveur et de l’action peu engageante.

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