The 100 Saison 7 Episode 16 : La Dernière Guerre (fin de série)

2 Oct 2020 à 12:00

The 100 Saison 7 Episode 16 - The 100 Saison 7 Episode 16 : La Dernière Guerre (fin de série)

Cette critique contient des spoilers sur la fin de la série de The 100. Il est recommandé d’avoir déjà visionné l’épisode avant de lire l’article ou de le faire à ses risques et périls !

Nous y voilà. La dernière guerre. Ou plutôt, l’ultime test pour l’humanité. Le final de The 100 nous place face au jugement avec Cadogan touchant à son but et Clarke devant se confronter aux conséquences de sa vengeance, qu’elle appelle justice.

Au scénario et à la réalisation, Jason Rothenberg mène à son terme la série en utilisant le fameux test pour nous conduire à une réflexion pseudo-philosophique sur l’humanité et son rapport avec la violence et le tribalisme. Rothenberg n’est pas Arthur C. Clarke — personne n’est choqué — et malgré une influence palpable des Enfants d’Icare sur cette conclusion, il peine à vraiment toucher au but et les leçons qui sont tirées dans l’épisode ne possèdent pas la profondeur ou le poids dramatique pour avoir la portée émotionnelle que l’on pouvait espérer pour le final.

En vérité, cet épisode s’inscrit dans la continuité d’une dernière saison qui, malgré de bonnes intentions et quelques bonnes idées au départ, s’est égarée en cours de route en alignant les choix discutables. L’ensemble a fini par se transformer en un alignement d’évènements peu intéressants nous entrainant dans toutes les directions, sans jamais aller au bout d’une seule. Bellamy en est la plus belle illustration, l’un des plus beaux gâchis de cette septième saison ; après son illumination, personne n’aura cherché à comprendre ce qui lui était arrivé et le personnage a simplement été sacrifié pour créer un effet-choc. Le coup de grâce est alors donné lorsque le culte de Cadogan, au-delà de ses mauvaises interprétations, était plus ou moins dans le vrai, et que Bellamy a donc été tué alors qu’il avait raison. Lui donner du crédit ne peut aider à passer outre sa mort et les nombreuses autres qui n’ont en vérité eu aucun impact sur le récit.

Une touche d’ironie vient donc se glisser dans cette fin de The 100 où Jason Rothenberg vient plus ou moins nous dire que s’entretuer pour protéger ceux que l’on aime ne mène à rien d’autres que d’autres morts et que l’humanité, pour évoluer, doit réussir à dépasser cela. On pourrait presque y lire un aveu d’échec de la part du showrunner qui fut lui-même incapable d’utiliser d’autres rouages narratifs dans sa série, même lorsque les personnages se sont vus offerts la possibilité d’un nouveau départ. Cependant, pas de doute que ce n’est pas le style de Rothenberg de contempler ses erreurs et de les assumer, surtout avec une conclusion qui tente à la fois de mener à la transcendance (avec quelques retours anecdotiques pour l’occasion) et d’offrir une fin heureuse très mortelle à sa petite tribu.

Les enjeux sont, qui plus est, peu en accord avec les idées animant Clarke et Cie, et nous introduisent à une sorte d’espèce extra-terrestres venue de nulle part dans une série qui n’a jamais contemplée la vie alien durant toute son existence.

Reste qu’il n’y a pas le choix, il faut passer le test même si personne n’avait envie de transcender à part Bill et ses Disciples cinq minutes plus tôt. Et disons-le, le test pour déterminer la valeur de l’humanité est purement ridicule. Au final, il suffit de déposer les armes une fois pour que l’espèce qui doit déterminer si oui non l’humanité mérite de transcender soit convaincu. Au moins, on peut souligner que Clarke a, naturellement, échoué au test, et ne nourrit d’ailleurs aucun remords vis-à-vis de ses actions, jusqu’à la conclusion, où elle ne cesse de faire croire qu’elle doit se sacrifier pour que les autres n’aient pas à le faire — même lorsqu’elle agit purement pour elle-même, ce qui fut le cas la majorité de cette saison 7. Il y a longtemps que Clarke a quitté la zone de gris morale pour simplement opter pour éliminer le problème directement. La série n’aura pas vraiment tenté de s’intéresser au fait que la violence était devenue sa forme de réponse, plus ou moins la seule qu’elle connaissait et qu’il était devenu trop difficile de faire autre chose.

Au final, l’humanité parvient à transcender grâce à l’intervention de Raven pour plaider notre cause et celle d’Octavia pour convaincre que l’on devrait arrêter trente secondes de se massacrer pour avoir le droit de passer à un état de conscience supérieure.

Enfin, tout le monde sauf Clarke qui doit payer son crime — celui d’avoir tué Bill en plein test — en restant sur Terre, et va donc vivre toutes ces années en compagnie de ses amis qui ont choisi de revenir auprès d’elle pour qu’elle ne soit pas seule. Ils sont les derniers de l’humanité et une fois qu’ils ne seront plus là, l’espèce humaine disparaitra.

Cette transcendance n’est pas méritée pour un sou. Si le concept en lui-même parait étrangement peu à sa place dans The 100, l’équipe créative a fait en plus peu d’efforts pour le légitimer. Au lieu de cela, elle a passé toute une saison à dénigré les croyances de Bill et a laissé presque continuellement flotter une zone de flou autour de ses idées au point qu’il était difficile de savoir de quoi il était vraiment question pendant trop longtemps. Peu a été effectué pour solidifier le concept et nous mener à une illumination qui aurait pu être justifiée. Ce qui est donc une autre étape dans l’évolution apparait ici une pauvre excuse pour mettre un terme à un cercle de violence que les scénaristes ont créée et en sont devenus prisonniers.

La majorité des personnages ne croyait pas le moins du monde en cette histoire et n’en avait que cure, en vérité, pris dans un conflit de plus qui ne faisait que mener à des morts supplémentaires. Le culte de Bill était, pour un peuple à la recherche de l’élévation, adepte des armes et de la violence qui amplifie les incohérences générales du scénario.

The 100 a toujours été une série au sujet de la survie, et on peut dire qu’elle aura réussi l’exploit dans ce paysage télévisuel de rester en vie plus longtemps qu’elle aurait dû. Son final ne parvient pas à aboutir sur une note satisfaisante, à nous faire tourner la page avec un sentiment de nostalgie et de regret malgré la récente débâcle. Clarke a pu enfin déposer les armes, et il était plus que temps.

Spoiler Alert!
Veuillez suivre les règles suivantes concernant les spoilers dans les commentaires :
1. Sur la critique d'un épisode, ce qui concerne les épisodes à venir est considéré comme étant spoiler (idem pour ce qui concerne les saisons).
2. Vous avez le droit de mettre des spoilers dans vos commentaires, mais le contenu sensible doit être placé entre les balises <spoiler>....</spoiler> afin de protéger les autres lecteurs.
Critictoo Newsletter
Inscrivez-vous à la newsletter Critictoo pour ne plus rien manquer de l'actualité du site, des séries et plus.
©2006-2020 Critictoo, le webzine des séries TV - powered by Wordpress. Critictoo.com participe au Programme Partenaires d'Amazon EU, un programme d'affiliation conçu pour permettre à des sites de percevoir une rémunération grâce à la création de liens vers Amazon.fr.
Nos partenaires : DVD Series | Amazon | Tous nos partenaires