The Boys Saison 2 : Un peu de violence dans ce monde de brutes

15 Oct 2020 à 12:00

The Boys Saison 2 Billy Butcher - The Boys Saison 2 : Un peu de violence dans ce monde de brutes

Le monde super-héroïque a pris un virage sur le petit écran lorsqu’Amazon Prime Video a mis en ligne la première saison de The Boys. Loin de l’image des héros Marvel ou DC, la série nous introduisait à un univers où les Super-héros sont gérés par Vought, conglomérat américain multimilliardaire naturellement corrompu et corporatiste. Leur groupe le plus connu ? Les Seven, avec des membres qui utilisent leur pouvoir et leur influence pour gagner en popularité. Face à eux se trouvent les Boys, dirigés par Billy Butcher (Karl Urban), qui sont prêts à tout pour les stopper.

La première saison nous introduisait donc à cet environnement mercantile, où la ligne entre héros et vilains est plus ou moins absente, où la violence est omniprésente, tout comme l’humour (noir) et la vulgarité. La seconde se doit de confirmer et de faire monter les enjeux, autant pour Homelander (Antony Starr) et le reste des Seven que pour Butcher, Hughie (Jack Quaid) et le reste du groupe.

Avant tout, les huit épisodes s’articulent en grande partie autour de la nouvelle membre des Seven : Stormfront (Aya Cash). Cette dernière est l’incarnation vivante des thématiques principales de cette saison 2 de The Boys et sa dénonciation du capitalisme moderne. La série fonce dans le tas pour nous parler de suprématie blanche et racisme systémique à travers une « super-héroïne » qui sait exactement comment manipuler l’image/l’information et faire passer son message. Subtilité n’étant pas un adjectif que l’on utilisera pour définir la série, elle remplit son contrat avec toujours en vue le fait qu’en bout de route, l’argent reste ce qui prime. Mieux que cela, l’argent est ce qui gagne. Les plans machiavéliques de Vought restent souvent obscurs, mais suscitent sans aucun doute une certaine curiosité.

L’intégration de Stormfront au groupe des Seven bénéficie surtout à Homelander, ce pervers narcissique qui hait tout le monde — sans discrimination — et veut que tout le monde l’aime. Antony Starr confirme, avec une prestation toujours aussi enlevée et une capacité à faire émerger les traumatismes sans jamais créer un seul moment d’excuse pour le personnage. On ne développe pas spécifiquement de la sympathie pour Homelander (faut pas pousser non plus), mais on arrive étrangement à le comprendre un peu plus. Ressort également un parallèle avec Butcher, les scénaristes s’attelant à nous signifier régulièrement que les deux hommes sont, au fond, plus que similaires. Seules les circonstances les ont placés dans des camps opposés.

Même s’il y a une volonté d’offrir des approfondissements à la plupart des personnages, d’une certaine manière, la seconde saison de The Boys est celle de Stormfront/Homelander, avec Billy Butcher et sa femme (Shantel VanSanten) au milieu. Les autres tournent plus ou moins autour, à la recherche d’un moyen pour détruire les Seven, y retourner ou simplement survivre dans le groupe.

De cela découle un certain déséquilibre dans la gestion du temps consacré à chaque personnage. Là où The Deep (Chace Crawford) et son entrée dans un groupe religieux (plus ou moins inspiré de la scientologie) nous offrent de purs moments de comédie — Do You Want a Fresca ? — qui sont bienvenus, l’intrigue tombe étrangement à plat. L’éviction d’A-Train (Jessie T. Usher) des Seven le met indirectement au placard, alors que Queen Maeve (Dominique McElligott) a le droit, à travers sa vie privée, à quelques moments inspirés, mais trop peu de temps lui est consacré pour faire plus que délivrer des constats et nous exposer ses brisures. Annie (Erin Moriarty), de son côté, a l’avantage d’être également associée aux Boys, au point de ne pas vraiment être trop à sa place auprès des Seven — quand elle passe un peu de temps avec eux. Black Noir reste aussi drôle que mystérieux.

Et les Boys dans tout cela ? Ceux qui donnent leur nom à la série tentent autant que possible d’abattre leurs adversaires. S’ils parviennent à accomplir quelque chose, ils ne sont jamais au contrôle de la narration, et finissent souvent par se faire avoir sur toute la ligne. Le twist de fin de saison 1 poussa les scénaristes à revenir sur la place de Butcher dans cet ensemble, et la saison met tout en œuvre pour mieux légitimer pourquoi chacun mène ce combat, tout cela pour nous conduire à une conclusion qui nous ramène au point de départ… du comic book. Cela, disons-le, laisse quelque peu perplexe après deux saisons et donne l’impression d’être revenu en arrière.

Cette saison 2 de The Boys ne manque pas de bonnes idées ou de têtes qui explosent. Les sujets abordés sont nombreux, les personnages ont plus de nuances et l’humour fait son effet. Séparément, tout cela fonctionne, mais c’est lorsque le moment est venu de tout relier à travers une intrigue solide et captivante que l’équipe créative faillit. Au final, ces épisodes confirment que The Boys en a dans le ventre, et le budget qui va majoritairement avec, mais qu’elle a encore besoin de temps pour prendre pleinement corps.

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