The End of the F***ing World Saison 2 : Après la parfaite tragédie…

Production Channel 4 inspirée du comic book au titre éponyme de Charles Forsman, la saison 1 The End of the F***ing World nous relatait le voyage initiatique de James et Alyssa, deux adolescents dysfonctionnels devant faire face à la réalité du monde dans lequel ils vivent. Dotée d’une vision nihiliste et d’un humour noir percutant, on arrivait à une conclusion sombre mais libératrice nous laissant dans l’inconnu quant au sort de James. Mort ou en vie ? L’histoire était arrivée à son terme, sans avoir à fournir une réponse explicite à cette question.

L’histoire aurait pu s’arrêter là, le succès de l’œuvre a conduit Channel 4 et Netflix a poursuivre et donner naissance à une saison 2. Cette fois-ci, cependant, il n’y a plus de comic book sur lequel s’appuyer, la scénariste Charlie Covell doit poursuivre sans support pour s’inspirer. Au vu de la conclusion de la première saison, la suite va naturellement fournir une réponse à la question laissé en suspens, et contient alors forcément des spoilers à ce sujet.

Composée de nouveau de 8 épisodes de plus ou moins 20 minutes, cette saison 2 de The End of the F***ing World s’intéresse à l’après, à ce qui se passe lorsque le road trip est terminé et qu’il faut reprendre sa place dans la société. Le récit commence par nous introduire à Bonnie, sorte de victime collatérale des actions de James et Alyssa, et surtout jeune femme émotionnellement défaillante en quête de revanche. Cette dernière trouve sa place dans un univers lorgnant du côté de Twin Peaks, et qui fait perdre par extension à la série une part de son originalité.

Charlie Covell cherche naturellement à reconnecter avec ce qui avait fait la force de la première saison de The End of the F***ing World, tentant de recréer la dynamique qui a fait le succès de la série mais en inversant les rôles. James est bien en vie, mais il n’est plus celui qui ne ressent plus rien. Ce rôle est endossé par Alyssa, moins vocale mais toujours aussi peu aimable tandis que son compagnon de route est celui qui ressent le plus maintenant et ne sait pas toujours bien l’exprimer.

La scénariste cherche sans détour à récréer « la magie » de la première saison, en voulant reproduire le schéma. C’est un exercice un peu vain, et la virée qu’elle propose ne possède pas la même énergie. Elle est plus lente et plus contemplative, son humour noir moins incisif.

Comment se reconstruire après une tragédie est une des questions qui domine la saison, et il y a de quoi faire à ce sujet. Plus que gérer les répercussions des évènements, c’est surtout comment les affronter pour s’en libérer et réussir à ne pas se laisser consumer. La série donne forme au PTSD dont souffre Alyssa découlant de son expérience traumatique, tandis que James vit dans la peur de perdre un autre cher. Avec eux, Bonnie ne montre les effets de la manipulation, de l’abus et du manque d’amour.

Les problématiques sont là, mais la mise en scène a pour effet de faire que le voyage de James, Alyssa et Bonnie est plus ordinaire. Entre les erreurs de jugement d’Alyssa et l’urne dont ne veut pas se séparer James, The End of the F***ing World emprunte des routes plus balisés. Elles n’en sont pas pour autant déplaisantes, juste moins poignantes et percutantes.

Si cette aventure n’est pas aussi percutante que la première saison, elle possède ses qualités, à commencer par ses deux têtes d’affiches, Alex Lawther et Jessica Burden, qui redonnent ainsi vie à ce duo aussi dysfonctionnels qu’attachants. Les deux acteurs donnent parfaitement vie à ces deux âmes écorchées, complétées par Naomi Ackie (Bonnie) qui s’impose avec conviction.

La série conserve une partie de son ambiance à l’aide d’une bande originale parfaitement calibré et d’une esthétique travaillée. La tonalité se veut moins misanthrope, pour mieux nous dépeindre l’importance de la connexion humaine et l’affrontement de ses propres angoisses pour réussir à s’en sortir.

Au final, cette saison 2 de The End of the F***ing World poursuit le récit initiatique de James et Alyssa (accompagnée par Bonnie) en confrontant ainsi les traumas qui les définissent. Sans avoir la force de la première saison, elle offre une évolution de l’histoire qui nous éloigne doucement de son approche nihiliste au profit d’un voyage qui peut trouver une conclusion plus apaisante pour ses personnages.

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