The Nevers Saison 1 Partie 1 : La Ligue des Ladies Extraordinaires

31 Mai 2021 à 12:00

The Nevers Saison 1 Partie 1 - The Nevers Saison 1 Partie 1 : La Ligue des Ladies Extraordinaires

C’était un des évènements les plus attendus de l’année. Le retour télévisuel d’un homme qui, avec ses différentes séries aussi brèves que longues, a durablement marqué le petit écran : Joss Whedon. Oui, mais voilà, ce comeback fut terni par le départ du créateur de sa propre série, The Nevers donc, et les révélations sur son passé — notamment son comportement sur les tournages de Justice League et Buffy contre les Vampires. De quoi écorner, forcément un peu, cette nouvelle série originale pour laquelle HBO a d’ailleurs sciemment tout fait pour mettre le moins en évidence possible le nom de Whedon. Mais au-delà du scandale légitime qui entoure son créateur, The Nevers ça vaut quoi ?

Alors que le règne de la reine Victoria approche de sa fin, Londres voit émerger des « touchées ». Des individus, le plus souvent féminins, qui possèdent des aptitudes extraordinaires. Au milieu d’une société effrayée par ce qu’elle appelle des « monstres », Amelia True (Laura Donnelly) et Penance Adair (Ann Skelly) tentent de porter secours à ces jeunes gens afin de les accueillir dans leur orphelinat.

En quelques lignes on est déjà certain d’une chose, The Nevers est une pure série Whedonienne — et plus largement de sa fidèle équipe. Ce qui est sa plus grande force et sa vraie faiblesse. Qu’est-ce que je veux dire par là ? Tout simplement que le créateur de Firefly aime le bordel scénaristique. Ses créations sont toujours abondantes et profondes autant qu’elles sont imparfaites et parfois brouillonnes. Il faudra alors quelques épisodes pour y voir plus clair, car bien souvent, Whedon ménage ses effets et cela n’a jamais été aussi vrai qu’ici.

En effet, il y a dans The Nevers une fausse piste initiale qui laisse donc penser qu’il est ici question d’un hybride, comme souvent avec Whedon, entre deux genres, celui du superhéros et du period drama britannique. Dès les premières minutes, la série de HBO nous plonge dans une sorte d’univers steampunk à la Jules Verne qui va rappeler par moment La Ligue des Gentlemen extraordinaires d’Alan Moore ou les X-Men de Marvel. Un joyeux mélange qui vient aussi titiller l’héritage Buffy, en effet, face à ce duo recrutant des « touchées » afin de les protéger, on peut clairement y voir une continuation des thématiques de la saison 7 de la chasseuse de vampires.

C’est donc une mythologie qui se met en place sous nos yeux. Cependant, durant les 5 premiers épisodes, on ne peut qu’avoir une sorte de frustration. La série tient à entretenir ses mystères, alors si le récit qu’elle déroule est parfois palpitant, il est surtout flou. Dès lors, on ne parvient pas à appréhender les enjeux propres à l’intrigue. Cette écriture évasive est un petit jeu — un brin sadique — qui mène au 6e épisode. Je ne peux ici rien dévoiler sans gâcher la surprise, disons simplement qu’un twist vient donner à la mythologie et à la série une tout autre dimension qui va jusqu’à remettre en lumière toutes les zones obscures du show. Tout cela offre quelques perspectives excitantes pour la partie 2 de cette saison 1.

Néanmoins, il serait faux de dire que The Nevers ne donne absolument rien à son spectateur avant ce rebondissement. L’équipe créative tient à proposer un vrai récit d’aventures à l’ancienne, on y retrouve cet esprit des comics avec ses superhéroïnes et ses gadgets anachroniques. Ce Londres victorien quant à lui réanime toute la littérature de l’époque, on pense évidemment à Charles Dickens, là où certaines relations, notamment Amalia et Penance (la plus belle réussite du show), n’auraient pas dénoté dans les écrits de Jane Austen. Tout cela donne une série riche, ultra-référencée et qui n’est pas dénuée d’ambitions.

On retrouve de bout en bout des obsessions de son créateur. Le récit choral qui tient à construire des personnages féminins émouvants et badass. Mais aussi, le combat pour se dégager d’une société patriarcale, autant que le fait d’exprimer sa différence non pas comme une tare, mais comme un don. Lorgnant vers d’autres genres, la série tient également à tenter d’appréhender un changement profond pour cette société anglaise, car cet évènement créant les « touchées » remet en cause Dieu lui-même. Est-ce que ces femmes — et quelques hommes — ne sont pas les messagères du Divin ? Plus encore, et comme X-Men avant elle, The Nevers parle de la coexistence entre l’humain tel qu’on le connait et celui qui pourrait le supplanter. Au milieu de tout cela, la peur, la paranoïa et les manipulations ne cessent de se propager à chaque recoin des intrigues.

En d’autres termes, cette première partie de saison 1 de The Nevers est terriblement Whedonienne. Le récit à la fois purement divertissant et habité par l’envie tenace d’être ambitieux. Si elle ne parvient pas toujours à trouver son équilibre, elle se balade entre l’aventure à la Jules Verne et le blockbuster à la X-Men. Il ne reste plus qu’à espérer sur la seconde partie corrigera les erreurs pour s’envoler plus haut.

Tags : HBO Joss Whedon The Nevers moins...
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