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WandaVision Saison 1 : les super-héros rendent hommage aux sitcoms à travers les âges

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WandaVision Saison 1 Episode 5 - WandaVision Saison 1 : les super-héros rendent hommage aux sitcoms à travers les âges

Première série de Marvel Studios qui prend le relais de feu Marvel Television pour étendre sur le petit écran le Marvel Cinematic Universe, WandaVision qui a été développée par Jac Shaeffer est un premier essai plus audacieux qu’il n’y parait au sujet de Wanda Maximoff (Elizabeth Olsen) et The Vision (Paul Bettany). Nous les retrouvons ainsi trois semaines après les évènements du film Avengers : Endgame dans une situation inattendue. Ils mènent une existence en apparence idyllique dans la ville Westview dans le New Jersey. Seulement, alors que leur vie ressemble à une sitcom, les choses ne sont pas ce qu’elles semblent et le couple commence à le suspecter.

WandaVision s’engage dans un premier temps dans un exercice de style visant à retracer l’histoire des sitcoms américaines. Au fil des épisodes, un nouveau pastiche nous est proposé, chacun représentant une nouvelle décennie de la télévision américaine. Au final, une dizaine de séries sont plus ou moins directement référencées allant de Ma sorcière bien aimée à Malcolm en passant par La fête à la maison. Il faut reconnaître à la série d’être, au moins dans ses 3 premiers épisodes (les plus réussis), à fond dans son concept. Chaque épisode est l’occasion de mettre en avant un humour, des effets techniques et une réalisation propre à chaque époque. L’ensemble est alors quelque chose d’à la fois nostalgique, pour ceux qui auront les références, et ludique pour les plus jeunes, comme moi, qui n’ont pas forcément connu la diffusion de ces séries en France.

Dans cet exercice d’hommage aux sitcoms, Elizabeth Olsen et Paul Bettany se montrent brillants et semblent éprouver un plaisir immense à jouer en décors réels, loin des écrans verts. Mais on retiendra peut-être encore plus le personnage d’Agnes, interprété par la merveilleuse Kathryn Hahn, qui vole la vedette à chacune de ses apparitions, venant semer le trouble dans le quotidien du jeune couple.

S’il est dommage de voir ce parti pris formel s’amenuiser au fur et à mesure que la série avance vers sa conclusion, on peut apprécier que cette déclaration d’amour aux sitcoms ne s’arrête pas simplement à la forme, mais est également une réflexion de fond sur la place du petit écran dans la vie des gens et nous, sériephiles, en premier lieu.

Il est important de noter que WandaVision ne traite pas de n’importe quelle sitcom et fait le choix de pasticher des sitcoms familiales. Cette thématique de la famille et du couple n’avait finalement que peu ou trop rapidement été abordée dans les films du MCU qui se concentrent principalement sur l’action. À l’inverse, c’est une dimension qui se prête très bien au format sériel et à l’aspect de quotidienneté que l’on retrouve dans les séries. Au travers la relation entre Wanda et Vision dans la série, c’est l’occasion de traiter en profondeur une histoire d’amour et de mettre en scène un couple dans l’intimité de leur maison de Westview. Cela permet d’ajouter une dimension sociale en illustrant l’évolution de la place de la femme dans le couple au sein des sitcoms et plus largement dans la société. WandaVision parvient par exemple à parler en sous-texte de charge mentale dans le couple.

C’est dans le traitement des émotions que WandaVision réussit le plus à séduire. Le format sériel permet de donner du temps d’introspection aux personnages qu’un film ne permet pas ou peu. Ainsi, c’est l’occasion de voir Wanda faire face à ses traumatismes et confronter ses émotions. Une recherche intérieure qui connaît son apogée dans un épisode 8 très émouvant, même si peut-être un peu trop didactique. Quant à Vision, son arc narratif l’entraîne dans une quête identitaire et existentielle qui prend une dimension poétique pour un personnage d’androïde.

Enfin, l’utilisation du format sitcom permet en rompant les codes formels du genre avec des ruptures de ton brutales (le passage très Twilight Zone) ou l’apparition de couleurs dans les sitcoms des années 50 et 60, de renforcer la part de mystère sur ce qui se joue à Westview. Le spectateur est alors amené à scruter tous les détails et, au moins dans son premier tiers, WandaVision porte la promesse d’un puzzle à résoudre. Après tout, pour ceux qui suivaient assidûment le MCU, aux dernières nouvelles le synthézoïde, Vision, était laissé pour mort dans le film Infinity War. Dès lors, l’un des enjeux de la série est de comprendre comment nos personnages sont arrivés dans cette situation. Dommage que certains mystères soient résolus trop vite et que des épisodes 100% explicatifs soient intégrés au schéma narratif afin de ne pas perdre le spectateur, et au déplaisir de ceux qui appréciaient l’exercice.

En effet, malgré ses nombreuses innovations narratives et visuelles, WandaVision s’inscrit clairement dans la continuité du MCU. Plusieurs personnages des films Marvel sont ainsi réemployés avec plus ou moins de succès. Certains secondaires sont malheureusement peu développés, voire anecdotiques, à l’image du sympathique agent du FBI Jimmy Woo (Randall Park), auparavant vu dans Ant-Man and The Wasp, ou du retour de Darcy Lewis (Kate Dennings), ex-sidekick des deux premiers films Thor, utilisée simplement pour souligner l’aspect méta de la série. Pour le personnage de Monica Rambeau (TeyonahParris) — introduite enfant dans Captain Marvel —, ce sont des maladresses d’écriture et les limites du concept de la série qui viennent nuire à une storyline par ailleurs pleine de promesses. Plus globalement, ces personnages souffrent d’être rattachés à la partie la plus faible de l’intrigue autour du SWORD, une organisation gouvernementale extrêmement générique qui donnera une impression de déjà vu à ceux qui ont suivi les péripéties du SHIELD en film ou en série.

C’est néanmoins surtout dans l’articulation de ses deux intrigues principales que la série pèche le plus. Toutes les scènes qui s’éloignent de Wanda et Vision manquent d’enjeux et de connexions. Ce sont aussi toutes les scènes et les dialogues qui regroupent les faiblesses d’écriture, là où la partie centrée sur le couple brille par ses subtilités et s’amuse différents degrés de lecture. Enfermée dans une formule qui a fait plusieurs fois ses preuves au cinéma, cette partie peine à surprendre et c’est une impression qui domine également lors de l’épisode final. Alors que toutes les intriguent se rejoignent, WandaVision retrouve la forme et le fond d’un troisième acte de film de superhéros classique délivrant un climax assez décevant au vu des ambitions de départ de la série. Reste l’exploration passionnante d’un personnage d’héroïne en deuil à qui l’on offre une nuance refusée à beaucoup d’autres héros et dont on accepte de questionner la morale.

Il faut donc espérer que, malgré son statut de minisérie, WandaVision ait des répercussions de long-termes pour le personnage y compris sur le grand-écran. En attendant, connaisseurs de l’univers Marvel comme profanes peuvent apprécier la série pour ce qu’elle est : un bel hommage aux sitcoms américaines qui n’oublie pas, malgré l’exercice de style, de raconter quelque chose de profond sur ses personnages.

Cette première saison de WandaVision est disponible sur la plateforme de streaming Disney+.

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