Zoey’s Extraordinary Playlist : Que vaut la nouvelle comédie musicale avec Jane Levy ?

Si vous aussi, il vous suffit d’une expression judicieusement choisie au détour d’une conversation pour que votre inconscient fasse résonner une de vos chansons préférées, Zoey’s Extraordinary Playlist est faite pour vous. Nouvelle dramédie musicale de NBC créée par Austin Winsberg, cette série surfe incontestablement sur le vide laissé par Crazy Ex-Girlfriend tout en apportant une touche très personnelle et beaucoup de fraîcheur au genre.

Zoey Clarke (Jane Levy, révélée par Suburgatory) est une jeune femme jolie, drôle et dégourdie, récemment promue à la tête d’une équipe de développeurs dans une entreprise digitale huppée. Derrière son sourire, elle voit son monde s’écrouler depuis le diagnostic de la maladie dégénérative de son papa (Peter Gallagher). Inquiète pour sa propre santé, elle saute le pas des examens médicaux et, pour une raison que seule la magie du scénario peut expliquer, est victime d’un concours de circonstances improbable. Elle hérite d’un talent pour le moins particulier, entendre les envies et la détresse enfouies des gens sous forme de numéros de Broadway.

À chacun sa musique

On part alors sur un pseudo-rythme d’un épisode – un problème à régler qui se perd au fil des épisodes au profit d’une dynamique plus feuilletonnante. Les problèmes existentiels de chacun qui s’alternent et servent l’exposition, ainsi que la mise en place progressive des personnages qui gravitent autour de Zoey. La famille, les collègues et les amis de la principale intéressée se présentent comme les cercles principaux de l’intrigue, et les trois entrent rapidement en collision de façon étonnamment fluide.

Zoey’s Extraordinary Playlist est une série qui a du cœur et qui fonctionne avant tout grâce à ses personnages attachants. Entre l’équipe d’ingénieurs geeks à souhait, la boss pète-sec (Lauren Graham), le meilleur ami amoureux (Skylar Astin) et la famille dysfonctionnelle, il y en a pour tous les goûts et tous développent une personnalité unique et fouillée. Mention spéciale pour Mo (Alex Newell), le rayon de soleil de la série, voisin gender fluid de Zoey qui l’aide à appréhender ses nouvelles capacités.

L’intégration des numéros musicaux a de quoi déstabiliser. Pas totalement en dehors de la narration, mais pas vraiment intégrés à l’histoire non plus, Zoey’s Extraordinary Playlist choisit un entre-deux surprenant avec des passages chantés à la fois concrets pour Zoey et invisibles aux yeux des autres protagonistes. Bien menées et bien écrites, ces scènes oniriques ne sont jamais gratuites et sont souvent aussi bien interprétées que chorégraphiées. Les personnages reprennent à leur sauce des tubes existants, subtilement choisis pour être cohérents avec leur génération et leurs goûts musicaux.

Un autre regard sur la maladie

Avec son ton léger et ses rythmes pop, Zoey’s Extraordinary Playlist utilise les dilemmes de ses personnages pour délivrer de grands messages humanistes. Si la majeure partie ne réinvente pas la poudre, à base de pouvoir de l’amour, d’acceptation de soi et d’écoute des autres, les bonnes surprises sont nombreuses et le scénario ose s’aventurer dans des contrées moins conventionnelles, notamment par le biais de la mort et de la maladie.

L’état de Mitch, le père et héros de Zoey, se dégrade à grande vitesse, le coupant petit à petit du monde. Parfois avec maladresse, mais toujours avec bienveillance, la série dissèque l’impact de la situation sur son entourage. Zoey fait partie de ceux partagés entre la fuite et le besoin d’être là, et qui culpabilisent terriblement d’avoir hésité un quart de seconde. Son pouvoir va lui permettre de reconnecter avec son père et l’accompagner dans ce deuil si particulier. Cette intrigue est clairement celle qui investit le plus le spectateur et les personnages, Jane Levy est d’ailleurs saisissante dans certaines scènes riches en émotions.

La mère de Zoey, interprétée par la très juste Mary Steenburgen, est profondément touchante. On sent l’amour réel qui existe au sein de ce couple qui s’éteint. L’intrigue autour de la famille Clarke permet de mettre en évidence la sous-considération des accompagnants tout comme l’importance et les dérives des aides médicales. Le traumatisme de la perte est également exploré à travers Simon (John Clarence Stewart), dont la tristesse fait écho à celle de Zoey.

Un cocktail qui fonctionne parfaitement

Comédie musicale, comédie tout cours, drame familial, Zoey’s Extraordinary Playlist prend le risque de mélanger les genres et au bout de huit épisodes le résultat est on ne peut plus concluant. Les allers-retours entre l’univers très cartoon que l’on retrouve au sein de l’Apple 2.0 où travaille Zoey et le dur retour à la réalité dans son cercle familial sont habilement dosés. Cet équilibre fragile apporte une patte unique à la série qui a le potentiel de devenir un coup de cœur – plus ou moins assumé – pour beaucoup.

L’équipe créative n’a pas peur de s’attaquer à des sujets complexes, allant jusqu’à questionner l’hypocrisie religieuse, la non-binarité, la fidélité et la peur de la mort. Si bien sûr, on retrouve les repères classiques du genre avec des personnages qui servent essentiellement de ressorts comiques, le triangle amoureux lourdingue et certains retournements prévisibles, la série parvient toujours à nous surprendre en apportant un angle différent.


Zoey’s Extraordinary Playlist a su convaincre en quelques épisodes seulement qu’elle avait quelque chose à dire ou à chanter, et qu’elle valait la peine d’être écoutée. Drôle, émouvante, dépaysante, c’est une petite bulle de poésie au casting impeccable et à l’écriture bien plus affûtée que le pitch pouvait le laisser supposer.

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