The Raid 2 : Massacre dans la Mafia

23 Juil 2014 à 17:07

The Raid 2 - The Raid 2 : Massacre dans la Mafia

En 2011, Gareth Evans, un réalisateur anglais vivant en Indonésie, a fait beaucoup de bruit avec The Raidir?t=critictoo 21&l=as2&o=8&a=B00BPUM50M - The Raid 2 : Massacre dans la Mafia. Ce film d’action bourrin et violent brillait par sa terrible efficacité et ses combats purement impressionnants. Fort de ce succès, Evans est de retour cette année avec une suite, The Raid 2: Berandal.

Pour le réalisateur/scénariste, il n’était visiblement pas question d’envoyer simplement son héros, Rama (Iko Uwais), se battre dans un nouvel endroit infernal. Ses ambitions étaient indéniablement plus importantes et cela nous donne une histoire de flic en infiltration dans la mafia qui dure 2h30. Pour un film d’action de ce type, il est clair que l’on veut nous proposer quelque chose d’épique. Cela le sera par moment, mais pas vraiment de façon continuelle.

Tout commence de manière assez confuse. Le montage non linéaire sert à nous plonger dans une conjoncture évoluant rapidement de façon à expliquer ce qui poussa Rama à rempiler. On atterrit bientôt à ses côtés dans une prison où il doit se rapprocher du fils d’un boss du crime organisé. Sa mission est de monter les échelons pour mettre à jour la corruption dans la police. La thématique était présente dans le premier et elle devient donc un nouveau point de départ dans le second opus, mais elle n’apporte rien de plus malheureusement.

Evans n’est en effet pas intéressé par le développement des sujets complexes dans son film. Le seul angle qu’il décidera de réellement explorer est la relation père-fils au milieu de laquelle Rama se retrouve projeté. Le flic restera pourtant un simple témoin qui est pris au cœur d’un scénario de polar des plus classiques.

Le problème de The Raid 2 est qu’il ne devient finalement pas ce qu’il tente d’être. Dans l’âme, c’est un simple film de baston, rien de plus. L’histoire est construite de façon à relier les affrontements, et non l’inverse. En fait, il est même probable qu’Evans ait d’abord élaboré les combats puis a cherché comment les agencer pour justifier leur existence. Cela fonctionne dans un premier temps, mais le fil conducteur se brise à mi-parcours. Rama n’est alors plus présent et d’autres se battent dans des scènes qui existent uniquement pour exploiter des personnages un poil excentriques et ultra-violents. Chaque affrontement semble dès lors sortir d’un jeu vidéo. Le décor est planté, les joueurs entrent dans l’arène, un seul sort vivant. On peut ainsi passer à la cinématique qui doit nous entrainer jusqu’au décor où prendra place le prochain round.

Cela dit, on ne regarde pas vraiment ce film pour autre chose. Après The Raid, on revient pour de la baston. Point final. Dans ce sens, il est indéniable qu’Evans visait le dantesque et n’a pas lésiné sur les os à briser et la surenchère d’opposants à exploser. La mise en scène suit cette logique et se montre par moment purement ébouriffante. Néanmoins, il n’était là encore pas question de faire simple. La caméra virevolte donc pour nous donner des effets mémorables, mais l’inverse se produit aussi régulièrement, nous éloignant de l’action pour nous servir un cadrage qui parait surtout là pour le style. Résultat, le rythme saccade et suivre le combat devient un véritable sport, en particulier à partir du moment où la scène (ou juste un plan) s’étire trop longuement – et cela arrive plus d’une fois. Il est alors aisé de décrocher.

Quand cela survient, on peut toujours espérer que l’intrigue rattrape le coup, mais rien de probant ne se réalise réellement dans le registre. Rama a une unique motivation qui ne sera pas spécialement exploitée avant le moment où il est question de l’envoyer au bucher dans le dernier acte du film. C’est là qu’il se décide à refaire à mains nues un remake miniature du premier The Raid, et cela fonctionne exceptionnellement bien. Une bonne chose, car finir le film en beauté en se focalisant sur les forces de la franchise est une façon efficace de sauver le long métrage.

Au bout du compte, The Raid 2: Berandal aurait certainement gagné à n’être qu’une heure et demie de bastons intenses. Au lieu de ça, Gareth Evans a voulu nous servir son Parrain 2 en tentant de donner à sa franchise l’apparence d’une grande épopée dans le monde criminel indonésien. Cela tombe à plat, mais rien qu’avec l’affrontement final il parvient à éviter le naufrage. De nombreuses scènes valent d’ailleurs le détour indépendamment du reste, et c’est bien là le problème, car le tout est très loin d’être plus que la somme de ses parties.

Tags : Cinéma moins...
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