Cult Character : Kenny Powers (Eastbound & Down)

22 Nov 2014 à 15:16

Eastbound & Down (Kenny Powers)

Après 4 saisons, la comédie HBO Eastbound & Down. Elle ne dura que le temps de 29 épisodes, mais cela fut suffisant pour rendre son (anti-)héros Kenny Powers légendaire.

Kenny Powers est une star. Que dis-je ? Kenny Fuckin’ Powers est une légende vivante ! Il est The People’s Champion, The Shelby Sensation, The Reverse Apache Master, The Man with the Golden Dick, Doctor Cock and Balls, La Flama Blanca, The Bulletproof Tiger… Et il est son fan numéro 1 – même si Stevie Janowski (Steve Little) pourrait prétendre à ce titre plus justement si Kenny n’était pas à ce point narcissique.

Donc, Kenny est un égomaniaque, mais il est surtout une star, un champion de baseball. Pour être exact, quand la série débuta, Kenny était un champion. La drogue, l’alcool, le sexe et toute la débauche qui constituait son style de vie ont fait qu’il a chuté. Il est dès lors obligé de remonter l’escalier qui mène au succès une marche après l’autre. Pour ce faire, il retourne dans sa ville natale, Shelby, où il s’installe chez son frère. Il se trouve un travail de professeur d’éducation physique au collège local où il retrouve son amour de jeunesse, April Buchanon (Katy Mixon).

Kenny écrit le livre qui raconte sa reconquête du succès chapitre après chapitre, car il est un modèle à suivre – forcément. En tout cas, il a un égo suffisamment développé pour le croire, mais il a tout de même besoin de personnes pour l’encourager quand il a des doutes. C’est là qu’intervient Stevie. Il a beau le traiter comme s’il ne méritait pas vraiment de respirer le même air que lui, Kenny doit beaucoup à Stevie sans lequel il ne serait peut-être pas parvenu à survivre durant les quatre saisons que dura la série.

Il faut dire qu’être Kenny est quelque chose d’assez éreintant, car derrière l’assurance et l’apparence du succès se cachent des blessures profondes. Elles trouvent majoritairement leurs origines chez Eduardo Sanchez Powers (Don Johnson), son père qui a pris la poudre d’escampette dès qu’il a pu – il y a 27 ans de cela. Il n’est clairement pas parti sans laisser de traces. Heureusement, Tammy Powers (Lily Tomlin) est une femme forte et elle a élevé son fils à son image, même si elle ne pouvait pas faire grand-chose pour les dégâts causés par l’abandon de cette figure paternelle déplorable.

Kenny a donc des névroses qu’il doit apprendre à reconnaitre et à guérir. C’est finalement ça le but caché de cette reconquête de la gloire, car le champion est un grand enfant qui n’arrive pas à réaliser qu’il doit prendre ses responsabilités, se dissimulant derrière son caractère enflammé pour éviter de faire face à la vérité. Quand on voit à quel point il est égoïste, il est difficile de ne pas saisir l’ampleur des obstacles à dépasser.

Kenny Fuckin’ Powers est une star et il va donc finir par obtenir ce qu’il cherche. Il a suivi sa propre logique. Il a menti, volé,  exploité ses proches, abusé de la confiance des autres ; il s’est drogué ; il s’est aventuré au Mexique ; il a retrouvé la gloire à Myrtle Beach ; il a survécu plus longtemps qu’il l’aurait dû ; et il a été plus vulgaire qu’on aurait pu l’imaginer. Malgré tout ça, il était difficile de ne pas le soutenir, de ne pas vouloir qu’il arrive à remonter la pente pour avoir tout ce qu’il a toujours désiré.

C’est ce dernier point qui servira d’ailleurs à conclure parfaitement la série. La saison 4 met effectivement Kenny face à un nouveau challenge, l’ultime. Trouvant une route inédite pour retrouver la popularité qui commençait à lui manquer, en dépit d’une vie de famille désormais heureuse, il parviendra à comprendre qu’il avait tout ce qu’il cherchait à obtenir, mais était incapable de le réaliser.

Il y avait donc plus que l’histoire d’une rédemption dans Eastbound & Down. En fait, c’est un long exposé sur le côté obscur de la célébrité et la recherche du bonheur dans l’Amérique moderne. Si Kenny Powers réussit à aller au delà de cette culture qui a fait de lui une star et la même qui l’empêchait d’être réellement heureux, il y a de l’espoir.

Dans tous les cas, Kenny est désormais une légende du petit écran.

Une première version de cette article fut publié en juin 2012. Mise à jour suite à la saison 4.
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