Better Off Ted – Saison 1

Chez Veridian Dynamics, on fabrique tout et on invente le reste. C’est là que travaille Ted, père célibataire, workaholic, qui doute par moment de la moralité et des objectifs de l’entreprise qui l’emploie.

Créée par Victor Fresco, il est difficile de ne pas voir en Better Off Ted une héritière d’Andy Richter Controls The Universe. Le corporatisme, ses absurdités et un groupe d’employés qui jonglent avec les problèmes – souvent identitaires – qui naissent dans leur environnement de travail surcontrôlé.

Si les parallèles entre les deux séries vont jusqu’à certaines storylines, membres du casting, et thématique, Better Off Ted va quand même marquer sa différence avec ses personnages et, plus particulièrement, avec le type de relations qui les lie. L’alchimie est ici bien différente.

Donc, l’histoire, comme le titre l’indique, met en scène Ted, mais aussi certains de ses employés, collègues et sa boss. Si Phil et Lem vont trop rapidement roder leur routine comique, ce ne sera pas le cas de Veronica, La Boss. Portia de Rossi nous avait déjà montré tout son talent dans le genre avec Arrested Development et se trouve là dans un rôle à sa hauteur. Ses répliques et réactions sont peut-être redondantes, l’actrice va, sans difficulté, éviter les pièges et imposer une certaine passion.

De son côté, Jay Harrington hérite d’un personnage lisse en apparence qui va difficilement dépasser ce stade. Il faut dire que les 7 épisodes qui composent cette première saison ne lui procureront  que rarement les bonnes opportunités pour exploiter les névroses de Ted. C’est pourtant là la seule chose qui lui donne de la dimension.

Dans le même style, Andrea Anders va mettre beaucoup d’énergie pour faire des frustrations de Linda un moyen de ne pas être ennuyeuse. Cela ne fonctionnera pas toujours.

Passé les personnages, la série a donc son thème qui prend racine dans l’idéologie unilatérale qui anime la multinationale Veridian Dynamics. Souvent absurde, elle n’a qu’un moteur, l’argent. Cet être dépersonnalisé devient dès le départ un protagoniste à part, sans visage, mais tout de même tout puissant. Ainsi, les individus tenteront de nous faire rire en essayant de prouver qu’ils existent et ne sont pas que des numéros.

Des fois ça marche, des fois non. On ne peut pas nier que la série possède une certaine personnalité, mais elle se base sur des acquis qui n’en sont pas réellement, ce qui fait que, généralement, on ne peut pas faire plus que d’apprécier certains dialogues et préférer oublier tout le reste.

Encore une fois, sept épisodes, c’est trop court. Il y a, à la base, un bon potentiel qui n’aura probablement pas l’opportunité d’être  exploité. De ce fait, cette saison 1 de Better Off Ted risque de vite sombrer dans l’oubli, sans provoquer beaucoup de regrets.