Burn Notice - Saison 3

Après avoir perdu la protection de ceux qui l’ont grillé, Michael doit gérer la police et d’anciens ennemis avant de pouvoir reprendre ses opérations.

La saison 2 nous avait laissé avec l’impression qu’une étape importante a été franchie, mais on va vite se rendre compte que tout ceci n’était qu’illusion. Certes, au démarrage de la saison, les scénaristes se sont amusés avec l’idée selon laquelle Michael n’était plus sous la protection du Management. On aura ainsi droit à une toute petite storyline avec Moon Bloodgood qui incarne un détective de la police qui veut coincer l’ex-espion, mais cela restera superficiel et, rapidement, on retrouvera la routine.

La série se repose énormément sur son histoire de Burn Notice, mais reste très formatée. Ce n’est pas un mal, car les affaires à régler chaque semaine se montreront de manière générale d’assez bonne facture, ce qui compensera l’aspect répétitif et plutôt abstrait qui va avec la quête personnelle de Michael.

En effet, si la saison dernière, Carla (Tricia Helfer) avait rapidement illustré ses limites en tant que personnage, elle possédait un intérêt concret vis-à-vis de la Burn Notice et de l’organisation qui en était responsable. Tout ceci est derrière désormais et Michael doit se trouver une nouvelle voie d’accès. C’est par Tom Strickler (Ben Shenkman) qu’il va le faire ou, au moins, tenter de le faire. Strickler apportera des options, mais n’apparaîtra jamais comme étant prometteur aussi bien du point de vu de l’histoire qu’en tant que personnage. On tourne en rond, des promesses vaines sont faites et tout ce que l’on retiendra du gars, c’est son implication dans l’affaire dans laquelle Fiona a risqué très gros.

Vite oublié, donc, car dès le départ de la seconde moitié de la saison, nous avons un nouvel espion à la dérive, un peu fêlé (comme tous, on dirait) qui va vouloir utiliser Michael. Gilroy (Chris Vance), de son nom,  ne fera que répéter un schéma qui commence à s’user dans la série. Bien moins intéressant que Victor (Michael Shanks) l’était, Gilroy finira son chemin dans l’indifférence. Il faut attendre l’ultime épisode de la saison pour que l’histoire de la Burn Notice retrouve l’intérêt qui s’était fortement dilué jusque-là, et qui arrive à point pour créer l’environnement propice pour installer du changement dans la prochaine saison.

Mais comme je le disais plus tôt, la Burn Notice n’est pas l’unique composante de la série et, en plus des affaires de la semaine, cette saison se distingue principalement grâce à ses personnages. La relation Michael/Fiona sera moins conflictuelle et, surtout, plus honnête et concrète. Cela aurait pu être plus si l’espion n’insistait pas pour être systématiquement en solitaire. Sam, lui, est toujours aussi bon, conservant la place qu’il avait bien gagnée en saison 2. Il est ainsi continuellement employé et fournit une bonne dose de la décontraction qui fait le charme du show. On peut finir avec Madeline, car pour une fois, il y a quelque chose à dire sur elle. La mère de Michael trouve enfin sa légitimité, sortant de ses routines pour s’impliquer concrètement dans la vie de son fils et pour participer à ses missions.

Cette troisième saison de Burn Notice a délivré que l’on pouvait en attendre du point de vue du pur divertissement, mais n’est pas parvenue à faire de même avec son intrigue fil rouge. Celle-ci a réellement besoin d’évoluer pour ne pas entraîner tout le show avec elle dans sa chute. Lui redonner de l’intérêt ne devrait pas être trop difficile vu le season finale, si l’équipe créatrice est prête à prendre des risques et ne se contente pas de nous rebooter tout ça et de nous installer un nouveau Gilroy ou Strickler. Les aventures de Michael et de ses amis conservent leur côté sympathique – principalement grâce aux personnages –, il est donc toujours appréciable de les suivre, même si parfois on peut espérer avoir plus que ça.