Créateur de la série la plus en vue de la saison 2003, Josh Schwartz a eu une rentrée chargée l’année dernière avec le lancement de Gossip Girl et de Chuck. De l’avis général, il semble qu’il se soit plus concentré sur cette dernière que sur les aventures, ratées, des riches enfants de l’Upper East Side.

Chuck narre les aventures totalement folles d’un geek, c’était la mode 2007/2008, qui devient espion malgré lui après avoir malencontreusement absorbé tous les dossiers de la CIA. Encadré par une blonde légèrement bimbo de la CIA et un agent de la NSA aussi amical qu’une porte de prison, Chuck va devoir sauver sa peau et aider les deux agences à lutter contre les méchants.

Avouons qu’à première vue, le pitch accumule les clichés et est probablement le plus repoussant, avec les poilus de Cavemen, de la précédente saison.

C’est mal connaître Schwartz qui a su donner le ton juste entre second degré, comédie, action et quelques scènes dramatiques, pour nous donner l’une des meilleures nouveautés de la saison, et celle dont j’attends le plus à la rentrée.

Avec le premier épisode, les bases de la série sont bien posées. Chuck Bartowski est un looser intelligent. Looser, car il travaille au Buy More (une FNAC sans les livres et les disques) entouré d’une équipe complètement atteinte, où l’on retrouve son meilleur ami, par défaut ?, Morgan, un glandeur de première. Intelligent, car l’homme a quand même fait une partie de ses études à Stanford dans l’informatique avant d’être mystérieusement renvoyé (un des mystères dévoilés durant la saison).

Lorsqu’un de ses anciens amis de l’université, Bryce Larkin, agent de la CIA, lui envoie avant de mourir, un mystérieux mail sous forme de code, Chuck joue le jeu et se retrouve involontairement avec l’Intersect en mémoire : sans s’en rendre compte il connaît tous les dossiers de la CIA, mais ils ne lui reviennent que par flash dès qu’un indice se présente à lui (une photo, un nom, etc.) Pour l’aider, mais surtout pour protéger les dossiers top-secret, les deux agences gouvernementales, CIA et NSA, dépêchent leurs deux meilleurs agents : Sarah Walker et John Casey.

D’abord rétifs à leur mission, les deux agents vont, à commencer par Sarah, peu à peu former une véritable équipe capable de déjouer les plans de leurs adversaires.

Mais Chuck n’est pas qu’une mission. C’est une personne plutôt bien intégrée dans son job avec son équipe de freaks (Lester, Jeff, Anna, Big Mike et Morgan), et surtout avec ses deux colocataires : sa sœur Ellie et son copain Devon, surnommé ‘Captain Awesome’ (génial). Pas facile dès lors de justifier la présence quasi permanente de Sarah et John qui devront se faire passer pour la petite amie et le collègue glacial qui habite à côté.

On pouvait craindre de la série qu’elle ne se perde entre tous les genres qu’elle souhaite utiliser. C’est d’ailleurs le cas dans les épisodes 2 et 3 qui ne sont pas trop bien équilibrés, et souffrent de la comparaison, pour ses scènes d’actions plutôt oubliables, avec la référence Alias. Malgré tout, on reste pour la suite et pour découvrir un univers toujours plus riche. Le capital sympathie des acteurs et des personnages qu’ils interprètent reste d’ailleurs la principale qualité de la série. L’alchimie entre Chuck et Sarah est indéniable, de même que les scènes de bureau avec la guerre des geeks.

Ces scènes sont d’ailleurs totalement jouissives. Au lieu de nous présenter les geeks comme une communauté soudée, Schwartz et son équipe ont décidé d’en faire des adversaires sadiques et cruels sans aucun sens de la solidarité. Intégrées au milieu des missions, elles provoquent un décalage pas toujours très réussi, mais auquel on s’habitue tout au long des 13 épisodes. L’exemple le plus parlant est celui du meilleur ami de Chuck : Morgan. Véritable boulet dans les premiers épisodes, ne cessant de ramener Chuck à un niveau primaire de réflexion, ses bouffonneries et ses aventures le rendent assez vite indispensable à la série.

Du côté des 3 personnages principaux, l’évolution se fait lentement, mais n’est pas dénuée d’intérêt. Par petite touche, la vie d’espion est abordée par quelques faits simples : l’amitié, l’identité, la place dans la société, qui donnent aux trois personnages une dimension dramatique juste. John est un colosse au pied d’argile, quant à Sarah, sa mission va vite chambouler ses sentiments en se refusant de se dévoiler à Chuck. Lequel devra mentir plus d’une fois à sa sœur, sa seule famille, et apprendre que la vie est un cadeau précieux.

Bien que courte (13 épisodes), cette première saison a le temps d’installer les prémices d’une mythologie, notamment dans ses derniers épisodes avec le retour-surprise de Bryce Larkin, le responsable (et ancien petit ami de Sarah) de la condition de Chuck (aussi bien dans l’échec universitaire qu’avec l’histoire de l’Intersect). Baignant dans l’univers de la pop-culture, les scénaristes s’en donnent à cœur joie sur les références : Star Wars, Star Trek et autre Dune y sont cités, quant aux fans de feu The O.C., les nombreux clins d’œil du créateur (Chuck est une version 30 ans de Seth, Rachel Bilson en guest, et bientôt Melinda Clarke, ou encore la formidable scène de l’épisode 6 avec une parodie d’une scène culte de la saison 1) ne font que rendre plus attachant l’univers du show.

Reconduite pour être relancée à la rentrée (à cause de la grève des scénaristes) par NBC, la série s’est vue confirmer pour une seconde saison de 22 épisodes. La principale inquiétude est de savoir si les scénaristes parviendront à garder le dosage idéal entre comédie, action, romance, mythologie et suspens sur le long terme, et surtout si la série est capable d’augmenter son audience après une très (trop) longue absence…

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