Desperate Housewives – Crime Doesn't Pay (5.16)

Rendez-vous 5 ans plus tard dans les maisons de Wisteria Lane. Des enfants sont nés, des époux ont divorcé, des physiques ont changé… Pourtant, c’est un retour qui est déterminant et inquiétant cette année…

Le principe du saut dans le temps a de nombreuses fois été utilisé dans les séries et assez rarement à bon escient. C’est un procédé facile qui trahit en général le manque d’originalité dont souffrent les scénaristes. Pas cette fois ! Après une très bonne saison 4, Marc Cherry propulse ses Desperate Housewives dans le futur, 5 ans plus tard très exactement, avec un panache insolent. Et il s’en est passé des choses dans ce laps de temps.

La transformation la plus prégnante est bien sûr celle de Gabrielle. L’ex-top-modèle ultra superficiel et accro à son yoga n’a plus le physique d’antan depuis l’accouchement de ses deux filles. N’ayons pas peur des mots, notre Gaby a une vie pourrie avec un mari aveugle, deux gamines obèses, des dettes et des kilos en trop. L’idée était bonne, l’application est parfaite surtout qu’Eva Longoria s’est prêtée au jeu acceptant de prendre un peu de poids et de s’enlaidir tout du moins dans les premiers épisodes. Car doucement, mais sûrement, cette battante va retrouver son pouvoir, ses phrases qui font mouche et son standing.

Un enfant est également né de l’union de Susan et Mike, un adorable poussin aussi blond qu’ils sont bruns. Mais un bête accident de voiture, qui conditionnera toute la saison, aura eu raison de leur couple. Désormais divorcés, les ex-Delfino tentent de se reconstruire, Susan, plus posée et moins agaçante avec le beau Jackson (Gale Harold), et Mike, avec… Katherine.

Pas encore de divorce en vue pour Bree, mais ça ne saurait tarder. La freak control est devenue une puissante femme d’affaire, assistée par son fils Andrew, secondée par Katherine et dans l’ombre de laquelle son mari Orson a bien du mal à vivre. Il faut dire que la vie s’est chargée d’éloigner les époux Hodges, en mettant le premier en prison puis en reprenant à la flamboyante rousse son petit-fils, l’enfant dont Danielle ne voulait plus, mais qu’elle récupérera finalement.

Sur le front Scavo, c’est la révolution dans les rangs puisqu’en premier lieu le casting des enfants change. Après un focus sur l’adorable Parker les saisons précédentes, les scénaristes ont décidé de s’intéresser à l’adolescence agitée des jumeaux Preston et Porter qui en font voir de toutes les couleurs à Lynette. En pleine crise de la quarantaine (voir la voiture de sport !), Tom perd son restaurant. Lynette repart dans le monde du travail alors que son homme reste à la maison sans véritable but avant qu’une drôle de surprise ne leur tombe sur le coin de la figure !

De manière générale, l’évolution des femmes de Fairview est une réussite à l’exception de Katherine. Son arrivée dans la saison 4 en avait fait un personnage sombre et fort, clairement hanté par son passé. 5 ans plus tard, Katherine n’a plus l’éclat d’autrefois. Dylan est partie vivre sa vie, elle est seule, ne fait que seconder Bree (alors que l’on pouvait s’attendre à une association bouillonnante) et apparaît presque pathétique dans son besoin absolu d’être demandée en mariage par Mike. Dommage.

Quant au retour précité, il s’agit ni plus ni moins de celui de la pétulante Edie, virée par ses « copines » des années plus tôt. Et la bimbo ne revient pas seule, mais flanquée d’un mari super flippant.

Cette année, plus que jamais, l’ennemi vient de l’intérieur. L’ennemi qui est avant tout une victime, mu par une terrible vengeance, a le visage de l’excellent Neal McDonough, un physique de psychopathe et un jeu tout en finesse.

Chaque saison de Desperate Housewives a son épisode incontournable (la prise d’otage dans la saison 3, la tornade dans la saison 4) et celui de cette brillante cinquième année n’est autre que le chant du cygne d’Edie Britt, ce voyage en voiture qu’effectuent Susan, Bree, Gaby, Lynette et Karen McClusky (ah Karen, quel formidable personnage) afin de remettre les cendres de la défunte à son fils. L’occasion pour chacune de revenir sur un moment clé de sa relation avec Edie. Magnifique hommage.

Mais tout n’est pas parfait dans cette saison et au chapitre des ratages on notera la kleptomanie d’Orson qui apparaît franchement ridicule et démolit le potentiel du personnage. Les hommes ne sont décidément pas gâtés puisque Mike fait plus que jamais figure de pantin, coincé entre son ex-femme et sa future. Mais finalement la plus grosse déception de l’année, c’est le final qui n’est absolument pas à la hauteur de la saison et se clôt sur un ‘suspens’ facile.

Pour autant, rendons à Marc Cherry ce qui lui appartient : un twist parfaitement maîtrisé (les 5 ans), une très belle évolution de ses personnages, de savoureux dialogues et des guests délicieuses (l’association Lily Tomlin/Kathryn Joosten, les deux secrétaires du Président Bartlet dans The West Wing, ici transformées en détective est jubilatoire).

Pour en savoir plus sur la série, vous pouvez lire tous nos billets, critiques et articles sur Desperate Housewives.

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