Game of Thrones Saison 5, parlons-en !

Game of Thrones - saison 5

Après les critiques à la semaine, et avant de tourner définitivement la page sur la saison 5 de Game of Thrones, retour en compagnie de Carole et Maxime sur cette fournée d’épisodes qui fut riche en évènements.

Carole : La saison 5 de Game of Thrones s’est récemment terminée et elle aura fait beaucoup parler d’elle, particulièrement dans sa seconde partie grâce à des scènes marquantes et violentes. Ne tournons pas autour du pot et rentrons directement dans le vif du sujet en abordant ces passages, à savoir le viol de Sansa, l’épique bataille avec les White Walkers, la mort de Shireen ou encore la marche expiatoire de Cersei.

Maxime : Le viol de Sansa a, à mon sens, été centre d’attention plus que de mesure. On lui reproche sa gratuité alors que Ramsay agit comme un psychopathe depuis longtemps maintenant. Je n’irai pas bien sûr jusqu’à dire que c’est justifié, mais dès le moment où la rencontre avec Sansa se fait, c’est une possibilité qui reflète bien la personnalité du personnage. Celui, plus vicieux et insidieux, de Cersei l’an dernier a eu plus d’impact sur moi.

Carole : On se rejoint presque sur le sujet. On savait que cela allait se produire dès l’instant où Littlefinger lui présente les deux options qui se proposent à elle : rester à Winterfell ou faire demi-tour. Si elle n’avait pas connaissance de la nature de psychopathe de Ramsay, elle savait à un certain degré ce que l’alliance impliquait. Il est par contre plus désolant que les scénaristes aient un penchant pour la violence sexuelle si prononcé, ils auraient pu atteindre leur objectif sans employer celle-ci selon moi – quand on regarde ce qui en découle.

Maxime : Je suis assez d’accord. La mise en scène fait que l’on est dans l’incapacité de bouger, devenant le spectateur immobile du viol. On devient Theon. En ce sens, la scène choque, mais pose problème quant à sa finalité sur les motifs de sa présence. De manière similaire, la mort de Shireen a plus d’impact par sa soudaineté tout en gardant le même procédé de réalisation. Je me pose aussi la question de sa présence : est-ce que Game of Thrones a vraiment besoin de scène-choc pour intéresser et faire avancer son intrigue ? Je ne suis pas sûr. La scène de Cersei traversant King’s Landing nue a, à mon sens, plus d’impact et plus de poids parce qu’elle est l’aboutissement d’une intrigue qui déconstruit lentement le personnage. Choquer pour appuyer la foi m’apparaît moins pertinent du côté de Stannis et Melisandre que du côté de Cersei. Si tu vois ce que je veux dire.

Carole : Je vois, je vois ! La différence se situe sur un pur traitement narratif et signale avant tous les erreurs des scénaristes. La marche de Cersei fut douloureuse pour toutes les bonnes raisons. Comme tu le dis, son aspect choquant est pertinent et fonctionne grâce à un développement qui a été fluide et logique. Cela a été amené comme il faut pour mieux paralyser le moment venu.

Stannis et Melisandre
Stannis et Melisandre

L’intrigue de Stannis pour moi avait des allures de tragédie grecque où son sens du devoir surpasse tout le reste et le pousse au plus grand des sacrifices pour The Lord of Light. Certains ont trouvé cela illogique et je blâmerais alors les scénaristes pour ne pas avoir su rappeler la dévotion/les ambitions du personnage ainsi que celle de Melisandre qui voit en lui la réincarnation d’Azor Ahai. Je ne me fais pas d’illusion, ils ont sûrement un quota violence/choc à remplir ; à mes yeux, c’est plus ce qui nous y mène et ce qui en découle qui en font de tels moments. Pour ne rien arranger avec Stannis, la fin est totalement bâclée et rien n’est mis en perspective. Il manquait pour lui un bon épisode pour donner à la mort de Shireen toute son importance.

Maxime : Cela vient probablement de la narration, en effet. Et de cet effet choc plus que d’une tragédie grecque même si je vois bien la pertinence de la comparaison. J’interprète ces gestes plus comme des actes montrant la barbarie de ce monde impitoyable. Cependant, je te rejoins sur la fin de Stannis qui souffre clairement d’un manque d’exposition assez étrange par rapport à son temps d’antenne cette année et l’importance qu’il a pris, notamment face aux enjeux du Nord et de Jon.

Carole : C’est drôle, l’histoire de Stannis sort tout droit de la mythologie grecque et Jon se voit offrir une conclusion romaine, à la Jules César. Je trouve que, si peu sont concernés par ce qui se passe du côté du Mur, la bataille avec Jon et les wildlings rend les guerres de pouvoirs presque ridicules. C’est définitivement la partie épique du récit, avec juste après Daenerys grâce à ses dragons. C’est pour cette raison qu’il est difficile d’imaginer la série sans Jon à ce niveau (même avec le retour de Bran pour creuser la mythologie).

Maxime : Et quelle bataille ! De la mise en scène à la photographie, tout fonctionne parfaitement. Je suis d’accord sur les différences entre le Nord et le reste. D’ailleurs, ce qui se passe au Nord insuffle vraiment un vent de fraîcheur, si je peux me permettre. Tout comme toi, j’ai cependant du mal à croire à la fin de Jon tant le personnage est important a l’histoire et au public. Et une partie de la mythologie concernant la résurrection étant en stand-by depuis la saison 2, je vois bien ces questions réapparaître, peut être par le biais de Jon. J’aime particulièrement le fait que le danger devient véritablement palpable, tout comme avec Daenerys et les Immaculés. A croire que les batailles ont plus d’effets que les trahisons. On retrouve enfin les dragons avec autant d’imprévisibilité que de potentiel pour aider Daenerys à reconquérir le trône qu’elle pense être le sien. A ce sujet, l’arrivée de Tyrion permet (enfin) de remettre en perspective les droits et devoirs qu’elle pense avoir et c’est particulièrement appréciable. La situation finale à Mereen est d’ailleurs pleine de promesses pour le nain et ses compagnons (salut Varys !), bien plus que la conjoncture de Daenerys qui se retrouve une nouvelle fois seule dans une direction plutôt prévisible.

Carole : Le danger avec Jon a toujours été présent à mes yeux. La disparition de son oncle, les Wildings, les géants, les White Walkers… L’univers s’est développé progressivement. Comme tous les autres, son intrigue connait des hauts et des bas, c’est un problème inhérent au show. Jon et Daenerys ont en commun une situation géographique particulière, mais il a l’avantage — malgré des développements personnels qui sont parfois faibles — de n’avoir pas besoin de quelqu’un d’autre pour être intéressant. Il se démarque aussi par une absence d’ambition que j’ai tendance à trouver rafraichissante. La bataille était impressionnante, de par tout ce qui a été posé avant et tout ce que cela implique pour la suite du récit. Si la saison a tout mis en place pour mener à la conclusion de Jon avec le Night’s Watch, tous les mystères et les enjeux qui gravitent autour de lui sont trop importants pour ne pas être confrontés.

Mon problème avec Daenerys est qu’elle ne reprend de l’intérêt que grâce à Tyrion et il n’arrive qu’à la fin de l’épisode 7. De même, ses dragons la rendent plus pertinente, mais sans eux, comme il l’a été signifié au détour d’une conversation, elle n’est pas grand-chose. Les réflexions sur la fonction de Reine étaient mieux agencées que la saison précédente au début, mais restaient une simple extension de ce qui nous avait été déjà offert. Tyrion ne suffit pas pour passer outre toutes les lacunes scénaristiques de son intrigue. Le retour des Dothraki a le mérite de la placer dans un autre environnement et face à un nouveau défi.

Daenerys dans Game of Thrones saison 5
Daenerys

Maxime : C’est vrai que Daenerys a besoin des autres pour exister et intéresser, ce que l’arrivée – tardive certes – de Tyrion permet. Il n’empêche que toute la réflexion sur sa légitimité à gouverner et ses façons de faire restent pertinentes pour la conjoncture à suivre, que ce soit pour Tyrion et Mereen, elle-même ou son hypothétique futur a Westeros.  Cette saison 5 réussit à corriger certains défauts et tics scénaristiques, ce qui tend à la rendre plus dense mais aussi plus maîtrisée. Il n’y a qu’à voir l’intrigue de Cersei et son impeccable conclusion pour s’en rendre compte : rien de superflu, une mise en place lente et insidieuse pour un final implacable de cohérence et de force visuelle. Une belle réussite de déconstruction que Lena Headey incarne avec brio.

Carole : J’aurais aimé que les fanatiques religieux soient intégrés plus tôt pour éviter de donner le sentiment qu’ils ne sont que des accessoires dans la chute de Cersei. Jonathan Pryce aura fait un excellent travail pour faire oublier cela. Passez-cela, les scénaristes tirent le meilleur de cette situation grâce à une mise en valeur du personnage, mère protectrice toujours déterminée à s’élever au-dessus de son statut de femme qui se fait avoir à son propre jeu à cause de son orgueil. Je suis peut-être aussi biaisé par le fait que je trouve que Lena Headey élève le matériel qu’on lui fournit et parvient à humaniser Cersei pour rendre son histoire plus éprouvante. Jaime n’a pas eu autant de chance en terme de matériel cette saison.

Maxime : Je ne les vois pas comme des accessoires, plutôt comme une montée de l’extrémisme religieux dans des temps de guerres troubles. Un parallèle tardif, mais intéressant avec notre histoire passée. Entre la religion de Melisandre et celle de ces fanatiques, la tension est plus palpable que jamais et les conséquences assez intéressantes sur les liens entre religion et pouvoir.

J’ai l’impression que Jaime n’est présent que pour étendre géographiquement les enjeux du trône de fer et c’est dommage. Sa relation avec Brienne avait plus d’intérêt et il me tarde, si cela arrive un jour, de les voir réunis. Il est un bon personnage avec des problèmes autrement plus palpitants que de jouer les porte-paroles pour sa sœur et son roi de fils. D’ailleurs, celui-ci ne fait que de la figuration et sa relation avec Margery aurait mérité plus d’exposition. Là où Jaime aurait pu avoir du matériel intéressant, c’est dans sa relation avec Myrcella, mais malgré une dernière bonne scène entre eux, cette intrigue n’aura eu pour finalité que de matérialiser une fois de plus l’implosion des Lannister et ne me paraissait pas essentielle à suivre, si ce n’est pour nous présenter Dorne comme un opposant dangereux.

Bronn et Jaime
Bronn et Jaime

Carole : Game of Thrones s’appuie plus que de mesure sur notre histoire. La montée en puissance de l’extrémisme religieux à King’s Landing m’aurait paru moins accessoirisée si elle avait été amorcée plus tôt.

Dorne semble être comme The Iron Islands, une extension géographique de l’univers qui ouvre des possibilités, mais que le format propre à la série empêche de réellement explorer. N’ayant pas lu les livres, je n’ai pas la moindre idée si la suite leur réserve une place intéressante (d’un côté, le lecteur lui-même ne le sait peut-être pas), les personnages étaient au moins sympathique. Et, j’ai préféré être en leur compagnie qu’être auprès de Tommen et Margaery. Contrairement à toi, leurs scènes me faisaient grincer les dents alors j’étais contente de ne pas en avoir plus.

Maxime : Je n’ai pas aimé non plus les scènes Margaery/Tommen ! Elles étaient au mieux inutiles. J’aurai aimé connaître un peu plus Dorne et son fonctionnement, mais les scénaristes ont clairement eu trop à faire pour approfondir tout cela. Comme les Iron Islands, en effet. Et Arya, cette saison. Son destin m’importe beaucoup plus que celui de Tommen, Myrcella ou Theon, seulement ils ne se décident pas à lui donner beaucoup plus de matériel.

Carole : J’apprécie le léger changement effectué pour Arya. On quitte le road trip pour entrer dans un apprentissage mystérieux pour l’aider à s’émanciper de son passé et progresser dans une nouvelle direction. Jaqen H’ghar est plus charismatique qu’il ne devrait l’être pour le temps imparti. Reste un certain isolement du reste du récit et il faut prendre son mal en patience pour découvrir où tout cela nous mènera. J’espère dans le cas précis qu’il ressortira quelque chose de concret pour le personnage. Je suis plus investie que toi dans Theon qui souffre principalement d’un développement narratif grossier alors même que son évolution est étrangement riche. Sa position entre sa famille et celle des Stark étaient ambiguës et il était plus ou moins détestable au début. Il a été complètement brisé et il est clair qu’il est destiné à se relever – et peut-être ramener Irons Islands dans le jeu !

Maxime : Arya a toujours été mon personnage préféré donc j’aurai aimé égoïstement passer plus de temps avec elle. Pour Theon, c’est clairement un manque d’investissement de ma part même si c’est vrai que l’on sent qu’il aura un rôle à jouer. Peu importe où.

Carole : On veut souvent plus voir le personnage préféré, mais c’est à double tranchant : cela peut mener à de mauvaises scènes. Mieux vaut Arya présente avec du bon matériel en petite quantité que de la voir occuper un temps de présence inutile. Ça me fait penser à Bronn, un personnage que j’aime beaucoup, mais qui semble encore là plus par sympathie que par pertinence. Il ne s’en sort pas mal du tout dans de telles conditions. J’apprécie aussi énormément Davos qui se pose comme l’un des personnages les plus moraux de Game of Thrones depuis la mort d’Eddard et qui a su s’imposer avec peu de temps d’antenne. J’aimerais qu’on le voie plus, mais seulement avec du bon matériel !

Du coup, je pense que c’était judicieux de ne pas avoir Bran (et Hodor) cette saison, même si je ne sais pas si je vais le reconnaître quand on va le revoir. Cela touche en plus un pan mythologique du show que je préfère voir évoluer de manière notable d’un coup plus qu’étiré simplement, car il aurait fallu garder le personnage présent à l’écran.

Maxime : Oui, j’aime aussi le personnage de Davos qui incarne un peu un compas moral au milieu de ces brutes. Un peu comme Jon d’ailleurs. Totalement d’accord à propos de Bran et Hodor. Leur histoire a un certain potentiel pour approfondir et élargir les horizons de la série, d’autant plus avec les derniers événements au-delà du Mur. Il vaut mieux attendre la saison prochaine pour que le matériel donné soit réellement pertinent plutôt qu’élaguer tout ça dans des tirades inutiles et assez ennuyantes. On peut se dire que le voyage n’aura pas servi à rien.

Carole : Les showrunners évitent de s’éparpiller ainsi – ce qui a été plus d’une fois problématique par le passé. Si le phénomène ne s’évanouit pas complètement, on peut dire que les choses se sont améliorées ; le récit est plus fluide lorsqu’ils se concentrent sur un nombre limité de points de vue dans un épisode. Notons aussi que Littlefinger et Varys sont dans notre champ de vision lorsqu’ils sont en compagnie d’un personnage central (pas toujours, mais presque). Ils sont maintenus à un second plan qui colle bien à leur nature de comploteurs, alors même qu’ils bougent de nombreux pions sur l’échiquier du pouvoir (ou dans le cas de Baelish, cause la mort d’un paquet de gens).

Arya dans Game of Thrones saison 5

Sur ce, on retrouvera tout ce beau monde (en tout cas, ceux qui ont réchappé à la saison ou qui reviendront d’entre les morts) pour une saison 6 de Game of Thrones en 2016.

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